Réponse : le culot, « c’est ça. ».

« C’est quoi, au juste, le culot ? » Cette question, c’est le titre de l’éditorial du dernier numéro du mensuel MANAGEMENT. Un édito du rédacteur en chef du magazine, et sa prose se lit rapidement : il écrit simplement « C’est ça. » Rien en dessous, fin de l’édito.

Cela dit, il y a tout de même une explication en bas de page. Le journaliste justifie sa réponse laconique – « C’est quoi, au juste, le culot ? », réponse : le culot, « c’est ça. », rien en dessous, fin de l’édito…

« Bien sûr, admet-il, on peut qualifier cette réponse de solution de facilité. Mais avouez que vous avez tous rêvé de répondre ainsi à la une dissertation pendant vos études ! Car c’est aussi cela, le culot : s’autoriser à faire ce qui ne se fait pas d’habitude. Bousculer la routine, changer les règles du jeu, ou bien, pour le dire en un mot : tout simplement, oser ! »

Et c’est ce que détaille le dossier du mensuel. Dans la vie et, surtout, dans son métier, il faut oser : oser tenter sa chance, croire en sa chance et croire en soi. Oser demander des rendez-vous, oser proposer des idées, oser dire qu’on est le meilleur. Même si, évidemment, ça ne peut pas marcher à tous les coups, le culot, bien souvent, ça paie.

Pablo Iglesias et Jean-Luc Mélenchon

Et cela paie également dans le monde politique. Photo de deux hommes qui ne manquent pas de culot à la Une de POLITIS. Deux hommes qui bousculent la routine et changent les règles du jeu. Pablo Iglesias et Jean-Luc Mélenchon.

Et cette question : « Le populisme peut-il sauver la gauche ? » Pablo Iglesias, c’est bien sûr le leader du mouvement Podemos en Espagne. Pour Medhi Boudarene, il a su casser tous les codes de la communication et imprime un style populiste qui navigue entre l’impertinence et la séduction.

Un style différent de celui de Jean-Luc Mélenchon, mais lui aussi, si l’on en croit l’hebdomadaire, mérite le terme de populiste, dans le sens où c’est au peuple qu’il s’adresse. Le peuple et « les gens », « les gens » contre la caste qu’il faut dégager.

Le peuple est en colère et il répond à leur colère, trop de Français ne votent plus et il entend les réveiller. C’est Pauline Graulle qui analyse le succès de son positionnement : d’un côté, donc, le « dégagisme », et de l’autre l’instauration d’un leader charismatique.

Fête de l'Huma

Et ça paie, disions-nous. Ça paie tant que Jean-Luc Mélenchon, pourtant actuellement en voyage sur l’île de la Réunion, est, semble-t-il, dans toutes les têtes à la fête de l’Humanité, ce week-end à la Courneuve.

C’est ce que nous explique ce matin LIBERATION, mais également Quentin Laurent dans AUJOURD’HUI LE PARISIEN. Le Parti Communiste veut faire de la fête de l’Huma un grand « rassemblement anti-Macron », mais le parti doit surtout réussir à se transformer, et il est menacé par la concurrence des Insoumis.

On a été ringardisés par la France Insoumise

C'est ce qu'on reconnaît dans les instances du PCF. Nombre de ses électeurs ont d’ailleurs définitivement migré chez Mélenchon. Et certains de se questionner sur un changement d’appellation. Le sujet n’est plus tabou. Le mot « communisme » est encore un repère pour une partie des électeurs, mais pour d’autres, il agit comme un repoussoir. Bientôt, au PC, il se pourrait donc qu’on ait le culot de changer de nom !

La persévérance peut également payer

Deux sujets peuvent venir l’illustrer ce matin.

Tout d’abord, le prochain retour en France du journaliste Loup Bureau. C’est l’info à la Une PRESSE OCEAN : « Loup Bureau libéré ». Le jeune journaliste d'origine nantaise était détenu en Turquie depuis plus de 50 jours.

