Bonjour ! Ca semble aujourd’hui évident, le précipice est là… … Reste à savoir si l’on contemple le vide au prix d’une belle frayeur, ou si la chute –pour de bon- a commencé. Cette question (que suscite l’état des marchés financiers après la Bérézina des établissements américains de prêt aux accédants à la propriété), divise vos journaux, tant nationaux que régionaux. Les uns (à l’instar de "La Dépêche du Midi") évoquent un « Vent de panique » et se demandent s’il faut « avoir peur » de la Bourse, craindre pour « la croissance, l’emploi et le crédit ». Les autres nous voient dans la tourmente, telle « La Tribune » ; … le titre qui barre la « Une » du quotidien économique nous dit que « Les marchés financiers s’enfoncent dans la crise ». … Pour « Les Echos » : « La tornade boursière s’abat sur toutes les places mondiales ». Et quand ce n’est pas une « tornade », c’est une « spirale baissière »… … Bref, accrochez vos ceintures (fasten seat belt) : ça va secouer !!! Mais au fait ?... … « Y’a-t-il un pilote dans la finance mondiale » ?... C’est ce que se demande « Libération » à propos de la gestion de la crise par les banques centrales. En page intérieur du journal, on lit : « Le cash n’arrête par la peur du kra(k) »… (Pour rester dans la métaphore aéronautique et en se fichant des anglicismes, sans doute mes confrères de « Libé » auraient-ils pu titrer plutôt sur la peur du « crash »). Pour ceux qui auraient raté le début, Renaud Lecadre nous rappelle l’affaire (pour faire court, je vous lis quelques extraits de son article) : «  A l’origine, des établissements financiers américains ont consenti (à des ménages modestes) des crédits immobiliers de plus en plus risqués (…) Le feu s’est propagé par « titrisation » (c’est-à-dire) « par une vaste foire aux créances où les crédits immobiliers passent de main en main au point que personne ne sait qui doit de l’argent à qui (…) Depuis une semaine, les Banques centrales européenne et américaine ont injecté près de 300 milliards d’euros (par création monétaire puisqu’elles ont pouvoir de battre monnaie) afin de tempérer la tempête financière ». Pour commenter ça, Renaud Lecadre reprend une déclaration de l'économiste allemand Ulrich Kater à l'Agence France Presse. Pour Ulrich Kater : "La Banque centrale européenne envoie un signal négatif en injectant des liquidités en masse pour soutenir les marchés (...) Elle donne l'impression de voler au secours des fautifs, de ceux qui ont pris des risques excessifs". Là dessus, l'éditorialiste et directeur de "Libération" Laurent Joffrin renchérit : "La sophistication folle des marchés financiers alliée à l'énormité des masses d'argent en circulation a créé un monstre de Frankenstein que ces démiurges sont totalement incapables de maîtriser... à moins bien sûr d'une soudaine conversion des maîtres de la finance aux vertus de la régulation". Joffrin s'interroge : "La liberté économique a-t-elle une limite ?" A ses yeux, "la crise boursière est aussi une crise philosophique". En Une de "L'Humanité", on ne fait pas dans la nuance en titrant : "Jeudi 16 août 2007 : le krach" (et pourquoi pas "le jeudi noir" ?). Le krach ?... Quel krach ?... ..."Ce n'est pas un krach", nous assure, dans "Le Parisien-Aujourd'hui en France" (et en grosses lettres), Christine Lagarde, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi. Elle reconnaît qu'il y a eu "de gros excès", du côté des Etats-Unis, sur les prêts hypothécaires accordés aux ménages aux revenus aléatoires... Mais, dit-elle, "il faut raison garder". Elle ajoute : "Nous asisstons aujourd'hui à un ajustement (...) L'économie française se porte plutôt bien, et je ne pense pas qu'elle sera affectée". Quant aux petits épargnants, qui commencent à s'inquiéter, Christine Lagarde joue là encore l'apaisement en reprenant à son compte cette maxime des boursiers : "Tant qu'on n'a pas vendu, on n'a pas perdu"... ..."Il faut qu'il y ait de la transparence, il faut qu'il y ait de la régulation", déclare de son côté Nicolas Sarkozy, qui interpelle à ce propos les dirigeants des pays les plus riches du globe... Tous vos quotidiens s'en font l'écho. La "zen attitude" des autorités françaises, chef de l'Etat en tête, inspire cette réaction à Jacques Guyon dans "La Charente Libre" : "Imaginez l'effet que pourrait avoir sur les passagers d'un avion pris dans des turbulences titanesques l'apparition en cabine du pilote venant annoncer tout à la fois que rien ne justifie l'affolement des hôtesses, mais qu'il est par ailleurs résolu à exiger qu'à l'avenir on solidifie la structure des appareils à travers le monde... (...) On nous chanterait 'Tout va très bien, Madame la Marquise' qu'on en serait davantage rassuré". Pour fignoler le tableau économico-politique de cet été 2007, l'éditorialiste du "Midi Libre" Michel Richard pointe nos indicateurs "déjà pas brillants" ("commerce extérieur à la ramasse, production industrielle en baisse, croissance dérisoire"). Il en conclut ceci : "Nicolas Sarkozy n'ignore pas qu'on ne mettra pas longtemps avant de l'en tenir pour responsable. Comme retour de vacances, il y a