Dans la presse ce matin : chansons françaises

Et c'est le retour d'un des tubes du quinquennat : la presse contre le Président après le discours de Bordeaux sur la fraude aux prestations sociales.

Il y avait "comme un air de campagne", titre Sud Ouest , qui était aux premières loges.

Extrait de ce discours, cité par Le Figaro : "C'est la fraude qui mine les fondements même de la République sociale".

« Comment être contre la traque à la fraude ? demande Philippe Waucampt dans Le Républicain Lorrain .C'est comme si on faisait un sondage sur le terrorisme, le cancer ou la pédophilie, il y aurait fort peu de réponses favorables à la chose. »

« Pourquoi exhumer ce vieux travers maintenant ? demande à son tour Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace . Comme si le phénomène était nouveau, comme s'il nécessitait une réaction immédiate. La ficelle est grosse, il s'agit évidemment de rassurer un électorat populaire exaspérés par les revenus presque équivalent aux leurs parfois des bénéficiaires des prestations sociales. »

Conclusion de Bruno Dive dans Sud Ouest : « l'heure est venue du retour aux fondamentaux de droite et à la récupération des électeurs tentés par le FN. »

Voilà le premier angle d'attaque. Second angle d'attaque : le « deux poids deux mesures ».

C'est à lire dans Libération : « Le député UMP Dominique Tian chiffre à près de 20 milliards d'Euros le coût de la fraude sociale. Sur ces 20, seuls 2 à 3 milliards seraient liés aux prestations versées indument aux allocataires. Le reste est dû aux cotisations non versées par les chefs d'entreprises. » Mais pour les salariés, le président parle de « vol », pour les chefs d'entreprise simplement de « tricherie ».

Ce discours était une « mystification » pour L'Humanité qui radiographie « Les 5 mensonges de Sarkozy. »

Dans Paris Normandie , Michel Lepinay reconnait au moins un mérite à ce discours : mettre un sujet central sur le tapis : « quoi qu'il sorte des urnes en 2012, il faudra remettre à plat notre système de protection sociale ultra déficitaire. »

Déficitaire mais précieux : « le système social amortit encore les inégalités de revenus », titre La Tribune .« Comment sauver le modèle social ? » se demande La Croix , qui évoque notamment la piste de la TVA Sociale.

« Sarkozy veut refonder la protection sociale », confirme Le Figaro qui le montre en photo aux côtés de celui qui est qualifié de « nouveau sage de la droite », Alain Juppé.

Sarkozy à la Une, mais aussi, encore et toujours Dominique Strauss-Kahn.

La rengaine des français dragueurs et gentiment amateurs de gaudriole vole en éclat avec son histoire.

En couverture de L'Express , « l'effarante double vie de DSK » et du Nouvel Observateur : « la vie cachée de DSK ». Les deux hebdos racontent plus en détail ce que l'on sait depuis la publication des SMS la semaine dernière dans Libération et Le Point : les escapades du réseau lillois qui fournissait le patron du FMI en filles au gré de ses déplacements à Paris, Washington, Vienne ou Madrid.

Des précisions contenues dans l'un ou l'autre de ces dossiers :

  • un écart de conduite avec une femme dans les toilettes d'un restaurant à Paris s'était ébruité dès le printemps 2009 à Lille.

  • DSK ne payait rien de ces soirées qui coûtaient des sommes astronomiques. A Washington, en décembre 2010, par exemple, près de 12.000 Euros les séances de "transports en commun" comme les appelle un avocat.

  • ces soirées étaient notamment payées par le patron d'une filiale d'Eiffage, qui faisait des notes de frais avec la mention DSK au dos de ces notes. Donc : "au mieux ils ont un mauvais comptable, au pire ils sont au courant", dit Maître Dupont Moretti, avocat du chef d'entreprise en question, David Roquet. L’avocat souligne encore que "la vertu survient avec la certitude que DSK ne sera pas président."

  • dernier élément qui peut avoir du poids dans le procès au civil, toujours en cours à New York : certaines des filles qui ont eu à connaître l'ancien ministre décrivent un homme brutal. D'autres parlent d'un homme attentionné.

