(Nicolas Demorand : "La presse en quête de douceur, ce matin")... C'est une expression toute faite, presque un cliché : "la douceur angevine"... douceur du climat, des paysages, hospitalité des habitants... Il fait bon vivre à Angers. On en a entendu parler jusqu'au Darfour. Car cette douceur, elle s'exerce aussi à l'égard des réfugiés. A Angers, chef-lieu du Maine-et-Loire, dans l'ouest de la France, la mairie, de gauche, a dépensé cette année 500000 € en repas, cartes de transport, secours d'urgence... Un espace accueil a été aménagé, où l'on aide les enfants. Le Conseil Général, de droite, y a versé près de 2 millions d'euros. Même le préfet a l'air doux dans cette région : il ne cesse d'intervenir auprès du ministère de l'Intérieur pour obtenir plus de moyens. Résultat, et c'est la Une de Ouest-France qui raconte cette histoire ce matin : Angers est débordée par les migrants. En un an, les demandes d'asile ont augmenté de 30% en moyenne en France. Le chiffre est de 78% dans la ville. 173 nouveaux réfugiés pour le seul mois d'octobre. Le beau dispositif mis en place il y a sept ans est en train d'exploser. Jusqu'à présent, explique Claudine Quiblier dans Ouest-France, les réfugiés étaient accompagnés par des travailleurs sociaux, des juristes et des traducteurs pour constituer leur dossier de demande d'asile. En octobre, l'espace accueil a dû en laisser 140 sur le carreau : submergé. Aujourd'hui, le maire socialiste d'Angers, Jean-Claude Antonini, redoute que sa ville ne devienne un nouveau Sangatte. Dans l'édition Oise du Parisien-Aujourd'hui, on est très loin de la douceur angevine... Sur la ligne de train Paris-Beauvais, un quart des contrôleurs sont en arrêt-maladie. Samedi soir, septième agression en huit jour. C'était même une embuscade. Sur le parcours, quelqu'un a tiré le signal d'alarme. Le contrôleur est descendu du train en gare de Méru. Sur le quai, une quinzaine de délinquants l'ont attaqué à coups de pierres. La SNCF avait pourtant obtenu un renfort policier sur cette ligne pendant quinze jours. Ca ne suffit manifestement pas. Réunion ce matin entre la direction régionale et les contrôleurs. Quelques pages avant cette histoire, reportage en page nationale du Parisien : reportage dans une drôle de classe... Ils sont dix. Ils ont entre 25 et 48 ans. Et tous travaillent dans la grande distribution : les supermarchés Carrefour, pour être précis. Ces salariés et leur employeur ont décidé de s'attaquer à l'illettrisme. "Illettré" : c"est donc le mot du jour dans Le Parisien. Définition : un illettré a appris à lire et à écrire, mais il ne s'en sort pas dans des situations très courantes. Il ne comprend pas une notice de médicament, ne sait pas remplir un formulaire administratif, ou même comprendre les consignes d'un collègue. 57% des illettrés sont des salariés. Et évidemment, c'est plus qu'un handicap dans un parcours professionnel. Témoignage de ces grands élèves qui ont décidé de quitter provisoirement les rayons du magasin pour retourner à l'école... Sonia : elle a 24 ans, et elle travaille au rayon Pâtisserie du Carrefour d'Ivry... "Quand il faut prendre une commande, j'ai tellement peur que j'en tremble". Raphaël, 37 ans, vendeur au rayon Liquides... Dès qu'il faut remplir des papiers administratifs, il est obligé de courir chez sa cousine. Si Carrefour a pris les choses en main, c'est parce que, depuis mai 2008, la lutte contre l'illettrisme est dans le Code du travail. Il était temps car, selon le linguiste Alain Bentolila, le phénomène ne cesse de progresser, notamment chez les jeunes. On le constate tous les ans lors de la journée d'appel et de préparation à la défense. Et ce n'est pas seulement la carrière des illettrés qui est en danger, mais parfois leur sécurité. Dans l'industrie, beaucoup d'accidents du travail sont dus au fait que l'employé ne sait pas lire les consignes de sécurité. (ND : "Un drôle de couple à la Une de la presse économique")... Ce couple, c'est la ChineAmérique... Barack Obama est en Chine depuis hier, première visite officielle depuis son élection. Il "tente de séduire la nouvelle puissance chinoise", titre Les Echos. Qui a le "soft power", le pouvoir doux, celui d'influencer le monde ? A lire les journaux, il y a du passage de relais dans l'air. Obama a des allures de vieil aristocrate désargenté qui va faire les poches de son cousin nouveau riche. Edito de Nicolas Barré dans Les Echos... "Obama assure que les Etats-Unis n'ont pas