Pas de podium, mais 2 hommes en une aujourd'hui. 2 hommes ou 2 surhommes qui brillent chacun dans leur domaine. Des hommes en or d'abord, ceux de Pékin. Devant tout le monde, Usain Bolt fait pratiquement toutes les unes. "Seul au monde", pour le Dauphiné Libéré. "Extraterrestre", pour l'Union. "L'homme qui défie le temps", pour le Midi Libre. En photo partout le Jamaïcain, avec les bras pourtant baissés sur la ligne d'arrivée. "Plus vite, plus jeune, plus star", titre le Journal du Dimanche. "Usain Bolt est sur une autre planète" estime le quotidien. "Bien plus qu'un record du monde, une claque, une nouvelle ère", écrit Solen Cherrier. "Il en a gardé sous les pointes et il a terminé avec un lacet défait". "Il a cassé une nouvelle barrière", écrit Jean-Denis Coquard dans l'Equipe. "Sans l'aide du moindre souffle de vent, sans paraître y mettre tout, d'un talent d'une insondable insolence". Usain Bolt est grand, mais pas seulement par son exploit, aussi par sa taille. 1 m 93 dans le JDD. 1 m 96 dans le journal l'Equipe et le Parisien. 3 centimètres qui ne changeront pas grand chose. "Voici une nouvelle ère où le morphotype du sprinter ne se limite pas à la boule de muscles rase bitume", peut-on lire dans le Journal du Dimanche. "L'explication du phénomène évidemment tient à son gabarit" complète l'Equipe. "Il combine taille, explosivité, amplitude et fréquence de foulée. Le sprinter de demain". "Avec un pied d'enfer", pour Jacques Piasenta. L'ancien entraîneur de Marie-Jo Pérec dit même "qu'il vole sur la piste". Il vole jusqu'à quel point. Parce qu'avec sa facilité on l'imagine même en dessous des 9 secondes 60. Et on se demande bien sûr s'il n'a mangé que des nuggets avant de venir au stade. "Le 100 mètres homme", écrit Nicolas Herbelot dans l'Equipe, "épreuve reine marquée au fer rouge de l'opprobre, depuis l'affaire Ben Johnson". "Même Asafa Powell, autre favori avant la finale, remarquait que les deux tiers des meilleurs sprinters étaient dopés", écrit le journaliste. Dans le Journal du Dimanche, passage obligé, Solen Cherrier rappelle "que l'histoire du sprint est une invitation à la retenue, voire au scepticisme". Le 2ème homme ne quitte plus la lumière depuis qu'il est en France. Il est aussi habillé d'or, mais ça n'a rien à voir. Le Dalaï lama poursuit jour après jour sa conquête de l'opinion. Il nous rappelle aussi à la cause tibétaine et aux droits de l'homme, perdus depuis quelques jours dans l'enthousiasme olympique. La success story du Dalaï lama passe aujourd'hui par la politique. "Ségolène Royal veut se rendre au Tibet", titre le Parisien. "Le Dalaï lama très courtisé", affiche le Journal du Dimanche. Et il faut croire que cela transporte de parler pendant 3 quarts d'heure avec le Dalaï lama. "Le Tibet concerne l'humanité toute entière", déclare Ségolène Royal. "Chaque fois qu'un homme souffre, que les libertés reculent, nous sommes tous concernés". L'amour, la fraternité, voilà ce qui porte le politique. Dans le Dauphiné libéré, Hélène Pilichowski s'en amuse. "Comme le Dalaï lama, elle serait solidaire de la souffrance de son peuple", écrit l'éditorialiste, qui ajoute, "qu'en pleine campagne pour la magistrature suprême, Ségolène Royal affirmait aussi vouloir prendre exemple sur la Chine. Cela s'appelait de la bravitude". Et le gouvernement dans tout ça. Et bien on ne sait plus trop. Bernard Kouchner dit dans le Journal du Dimanche qu'il ne rencontrera pas le Dalaï lama le 20 août, dans 3 jours, à cause de la crise géorgienne. Incertitude aussi sur la rencontre du 10 décembre avec Nicolas Sarkozy. D'après Elsa Guiol, du Journal du Dimanche, le prix Nobel de la Paix a prévu d'être en Pologne ce jour-là. C'est une confidence de l'entourage du religieux, qui parle cette fois d'un cafouillage. Après les 2 hommes, voici 3 histoires d'eau puisées dans le journal Le Monde. Il y a d'abord l'eau des mers qui s'étouffe. C'est à la une. Les eaux côtières sont menacées d'asphyxie. C'est un Américain et un Suédois qui sortent le drapeau rouge. Ils ont publié une étude dans la revue "Science". Ils nous disent que 400 secteurs sont touchés par ce phénomène inquiétant, l'eutrophisation. C'est une invasion par les algues qui créé l'arrivée en masse de bactéries qui grignotent l'oxygène. La mer se vide son air. Au Canada, en Pologne, à Taïwan, dans la Mer Noire, en Chine et entre autres dans 20 zones en France. Le phénomène est plus ou moins réversible. C'est le cas chez nous, mais pas partout. Et c'est la famine parfois qui guette. Les crustacés, les coquillages, le corail au fond de ces nouveaux déserts de sel peuvent disparaitre. La chaine est alors rompue et la mer ne nourrit plus. Et l'assassin est désigné, c'est l'homme. C'est lui qui encourage cette noyade en eaux côtières. Les rejets industriels, les eaux usées, les engrais, les touristes sont responsables. La mer trinque. Et le journal Le Monde dans son édito appelle l'agriculture intensive à revoir ses modes de production. Autre histoire d'eau. Cette fois en Israël. "La crise de l'eau s'accentue", titre le quotidien. Le lac de Tibériade a atteint sa ligne rouge. L'immense réservoir qui arrose un tiers du pays risque de toucher la ligne noire cet automne, contaminé par le sel de la mer et les algues toxiques. Les Israëliens s'installent dans la pénurie, peut-on lire sous la plume de Michel Böle-Richard. Et les Palestiniens s'inquiètent sérieusement. Gaza et la Cisjordanie, d'après l'ONU et des ONG, sont pris à la gorge. L'approvisionnement et le développement des structures sont contrôlés par Israël. Les quantités ont été réduites en Cisjordanie, d'après l'ONU. A Gaza, la situation est qualifiée de catastrophique par le responsable palestinien qui gère l'eau. "L'eau devient un enjeu majeur des négociations pour la création d'un Etat Palestinien". Et puis l'histoire de ces bébés huîtres qui se noient sur les côtes françaises. Préparez-vous. 2010 sans doute se fera sans huître. Hécatombe chez les moins de 1 an, raconte Laetitia Clavreul. En milieu de semaine, on s'expliquera entre producteurs et décideurs au ministère. Avec entre autres cette question : "Qui est le serial killer des bébés huîtres". Chacun son hypothèse. Peut-être un virus, peut-être une pollution industrielle, peut-être une asphyxie à cause de l'eau trop chaude. Portrait-robot et aide aux victimes dans cette tournée des plages amères.

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