Olivier Bertrand est rentré de Turquie, Paul Duan va inverser la courbe du chômage, un député ps jette l'éponge, et les medias américains continuent de s'interroger

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par un retour et un récit

Retour du journaliste Olivier Bertrand, journaliste pour le site LesJours, arrêté et détenu en Turquie pendant 3 jours. Il raconte ce matin sur les jours.fr donc, « 3 jours à l’ombre de la dictature »

Son arrestation à Gaziantep, au sud du pays par des policiers qui ne parlent pas un mot d’anglais, le médecin qui signe un rapport sans l’examiner pour dire que tout va bien avant d’être envoyé dans un centre de rétention qui ressemble à une prison. Le roman de Yachar Kemal qu’on lui laisse dans sa cellule, un trésor reconnait il au moment de goûter à l’enfermement, un trésor sur lequel il griffonnera quelques notes pour pouvoir raconter, la solidarité de ses codétenus, qui eux croupissent dans leur cellule sale, depuis des mois, sans avocat, sans argent, sans aucune nouvelle de l’extérieur. Il ne sait pas où il est, il ne sait pas où on l’emmène, « Finish » lui dit un de ses geôliers un soir, finish ? Presque…nouveau départ, 12 heures de route, un nouveau centre de rétention. « 2 jours qu’on m’a arrêté, je ne sais toujours rien des raisons, ni de ce qui m’attend » écrit il. Impossible de contacter l’ambassade, un directeur jovial lui réclame les codes de son téléphone pour contrôler les photos qu’il a prises en Turquie. Devant son refus, il se fait moins jovial et le prévient qu’il pourrait bien rester là pendant des mois. Olivier Bertrand finit par écraser 4000 photos de son téléphone. Tente encore de savoir pourquoi on l’a arrêté. « Désolé, c’est une erreur », lui répond on. Quelques heures plus tard, on le colle dans un avion pour Paris. « 20H15. L’avion décolle, je souffle. Je sais que ce qui vient de m’arriver, ces 3 jours désagréables n’est rien à côté de ce que vivent des dizaines de milliers de turcs. Je pense aux récits de torture recueillis. A la terrible bascule de ce pays. Que nous allons continuer de raconter » conclut Olivier Bertrand

Dans la presse également ce matin, récit de destins singuliers

Et si c’était lui ? Lui, qui réussirait là où tant d’autres ont échoué ? Enrayer le chômage, rien que ça ! On en n’est pas là, mais chouette portrait dans le Monde de Paul Duan, jeune geek pas comme les autres, qui décide qu’à 24 ans, « il a 50 ans devant lui pour faire de la thune », alors avant, il préfère créer des sortes de services publics citoyens dit il. Il a donc imaginé un site, conçu avec l’aide de pôle emploi pour faire baisser le chômage de 10% ! Comment ? en mettant en relation l’offre et la demande à une vitesse supersonique, sans intermédiaire. « c’est comme si tu avais besoin d’un plombier, que tu le criais à la fenêtre et que 5 artisans apparaissaient immédiatement, c’est ouf ! ». L’explication, imagée, est donnée par Jamel Debbouze qui s’est d’ailleurs invité dans l’interview réalisée par Sarah Bellouezane et Denis Cosnard. Oui, parce que la création de ce site, c’est est aussi l’histoire d’une rencontre. Celle de deux trappistes, les habitants de Trappes dans les Yvelines, celle de l’humoriste devenu star, intrigué par ce gamin, né de parents chinois qui ont fui leur pays après Tian An Men, qui affirmait il y a tout juste un an « le big data, c’est pas qu’Uber ou meetic, il peut être utilisé pour faire du bien à grande échelle, 10 personnes peuvent sauver la vie de 10 millions ». Enthousiaste, Jamel Debbouze lui ouvre toutes les portes cadenassées, convainc Pôle emploi de jouer le jeu, François Hollande et Myriam El Khomri sont séduits…l’Etat, quelques chefs d’entreprise, des financiers versent leur écot. BOB-emploi démarre aujourd’hui même. « je crois à 10% mais même si on fait 1% de baisse, c’est bien non ? » conclut Paul Duan.

Autre destin, singulier aussi, en politique…

« Et si Alain Juppé n’était pas au second tour » ? s’interroge l’Opinion ce matin. « Le Pen en mode furtif » titre Libération. « Macron prend la gauche de court » analyse le Figaro. « Et Valls, c’est pour quand ? » se demande Cécile Cornudet dans les Echos qui raconte comment le premier ministre accroit sa pression sur François Hollande pour le pousser à renoncer.