mieux !" Cette tourmente des marchés financiers venue des Etats-Unis, ce pays "ami", sonnera-t-elle la fin de l'état de grâce pour le Président de la République française ? Ce matin, "France Soir" nous propose de voir ce que les quotidiens étrangers pensent des "100 jours de Sarkozy" à l'Elysée. L'article s'achève sur le point de vue du correspondant à Paris de "The Independent" (journal britannique de centre-gauche)... John Lichfield s'interroge sur l'efficacité d'un Président hyperactif, avec cette question en forme de commentaire : "A-t-il fait beaucoup plus que soulever un tas de poussière en créant un grand nuage de fumée ? (...) On dirait qu'il gouverne en tenant un miroir". Sur ce chapitre, je vous invite à lire deux très intéressantes contributions dans "Le Figaro" et dans "Libération"... ...Dans "Le Figaro", d'abord, le gaulliste Pierre Mazeaud nous rappelle qu'il y a 40 ans tout juste, le 17 août 1967, le général de Gaulle signait l'ordonnance sur "la participation des salariés aux fruits de l'expansion des entreprises", inspiré (qu'il était) par sa méfiance envers la "loi d'airain" du capitalisme. Pour Pierre Mazeaud, "utopie pionnière", "inspiration chrétienne" ou "méthode de démocratie participative avant l'heure" (...) "le fait est qu'aujourd'hui, la participation reste une idée d'actualité". A découvrir aussi, en pages Rebonds de "Libération", l'avis de la psychiatre Stéphanie Palazzi sous le titre : "Glissement progressif du langage". Revisitant la rhétorique de Nicolas Sarkozy, elle écrit : "Nous attendons du politique qu'il fasse en sorte que les victimes connaissent réparation ; pas qu'il s'identifie à leur cause au point de s'en approprier la logique, voire l'émotion". Lundi, Nicolas Sarkozy réunira plusieurs de ses ministres afin d'étudier avec eux les recettes qui pourraient "empêcher la récidive en matière d'agressions sexuelles". C'est une conséquence de l'affaire de Roubaix, où un pédo-criminel multirécidiviste vient d'être arrêté après l'enlèvement et le viol d'un garçonnet de 5 ans. Ce suspect était sorti de prison le 2 juillet dernier. Il y avait purgé une peine pour des faits similaires. "A quoi sert la prison ?", se demande Bernard Revel dans "L'Indépendant du Midi". "On manque de moyens pour gérer ces délinquants". Lui répondent en choeur, dans "Le Parisien" et dans "L'Humanité", les présidents de l'Union syndicale des magistrats et du Syndicat de la magistrature. Pour le numéro 1 de l'USM Bruno Thouzellier : "Sur le sujet de la récidive des délinquants sexuels, le monde politique et gouvernemental est défaillant". "France Soir" vous dit : "Souriez, vous allez être filmé !"... ...Après l'agression qui a coûté la vie, dans le métro parisien, à un journaliste italien en vacances, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie plaide pour un renforcement du maillage de vidéosurveillance en France. "Sécurité : ce que veulent les Français"... Ce titre fait la couverture de l'hebdomadaire "Valeurs Actuelles" (dans les kiosques aujourd'hui). En pages intérieures, vous pouvez lire le sondage réalisé les 1er et 2 août dernier par l'Institut CSA auprès de 1001 personnes en âge de voter... Résultat : 7 Français sur 10 (73% de la population) plébisciteraient la vidéosurveillance des lieux publics. Mettre des caméras partout : voilà de quoi séduire certains chefs d'Etat tentés de réduire l'effectif policier sans sacrifier pour autant la surveillance permanente des populations. Dans "Sud-Ouest", Patrick Berthomeau consacre son éditorial à la condamnation cette semaine de 2 journalistes marocains. Il se demande si cela traduit "un raidissement du pouvoir chérifien et un recul dans le processus de libéralisation enclenché par Mohamed VI". "Le Figaro" consacre à cette histoire un long article d'Arielle Thedrel, avec ce titre : "Le Maroc à nouveau tenté par la censure". La censure, la menace, l'assassinat de membres de sa famille, la fuite, l'exil, l'asile politique : ...L'Ivoirien Souleymane Koulibaly a subi tout cela. Vous le connaissez bien, vous, les auditeurs de France Inter. Vous l'entendez cet été tous les après-midi, du lundi au vendredi, de 17 heures à 18 heures. Il apparaît à l'antenne sous le nom de Soro Solo ; il anime l'émission "L'Afrique enchantée" en compagnie de Guillaume Thibault. Quand il était enfant, dans son village africain, le voyant l'oreille collée au poste à transistor, sa grand-mère avait fini par le surnommer "Radio"... Vous lirez tout ça dans "Le Monde 2", supplément hebdomadaire du quotidien du soir. Un mot encore, à propos d'un phénomène d'édition, "le phénomène de l'été, et même de l'année", nous disent "Les Echos", vendu, déjà, à plus de 350.000 exemplaires avec une trentaine de réimpressions. Si vous ne l'avez pas déjà lu, précipitez-vous chez votre libraire et achetez "L'élégance du hérisson", de Muriel Barbery. C'est une pure merveille. Ses personnages écoutent France Inter, c'est tout dire, sans doute parce que c'est une radio qui ne manque pas de piquant. Une revue de presse signée Alain le Gouguec

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