La sécheresse à la Une de l'Est républicain? Les rivières nous abandonne quand le climat les enrage. Après la mort d'un enfant de 13 ans aux Lilas, Le Monde et Libération racontent la banalité sordide des affrontements de bandes. Glace pilée et canons à neige, les stations de ski face au réchauffement, dans Explicite.

Et des jeunes filles sourient ce matin... 

Et leur sourire est peut-être une offense, de ces grande sportives en maillot tango flanquées de leurs dirigeants à la Une du Berry républicain, les basketteuses de Bourges, quatorze fois championnes de France célébrées pour la reprise du championnat et le Berry républicain est un des rares journaux à ne pas faire sa Une sur l'Aude en larmes, comme dit La Montagne... 

Et quand la Voix du Nord et le Télégramme titrent à l'unisson du Figaro ou du Parisien, on s'interroge sur les réfractaires, quels enjeux locaux ou politiques ont éclipsé la solidarité de papier. L'Equipe n'a pas pensé qu'avec l'Aude, c'est le pays du rugby qui se noyait, l'Opinion raconte la détestation que vouent les nationalistes au milliardaire Georges Soros, et l'Aude n'est que le prétexte à un dessin grinçant, une vieille dame dit au pilote d'hélicoptère qui la secourt, "j'espèce que vous n'êtes pas financé par Soros", est ce drôle? 

Je vois le grand hôtel du Palais de Biarritz à la Une de Sud Ouest, édition du Pays basque, il est vendu, je vois une dame mécontente en une de Vosges matin car elle a trouvé une aiguille dans son échine de porc, et quelle ironie amère à la Une de l'édition de Franche-Comté de l'Est républicain, qui me parle de sécheresse, le Doubs craquelé est symétrique des cours d'eaux de l'Aude, les rivières nous abandonnent quand le climat les enrage.  Sont-ils plus honnêtes que d'autres, l'Est ou le Berry républicains qui n'ont rien à montrer de plus que les télévisions et à quoi bon prétendre être de la même souffrance? 

Si l'on veut vraiment ressentir l'Aude, il faut lire, chacun le peut, sur internet, La Dépêche, Midi Libre et surtout l'Indépendant, qui vivent intimement "le chaos", Midi Libre, le "déluge meurtrier", la Dépêche et l'Indépendant; les trois journaux organisent une collecte pour les sinistrés... L'indépendant, sur douze pages accompagne ses petits bourgs dévastés dont il raconte d'habitude les péripéties. On y prend des nouvelles des voisins, et les noms qui reviennent dans les media nationaux, l'Aude, Trèbes, ces noms prennent dans l'Indépendant la consistance d'un familier blessé: la Cesse qui recouvert la promenade de Buze Minervois, le Trapel qui a emporté la D118 et tué deux personnes à Villegailhenc, Cuxac déjà endeuillée en 1999, Villedaigne où l’Orbieu a débordé, Durban, où malgré la crue de la Berre, la Réserve Africaine a évité le sinistre.... Et les ruisseaux de Villande, de Lombriou, de Rivals ou le Rieu Sec, qui ont débordé jusqu'à noyer le monastère orthodoxe du Buisson ardent aux Barthes hautes, dans le village de Villardonnel dans la Montagne noire, où le maire Luciano Stella,  a été réveillé à trois heures du matin, où soeur Elisabeth est morte à 88 ans...   Dans l'Indépendant, en septembre, on lisait ceci: les bucherons du syndicat Aude centre avaient réalisé cet été des travaux de débroussaillement et d'abattage sur le Rieu-Sec, pour minimiser le risque d'inondation en cas de crue. La nature rit de nos précautions...   

La mort d'un adolescent dans une rixe au Lilas..

Elle fait la Une de libération "la mort à 13 ans", Aboubacar de Bagnolet qui, dit le journal avait suivi une bande du Pré Saint Gervais qui marchait sur les Lilas, il a été roué de coups de barre de fer et en est mort dimanche,. Le Monde raconte ce "duel" devenu une "exécution", tel que l'ont perçu des collégiens des Lilas. Le jeune mort venait souvent rendre visite  à sa cousine dans le quartier des Sentes, que les habitants appellent Vini, du nom du Vinipirix installé jadis dans la cité. Samedi soir, il devait se retrouver pour s'expliquer avec un autre garçon, l'autre est venu avec sa bande, il avait mauvaise réputation.  Si Libération a choisi les Lilas plutôt que sur l'Aude, c'est que la violence des bandes est une banalité sordide, que des mômes vous racontent, dit Libé, "avec un flegme à ramollir un caillou",  et ces bastons, poursuit le journal, "ne s’arrêtent jamais, quand bien même la télévision n’en pipe mot. "

"Le 27 septembre, un lycéen s’est fait lyncher par une bande de jeunes à Garges-lès-Gonesse. La victime s’en est tirée miraculeusement avec 67 points de suture. Son calvaire est devenu viral, un film le montre en train de se planquer sous une voiture alors que ses bourreaux le tirent par les jambes pour le torturer."  Sur les réseaux sociaux, dit au Monde un collégien, "les autres quartiers n'arrêtent pas de dire qu’ils vont venir se venger… Ils sont tous contre Les Lilas maintenant.» La police fait une veille, et l'on attend la suite d'un litanie

Vendredi dernier 12 octobre, une centaine de jeunes de Villiers-sur-Marne et de Champigny-sur-Marne se sont affrontés armés de bâtons et de barres de fer, le Monde,  à Angoulème, le 26 septembre dernier, des jeunes ont attaqué un bus, équipés de battes de base-ball et de sabres japonais, pour mettre à mal un garçon qui s'y trouvait, Libération...  Au bout de l'incompréhension, Libération revient à une conclusion politique, le mal de l'abandon...  Le Parisien se souvient qu'il y a un an, des maires de banlieue à Grigny, lançaient un appel à l'aide, il reste tellement à faire? Mais je lis dans l'opinion que le Président macron a repris langue avec Jean-Louis Borloo, dont il avait retoqué le plan banlieue, grâce à son épouse Brigitte qui s'entend bien avec Béatrice Schoenberg, Mme Borloo à la ville. Ainsi, chez les grands...    

Et une nostalgie pour finir...

Qui peut ajouter à notre malaise, mais qui en même temps réveille un monde qui glisse, celui des stations de ski confrontées à la concurrence et au réchauffement climatique, "quand te reverrais-je, pays merveilleux", chante Explicite parti dans les Alpes contempler le bricolage et les expérimentations des canons à neige subventionnés, ou la glace pilée retirée d'un lac à la Clusaz pour recouvrir une piste de ski de fond. Il faudrait alors se résigner et pratique le ski sur herbe, ou bien monter plus haut en altitude pour retrouver l'enneigement, le climat se rit de nos innocences.

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