Question dans L'Express : « comment a-t-il pu imaginer qu'il irait au bout de l'épreuve présidentielle sans que jamais la fragilité de son double ne le brise ? » L'Express qui décrit encore un homme qui a décroché du réel dans sa vie personnelle.

Retour à la crise : elle menace la filière automobile en France

Autre refrain bien de chez nous : l'importance de la bagnole dans l'imaginaire collectif, dans la vie quotidienne et pour l'emploi en France.

Avec l'annonce de PSA hier (5.000 emplois détruits en France d'ici à l'année prochaine) un gros nuage menace l'automobile.

Témoignage d'une salariée d'Aulnay sous bois dans Le Parisien-Aujourd'hui-en-France . Elle s'appelle Radia "Je travaille sur la chaîne de montage depuis 8 ans, mon mari est à l'usine depuis 22 ans : qu'est ce qu'on va devenir ? Depuis qu'on a entendu dire que ça allait fermer, il m'a parlé de suicide au moins 3 fois."

Pourquoi l'automobile française est-elle particulièrement menacée ? Réponse de Yann Philippin dans Libération : les constructeurs tricolores sont spécialisés dans les petites et moyennes voitures, largement délocalisées.

La filière auto pèse 1 million 200.000 emplois en France, rappelle le journaliste.

Dans la presse également de vrais chanteurs français.

Effet du hasard : une série d'interview de chanteurs et d’artistes est publiée ce mercredi.

Vincent Delerm est à la Une de Télérama , avec ce titre : « Ex chanteur énervant ». Delerm présente un spectacle, plus proche de la pièce de théâtre que du récital, il sort un livre de photos et un livre disques pour enfants. Et Télérama défend ce toujours jeune homme qui prend des risques en sortant du chemin tracé album-promo-concert ad libitum.

Dans cette interview il revient sur cette image de chanteur pour bobos à la voix bizarroïde, sans en faire un drame. "Dans l'ensemble j'ai été très soutenu par les médias. » Mais il parle d'une femme qui l'avait alpagué dans le métro, en disant qu'il ne chantait pas, qu'il vomissait. « C'était impressionnant, elle parlait très fort. (…) Mais chaque fois que j'ai rencontré des types qui m'avaient dézingué, ils me ressemblaient, avec une petite veste en velours comme j'en portais à l'époque. »

Delerm dans Télérama , Souchon, dans Pélerin .

Souchon et cette façon à lui d'accueillir la journaliste en lui disant : « j'aime bien Pèlerin » ou encore de raconter que Laurent Voulzy rêve de composer un messe.

Souchon qui sort un album de chansons que lui fredonnait sa maman. Les recettes iront à la ligue contre le cancer.

Sa maman souffrait de la maladie d'Alzheimer. Il en parle : « les malades, on a beau leur rendre visite, les aider à s'accrocher, ils ne sont plus que des corps.»

Pas joyeuses non plus les deux pages consacrées à Renaud dans Le Parisien : Renaud retombé dans le Pastis et qui passe ses journées seul à une table de la Closerie des Lilas.

Plus gay, Jamel Debbouze en couverture de Tétu

On sort de la chanson. Jamel se dit fier de faire la Une du magazine gay, lesbien et trans. Toujours le sens de la formule : « chez nous les maghrébins, la sexualité, c'est plus que tabou, c'est tabouche, ferme ta bouche. On ne sait même pas comment ça s'écrit, avec un ou deux X, alors l'homosexualité. »

Djamel qui dit encore qu'il montera sur un char pour faire la fête quand il y aura une arab pride.

A propos de jeux de mots, terminons avec la chronique en page 2 du Monde , à propos d'un livre sur les anagrammes : "Ces anagrammes renversantes" (Flammarion). Les deux auteurs, le philosophe-physicien Etienne Klein et le pianiste de jazz Jacques Perry-Salkow veulent révéler le sens caché du monde à travers les anagrammes.

Et c'est vrai que certaines sont troublantes :

‘Albert Einstein’ donne ‘rien n'est établi’

‘Le marquis de Sade’ ‘démasqua le désir’

‘Léonard de Vinci’ : ‘le don divin créa’

Quant à ‘la vérité’, elle est ‘relative’.

A demain !

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