(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : qui sera le Masterchef ?

(Bruno Duvic) A l'heure où sur TF1, des candidats en tablier devaient révolutionner le petit salé aux lentilles, sur France 2 hier soir, six candidats vêtus de couleur allant du bleu nuit au gris anthracite se lançaient dans un exercice nouveau lui aussi : le premier débat des primaires socialistes, c'est au menu de la presse ce matin...

En apéritif, regard global sur la soirée... Que penser de ce premier débat...

Les commentaires sont assez partagés.

« Vive le débat ! » lance. Laure Adler, autrefois proche de François Mitterrand et que l'on découvre éditorialiste pour L'Est Républicain . « Vive le débat d'idées, vive la croyance en l'agora et la possibilité pour chacune et chacun d'entre nous de croire en la politique. »

D'autant que la gauche que l'on a vue hier n'a pas manqué de qualités, selon Jean Claude Souléry dans La Dépêche du Midi : "Correcte. Respectueuse. Sérieuse. Unie sur l'essentiel. Riche de propositions. La gauche s'est retrouvée hier dans un débat d'idées qui manquait jusque là à la politique française. Défi réussi."

Correcte et sérieuse peut être mais du coup « inoffensive » cette soirée, « soirée pour rien », selon Olivier Picard dans Les Dernières nouvelles d'Alsace . Elle fut selon lui « emblématique de la sclérose de la vie politique française (…) La dette a tout écrasé, comme si elle ligotait à l'avance les 6 prétendants à la candidature socialiste. »

Bref c'était un peu rasoir. "La berceuse faisait rage", écrit Antoine Perraud sur Mediapart.fr et de citer une fable d'Ancien régime "L'ennui naquit un jour de l'uniformité".

Et pourtant, les candidats ont affiché quelques divergences.

Mais il a fallu attendre la fin de soirée. Dans La Voix du Nord , Hervé Favre espère déjà qu'au prochain rendez-vous télévisé, les candidats entreront plus vite dans le débat.

A en croire Le Figaro , c'est à 22h50 que le débat s'est animé. Passe d'armes Aubry Hollande sur le contrat de génération et la sortie du nucléaire.

Alors qui a marqué des points hier ? C'est le plat de résistance.

Dans la presse ce matin Jean-Michel Baylet prend globalement des coups, pas da majorité pour ou contre Manuel Valls et Ségolène Royal a été jugée décevante.

Pour Le Figaro , « elle n'a pas cédé au coup d'éclat auquel beaucoup s'attendaient mais du coup elle n'a pas réussi à susciter le débat autour de ses propositions. »

Elle est apparue « absente » pour Rue89

« Elle a eu beaucoup de mal à faire émerger une idée phare » pour Le journal de Saône et Loire .

Ce même quotidien donne la meilleure note de la soirée (15/20) à Arnaud Montebourg, à égalité avec François Hollande. Peut-être un tropisme régional pour le député et président du Conseil général de Saône et Loire...

15 sur 20 donc pour Hollande. Cette mention bien est tempérée par Cécile Cornudet dans Les Echos . Elle parle plutôt de « match nul » mais « un match nul profite toujours au favori. »

Hollande défié donc par Martine Aubry. Cécicle Cornudet, toujours, à propos de la maire de Lille : "elle voulait gommer l'impression d'une candidate hésitante à la fonction suprême. Elle a mis du temps à céder le ‘nous’ à un ‘je’ déterminé. »

Pour Laurent Mauduit sur Mediapart , cette soirée aura révélé ou confirmé qu'il y a bien deux gauches au sein du Parti socialiste, l'une incarnée par Martine Aubry et François Hollande : politique économique de centre-gauche, réformiste mais tempérée ; l'autre incarnée par Arnaud Montebourg et Ségolène Royal, politique de rupture ou en tout cas plus rugueuse.