Mais ce qui retient l’attention ce matin, c’est un petit pavé dans la mare. « 2017, le début de reste de ma vie ». Lettre postée sur son blog, du député socialiste Sébastien Pietrasanta. Député des hauts de seine depuis 2012, maire d’Asnières pendant 6 ans, spécialiste à l’assemblée des questions de sécurité et de terrorisme. En 2017, il ne se représentera pas. A l’heure du bilan, son bilan, ce qu’il nous dit de son choix en dit bien long sur la politique aujourd’hui. Sa rudesse. « La violence, la calomnie, la volonté de nuire ne peuvent être une manière de faire de la politique. A force de recevoir des coups, on est tenté d’en rendre, au risque de violenter sa propre nature au risque d’y perdre ses idéaux. Il faut aussi dit il une classe politique à la hauteur des enjeux, et nous nous perdons dans les débats stériles à gauche comme à droite. Et puis…les électeurs ont les élus qu’ils méritent assène t il . Les américains élisent Trump, les européens embrassent le populisme, les français hésitent entre sarkozy et le pen, les levalloisiens réélisent Balkany au premier tour. Les électeurs dénoncent le clientélisme et se comportent comme de vrais clients de la politique. Pour être élu, il faut promettre, distribuer les logements, les places en crèche, et dans certaines villes jouer la carte du communautarisme. Il faut aussi des électeurs à la hauteur de l’enjeu ». A 40 ans, en 2017, ce député débute le reste de sa vie. Et nous dit, nos 4 vérités

Etre à la hauteur des enjeux…retour sur l’élection de Donald Trump, vue de nouveau sous l’angle des medias américains

« Récit d’un hold-up médiatique », signé Philippe Boulet-Gercourt, correspondant à New York de l’Obs, à lire sur le site de l’hebdo. Récit très détaillé pour raconter « le champ de ruines fumantes » qu’est le paysage médiatique après le passage de l’ouragan Trump. Quand il présente sa candidature le 16 juin 2015, les medias dit il, rappliquent ventre à terre. De l’entertainement, des outrances à tout va, des saillies racistes qui se multiplient : c’est bon ça coco, audience garantie, les chaines d’info en continue diffusent des heures de meetings en direct, sans la moindre analyse, à lui seul, il est plus diffusé que tous les candidats démocrates réunis. Qui dit audience, dit profits. CNN empoche 100 millions de dollars de recettes publicitaires en plus grâce à lui. La presse écrite suit cahin-caha le rythme effréné de cette campagne dingue, échoue à traiter les mensonges en rafale du candidat, les networks font dans le feuilletonnage des boules puantes quand il faudrait savoir s’arrêter, l’obsession américaine de la « neutralité » pousse aussi à user de bien des euphémismes plutôt que de parler carrément de « mensonges »…Les medias se perdent dans les démentis des fausses informations relayées par les sites complotistes acquis au candidat. Résultat, ils en oublient de parler des vrais défis qui attendent le prochain président. L’affaire des emails d’Hillary Clinton a occupé 3 fois plus de temps que les sujets de fond…Vitesse, éclatement. 2016 restera peut être l’année où la connaissance est morte. Et Philippe Boulet-Gercourt prévient, « ce n’est peut-être pas fini. Steve Bannon, le créateur du site Breitbart nommé haut conseiller à la maison blanche, ne cache pas sa volonté de construire un véritable empire. Peut-être adossé à une Trump TV. »

Dans Télérama, Chris Hedges, prix pulitzer du New York Times, aujourd’hui militant engagé auprès du candidat écologiste Ralph Nader, reproche lui surtout à ces anciens collègues et à toute l’élite progressiste dit-il, de n’avoir pas dénoncé depuis 20 ans les mensonges et la trahison des démocrates, qui ont abandonné la classe ouvrière américaine en signant les traités de libre échange ou en créant un obamacare dit il qui a surtout profité à l’industrie pharmaceutique…Trump au moins, a fait semblant de s’intéresser au problème, même s’il va aujourd’hui défendre les intérêts de sa caste »

L’Amérique n’en n’a pas fini de s’interroger sur ce qui s’est joué la semaine dernière chez elle. ET nous sur ce qui pourrait se jouer, chez nous, en 2017, le début du reste de notre vie politique

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