Et on a donc appris hier qu'il serait expulsé. Il est attendu ce soir à Paris et, même s’il reste encore plus de 170 journalistes emprisonnés aujourd’hui en Turquie, c’est bien sûr une bonne nouvelle.

« Cette libération rétablit dans sa dignité un reporter embastillé sans raison par le régime d’Erdogan, écrit Hervé Chabaud dans L’UNION. Et cela confirme, poursuit-il, qu’il faut être persévérant. » Persévérer dans le dialogue, même quand il paraît impossible et même quand l’interlocuteur semble n’avoir plus aucune notion de ce qu’est la démocratie.

Levothyrox

La persévérance paie. C’est aussi ce qu’on se dit à la lecture du sujet en Une du PARISIEN : « La victoire des malades de la tyroïde ».

Hier, sur l’antenne de France Inter, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé le retour provisoire de l'ancienne formule du Levothyrox, une décision très attendue par ceux qui souffraient des effets secondaires de sa dernière version.

Le Levothyrox est l'un des médicaments les plus vendus en France et les malades se disent « soulagés », indique le COURRIER PICARD. « Victoire et soulagement », résume LA VOIX DU NORD. Les patients ont donc été entendus, et pour le président de France Assos Santé – il le dit dans LE PARISIEN, « c’est la première fois que la pression des malades fait plier aussi rapidement les autorités. On va faire revenir des produits que l’on avait sortis du marché. On a rarement vu cela », se félicite-t-il en pointant la force des réseaux sociaux, qui diffusent à grande ampleur les pétitions en ligne.

« Désormais, explique-t-il, les alertes se propagent très vite et c’est une nouvelle ère qui s’ouvre. L’implication des patients dans leur traitement, leur besoin légitime d’information, ne pourra plus ne pas être pris en compte. Je suis persuadé, conclue-t-il, qu’en termes de gestion, il y aura un avant et un après Levothyrox. »

Des victoires et des soulagements dans l’actualité.

De fortes inquiétudes

Inquiétude face à la prolifération nucléaire en Corée du Nord. C’est la Une du MONDE. Il y a quelques heures, Kim Jung-Un a déclaré que son pays était proche de détenir l’arme atomique, et ce malgré les sanctions internationales. Son objectif, dit-il, est de parvenir à « un équilibre des forces avec les Etats-Unis ». Le leader nord-coréen ne manque pas de culot.

Inquiétude, toujours et encore, pour les Rohingyas qui fuient la Birmanie. C’est toujours à lire dans LE MONDE. Le récit d’une épuration ethnique, avec des enfants qui racontent que des soldats brûlent leurs maisons, qui tuent leurs voisins et parfois même égorgent leurs parents sous leurs yeux.

Anniversaires

Dès lors, on peut trouver un peu de légèreté à la lecture d’articles célébrant les deux anniversaires du jour.

Les 40 ans de la naissance de Téléfoot sur TF1 – un dossier dans LE MAGAZINE L’EQUIPE. Où l’on apprend que si le foot a fait beaucoup pour l’émission, l’émission a aussi beaucoup fait pour le foot, en le rendant, chaque semaine, toujours plus populaire.

Autre anniversaire, 40 ans là encore, mais on quitte le foot : les 40 ans de la mort de la diva Maria Callas. Très sensible portrait de l’immense tragédienne dans TELERAMA.

Enfin autre portrait, celui de Nicolas Demorand et c’est dans LES INROCKUPTIBLES. Une enquête sur « la voix la plus puissante de l’Hexagone », c’est le titre à la Une.

L’an dernier, Nicolas présentait la tranche 18/20. Désormais, il a retrouvé la matinale. Et notre camarade Mickaël Thébault qui, lui aussi, a travaillé sur les deux tranches, livre ce commentaire dans les colonnes de l’hebdo : « Le 18/20, c’est un bon pétard ; la matinale, c’est une ligne de coke. »

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