l'intention de contenir la Chine. Soit. Mais le pourrait-il ? Le capitalisme d'Etat chinois a beaucoup mieux résisté à la crise que sa version libérale américaine. La Chine communiste y a gagné une certaine aura. L'image de Barack Obama rendant visite à son banquier n'est pas dénuée de fondement. Japon, Chine, Etats-Unis... Le nouveau rapport de forces mondial se noue autour du Pacifique". Rappel du coeur du problème, toujours dans Les Echos... La Chine finance le déficit américain. Elle détient près de 2000 milliards de dollars de réserve de change, et donc un sacré moyen de pression. Interview d'un prof d'histoire économique à Harvard, qui fera frémir Obama : "Les Chinois sont clairement à la recherche d'alternatives aujourd'hui. Qu'ils optent en faveur de l'euro, de l'or ou des matières premières, la logique veut qu'ils s'orientent vers d'autres formes d'investissements". Sale affaire pour Obama... D'ailleurs, Le Figaro relève que, sur tous les dossiers sensibles et notamment les droits de l'homme, il est très conciliant pour l'instant avec Pékin. "Obama est sur la brèche", écrit L'Humanité. Contrepoint tout de même dans La Tribune. Editorial de François Lenglet... C'est vrai, "à suivre ce voyage, il est tentant d'y voir l'hommage de la puissance d'hier à celle de demain. Mais il manque à la Chine un attribut essentiel pour régner sans partage : cette dictature pragmatique ne fait pas rêver, et même ses valeurs effraient". Et l'Europe, fait-elle rêver ? A trois jours de la date-butoir, c'est toujours le bazar dans les négociations pour désigner le nouveau président de l'Union. Une explication peut-être dans Les Echos... Le retour d'un classique : c'est l'Angleterre qui bloque. Alors que la candidature de Tony Blair est clairement refusée par plusieurs capitales, Londres refuse de retirer cette candidature. Dans La Croix, l'ancienne Présidente lettone Vaira Vike-Freiberga, qui postule à la tête de l'Union, appelle à la transparence : que tous les candidats se déclarent comme elle. On éviterait ainsi que les 27 sortent jeudi soir un nom venu de nulle part, comme un prestidigitateur sort un lapin d'un chapeau. (ND : "Les autres Unes de la presse, ce matin")... Eh bien d'abord, je n'y reviens pas en détail puisque nous en parlons largement ce matin sur France Inter. Mais il y a deux Unes de journaux rien que pour vous, Madame Royal : "Royal bazar", titre Libération ; "Mais à quoi joue Ségolène Royal ?", se demande France-Soir. Ce n'est pas à la rubrique politique qu'on trouvera de la douceur... La Dépêche du Midi titre sur "la fronde des élus locaux" contre les réformes territoriales et la taxe professionnelle. Ce sera l'une des actualités de la semaine : on aura le temps d'en reparler. La grogne des médecins généralistes, en première page du Figaro... Ils réclament le droit de vacciner contre la grippe A. Ne cherchez pas de douceur à la rubrique Foot non plus... A deux jours du match retour France-Eire, "le fond de l'Eire est chaud", titre L'Equipe. Les polémiques se multiplient entre les joueurs. Et puis, beaucoup plus inquiétant, les tensions autour du match Egypte-Algérie... Le Parisien et L'Equipe dressent le bilan des affrontements en marge de cette rencontre. Des incidents au Caire après le coup de sifflet final. Même les journalistes se sont tapés dessus dans les tribunes. Des affrontements encore dans des villes françaises où les communautés algérienne et égyptienne sont importantes : Marseille, Grenoble, Pantin. Tout a commencé jeudi soir avec le caillassage du bus des Algériens à leur arrivée au Caire. Du coup, ils ont joué avec la peur au ventre. Dans L'Equipe, témoignage du milieu de terrain Khaled Lemmouchia, qui est entré sur la pelouse avec trois points de suture au crâne : "Chez nous, des joueurs étaient blancs, livides, avant la rencontre. D'autres étaient paralysés". Entre les deux pays, ce match de foot devient une affaire d'Etat. Le gouvernement du pays maghrébin ne veut plus délivrer de permis de travail aux Egyptiens. Egypte ou Algérie : qui, des deux, ira en Coupe du Monde ? Ca se jouera mercredi, lors d'une ultime partie disputée près de Khartoum, au Soudan. Je vous le disais au début de cette revue de presse : au Soudan, on a entendu parler et on apprécie la douceur angevine. Si mercredi, les joueurs algériens et égyptiens pouvaient être un peu angevins, ce ne serait pas plus mal... Bonne journée...

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