(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : les cobayes d'Harvard

(Bruno Duvic) La Harvard Business school forme les puissants de demain. Beaucoup de puissants, nettement moins de puissantes.

Alors que la loi pour l'égalité homme/femme arrive au Sénat, le site féministe Les Nouvelles News s'intéresse à une expérience menée sur la promo 2013 de l'école de commerce d'Harvard, aux Etats-Unis. Le New York times avait publié une enquête sur le sujet.

Constat de départ classique : moins de filles que de garçons dans les classes et à la sortie, les mecs étaient nettement mieux classés - c'est ce qu'on appelle le grade gap.

Les femmes profs ne représentaient qu'un cinquième du total des enseignants.

Et encore, les chiffres ne disent rien du comportement au quotidien, bizutage humiliant pour les filles et lapin Playboy au moment d'Halloween.

Alors Harvard a pris le taureau machiste par les cornes. C'est la première femme présidente de l'école qui a lancé l'initiative, à l'américaine : gros moyens et discrimination positive.

C'est à l'oral que les filles perdaient des points. Etait-ce un manque de confiance, un manque de « gnac » ou les préjugés des enseignants ? On a enregistré les oraux et on a tenu compte du sexe dans les barèmes de notation.

Une nouvelle matière est apparue pour mettre en valeur le travail d'équipe.

Dans les ateliers, on n'a pas laissé les élèves se regrouper par affinités, on a imposé les groupes.

Et pour les enseignantes qui quittaient le campus avant même d'être titularisées, cours filmés et mis en place d’un coaching. Autorité, respect, confiance.

Pour encourager les meilleures filles à affirmer leurs ambitions, de l'argent a été débloqué pour l'élève qui avait besoin d'un capital pour investir dans une entreprise.

Les premiers résultats sont encourageants, le grade gap s'est évaporé comme par miracle, les notes de professeurs femmes ont grimpé.

Conclusion, on peut changer les choses, mais il faut y mettre de gros moyens.

Un autre professeur était à la télévision hier soir

Hier sur TF1, c'était « La rentrée du professeur Hollande», appliqué, résolu, tranchant quand il le fallait sur la Syrie. C'était « une soirée techno », « sans fausse note mais sans souffle ». Voilà comment Libération résume l'interview présidentielle hier.

Ce que relèvent les journaux, Libé en premier d'ailleurs, c'est un autre gap, un autre écart.

« Autant l'attitude du chef de l'Etat fut d'inspiration gaullienne dans l'évocation des affaires du monde, écrit Jean-Pierre Tenoux dans L'Est Républicain , autant l'évocation de notre politique intérieure l'a conduit à louvoyer, comme souvent. »

« Il décide vite et fort sur le théâtre des opérations extérieures, approuve Bruno Dive dans Sud-Ouest mais laisse volontiers du temps au temps à l'intérieur des frontières. »

La guerre en Syrie s'éloigne et du coup, selon Yann Marec dans Midi Libre , le fil rouge ce fut « la paix sociale, la paix sociétale, la paix économique. Le président de la République poursuit sa politique de petits cailloux jetés sur le chemin de l'espérance. C'est oublier que les Français ne voient plus cet horizon si bleu. »

Sur la Syrie, « il veut croire que la France va encore pouvoir dicter ses volontés. Vaine prétention », notre « général en chef » sera plus probablement « un greffier en chef » dixit Jacques Camus dans les journaux du Centre.

En résumé pour Philippe Waucampt dans Le Républicain lorrain , « l'instit' (on y revient) a fourni un honnête travail ». Pour le blogueur Didier Pobel, le président était raccord avec l'un des thèmes de l'interview, il était en mode Diesel.

L'édito du Figaro n'est pas consacré à cette interview

Et la Une non plus. Le Figaro revient sur la polémique lancée par François Fillon il y a 8 jours (entre un candidat PS et un candidat FN il voterait pour le moins sectaire). Et dans l'éditorial, Paul-Henri du Limbert approuve plutôt cette position. On pourra y voir un signe de plus du glissement un peu plus loin du centre de la droite en général, y compris les journaux qui lui sont proches.

"Quand le FN progresse à vive allure, lorsqu'il attire à lui des électeurs UMP, doit-on faire comme si rien de tout cela n'existait ? La sortie de l'ancien Premier ministre a le mérite de rappeler à la droite que si elle veut gagner demain, elle ne peut plus ignorer les souhaits de ses électeurs."

Dans l'actualité politique encore, "Dassault, l'aveu de la corruption", c'est à la Une de Mediapart . Le site publie des enregistrements clandestins réalisés fin 2012 du sénateur UMP propriétaire du Figaro .

Ils tendent à prouver qu'il a acheté des voix lors de la campagne des municipales à Corbeil-Essonnes en 2010 pour assurer la victoire de son successeur.

Enfin dans L'Humanité , vous trouverez un compte rendu complet de la fête de l'Huma ce week-end. Titre de Une : « Poings levés et mains tendues ».

Quoi d'autre dans la presse ?

Deux classements...

Le palmarès des hausses des impôts locaux entre 2007 et 2013 dans Les Echos . Paris est en tête, que ce soit pour la taxe d'habitation et la taxe foncière.

Ensuite pour la taxe d'habitation, plus fortes hausses sont à Rennes, le Mans et Saint-Denis, Marseille plus fortes hausses, à Argenteuil, Saint-Denis, Nantes et Rouen.

Et puis le palmarès l'Etudiant des villes où il fait bon étudier. Sur le podium, Grenoble, Toulouse et Montpellier.

Quand un jeu vidéo fait l'événement

Son budget est d'environ 200 millions d'Euros soit plus qu'une superproduction du cinéma comme Avatar.

« Grand theft auto V » sort demain. Libération y consacre trois pages. Les Echos , une page. Il y a beaucoup d'argent sous la manette. Le précédent numéro, « Grand theft auto IV » a le statut difficilement vérifiable d'objet culturel le plus rentable de tous les temps.

300 personnes ont travaillé sur ce nouveau jeu.

Au-delà du business, il y a la prouesse technique. La ville de Los Angeles est reconstituée, la bande son est aux petits oignons ou plutôt aux grosses patates, avec ce que la scène américaine, hip-hop notamment fait de plus pointu.

Le jeu c'est un mélange de bagnoles, d'aventures et de jeu de rôle. Lâché dans la jungle urbaine, le joueur peut braquer et canarder à tout va... D'ex membres de gangs locaux prêtent leur voix à la bande originale. Argent, drogue, braquage, crimes, « plus on transgresse la loi, plus on avance » selon Les Echos . Mais c'est plus subtil que cela. Les plus bourrins ne gagnent pas forcément à la fin. Le joueur a une très grande liberté d'action et de déplacement.

« Grand Theft auto V », pas encore sorti mais déjà en vente. Quelques ventes pirates ont été repérées par le Huffington Post sur Amazon et dans des magasins ces derniers jours.

En résumé comme le titre Libé , c'est une « claque majeure ». « Si cette saga fait écho chez les générations actuelles écrit Olivier Séguret, c'est parce qu'elles y retrouvent une certaine vérité du monde moderne, son pessimisme instable, son matérialisme foncier, son désordre culturel, son métissage intense, le tout dans un espace virtuel colossal où l'on renoue avec un sentiment de liberté. »

A demain !

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