Au final regard de militants sur cette soirée c'est dans Le Parisien-Aujourd’hui-en-France . Reportage à la section Jean-Baptiste Clément du PS dans le XVIIIème arrondissement. « Les militants qui avaient déjà un champion en arrivant n'ont pas changé d'avis. Les indécis attendent les deux autres débats pour trancher. »

Qui sera le Masterchef ? Pendant que les socialistes débattaient, le président de la République était en Libye.

« Sarko en héros », titre le quotidien gratuit Metro . C'est aussi la Une du Figaro sur cinq colonnes : « Sarkozy et Cameron accueillis en libérateurs par les Libyens ».

Commentaire de Pierre Rousselin dans l'édito du Figaro : "Alors que notre continent se débat dans la crise de la dette, le fait que deux dirigeants européens se fassent ainsi acclamer dans un pays arabe a quelque chose de réconfortant. Ces images de Nicolas Sarkozy acclamé sur la place Tahrir de Benghazi marquent un moment fort de sa présidence. »

A la Une de Libération , ni les primaires ni la Libye, mais un interrogatoire : "Guéant, l'interrogatoire".

Interview très serrée du ministre de l'Intérieur, l'un des masterchefs de la Sarkozie. Les relations entre Libération et Claude Guéant sont, selon les mois, mauvaises ou exécrables » explique Nicolas Demorand dans l'éditorial. L'une des dernières couvertures de Libé sur « Les agents troubles de Sarkozy (Bourgi, Djouhri, Takieddine) » avait mis le ministre en colère. Extrait de cette interview : « je les connais, mais je ne les connais pas par les travers que certains leur portent ».

Autre extrait : « - Saviez vous que Bourgi avait été un porteur de valise ?

  • Je l'ai découvert dans la presse. »

D'autres informations en bref dans les journaux.

Au lendemain du débat des primaires et à l'ouverture de la fête de l'Humanité, sondage auprès des sympathisants dans L'Huma . Ce qu'attend le peuple de gauche. Sondage Harris interactive. Selon le quotidien, il révèle une égale attention des catégories populaires et des plus aisées à l'égard de l'emploi. Les deux mesures les plus attendues concernent la police de proximité et de nouveaux moyens accordés à l'éducation. « Les liens de solidarité sont jugés en péril » commente Jean-Daniel Levy, de l'institut Harris.

Vers un rétablissement partiel de l'allocation équivalent retraite. Elle permet aux chômeurs âgés en fin de droit d'attendre la retraite avec une somme mensuelle. Cela concerne ceux qui ont leurs annuités mais pas l'âge légal de partir à la retraite. Selon La Croix , cette mesure supprimée au début de l'année devrait revoir le jour. Décret attendu à l'automne. Reste à en connaître ses modalités.

Dans Marianne , quand un chef de famille devient un tyran.

Un chef et même toute la famille de Zohra, jeune femme issue d'une famille musulmane très pieuse et dont le tort a été de tomber amoureuse d'un non musulman. Elle s'est enfuie chez lui. La famille est venue la chercher, l'a frappée à terre, fouettée avec une canne et une laisse et embarquée dans la voiture. Confrontation devant les différents membres de la famille devant un juge le 12 septembre.

Marianne sera demain en kiosque. Parmi les nouveautés en cette rentrée, l'arrivée de Nicolas Bedos comme chroniqueur dans l'hebdomadaire.

L'hebdo qui sort également un hors série en partenariat avec L'Histoire sur « L'école de la République ». Dans l'hebdo classique cette semaine, édito de Jacques Julliard sur l'école. Deux priorités selon lui, rétablissement de l'autorité des maitres et apprentissage du français.

Mais terminons avec l'école en Angleterre. atlantico.fr nous apprend que les jupes seront interdites cette année dans certaines écoles anglaises. Pourquoi ? Parce que cela trouble un peu trop les garçons. C'est à lire aussi sur Time magazine et le Los Angeles times .

Les jambes des filles voilà donc le véritable Masterchef. François Truffaut le disait beaucoup mieux, lui qui glissait dans la bouche d'un de ses personnages : "Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tout sens, lui donnant son équilibre et son harmonie"

Bon week-end !

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