On peut à peu près tout acheter sur Internet... Y compris le pire. C’est ce qu’on découvre à lecture de L’Humanité ce matin : « Des poupées sexuelles d’enfants sur Amazon ». Il s'agit de poupées en silicone qui ont la taille de petites filles, vraisemblablement destinées à séduire des acheteurs aux pulsions pédophiles.

Des poupées sexuelles aux visages d'enfants vendues sur Amazon. Des associations dénoncent.
Des poupées sexuelles aux visages d'enfants vendues sur Amazon. Des associations dénoncent. © Getty / Vladimir Smirnov\TASS

Ici, c’est une gamine qui porte haut ses couettes et qui tient un ours en peluche dans ses bras. Une autre, un lapin blanc sur les genoux, affiche une moue boudeuse. Elles mesurent entre 1 mètre et 1 mètre 50, on compte une trentaine de modèles différents, et ils sont donc proposés sur la plateforme comme n’importe quel accessoire érotique, présentés en tant que sex toy "réalistes", "au toucher soyeux", à l’enveloppe "douce mais ferme qui est sans différence par rapport à la vraie chair". 

Poupées aux visages enfantins pour plaisirs d’adultes désaxés

Le mouvement Wanted Pedo, mouvement qui lutte contre la pédocriminalité, a fait part avant-hier de sa consternation, rappelant qu'Amazon est le site de vente en ligne le plus utilisé du monde. Quant à l’association internationale de victimes de l’inceste, elle exige le retrait de ces produits, arguant que le Code pénal interdit la reproduction d’un mineur "lorsque cette représentation présente un caractère pornographique". 

Mais la loi évoque les images, elle n’évoque pas les objets. "Une précision des textes s’avère nécessaire", écrit Kareen Janselme, qui signe l’article. Suite à quoi elle évoque une autre polémique, cette fois aux États-Unis, sur une poupée qui, celle-ci, était destinée aux tout-petits. La poupée Poppy, à l’effigie de l’héroïne du dessin animé TrollsPoupée munie d’un bouton situé dans l’entrejambe, qui émettait de bien curieux cris de joie. Une pétition a vu le jour. 

Que vont penser nos enfants de ce jouet ? Qu’il est amusant de se faire toucher les parties intimes ?

La pétition a recueilli 400 000 signatures, et le fabricant Hasbro vient de retirer les poupées Poppy des rayons. 

Dans la presse, on parle également d’objets plus consensuels. Un vêtement, par exemple. C’est à lire dans Le Parisien, qui entame un tour de France des usines emblématiques du pays. Ce matin, c’est le premier épisode. 

À Quimper, dans l'atelier de confection d'Armor-Lux

L'objet phare de cet atelier, c’est la marinière, remise au goût du jour par Jean-Paul Gaultier puis, quelques années plus tard, par Arnaud Montebourg. La marinière "amiral", qui compte 21 rayures blanches et bleues. Pourquoi 21 ? Pour célébrer les 21 victoires de Napoléon, car au départ, ces marinières étaient fabriquées par la marine nationale. 

Aujourd’hui encore, elles sont produites selon un décret de 1858, qui codifie la confection de cette "chemise de coton tricotée", selon l’expression consacrée. Une "chemise" qui a "la forme d’un tee-shirt, mais très épais, chaud et durable", assure le directeur général de l’entreprise. C’est 65 euros pour le modèle classique.

Dans La Croix, on nous raconte l’histoire d’un objet qui coûte quasiment autant. Ici, c’est une série sur "les marques de l’été". 

L’histoire de la tente Quechua, vendue chez Décathlon

Une histoire qui commence en 2003, lorsqu’un chef de produit se met en tête de créer "une tente qu’on jette en l’air et qui se monte toute seule". Le projet est confié à un prototypiste surnommé « Abbi », fils d’éleveur de chameaux à la fibre nomade et, deux ans plus tard, les premières tentes « 2 seconds » surgissent dans les rayons. Des tentes qui seront popularisées l’hiver suivant, en 2006, lorsque l’association Les Enfants de Don Quichotte en installe plus de 200 pour protéger les sans-abris le long du canal Saint-Martin. 

Depuis, il s’en est vendu entre 5 et 10 millions. Avec une seule ombre au tableau : celle du repliage. Replier une tente « 2 seconds », ça prend bien plus que deux secondes.

Mais ce n’est évidemment pas sur ce sujet-là que La Croix fait sa couverture. C’est sur la situation en Biélorussie. 

« Biélorussie : le peuple dans la rue »

C’est le titre à la Une ce matin. Et le quotidien précise que la Biélorussie a connu hier une "mobilisation historique" contre le régime du président autocrate Loukachenko. Dans la capitale, plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont demandé son départ et, dixit le journal, c’est "la dernière dictature d’Europe" qui vacille. 

Un Loukachenko "de plus en plus chancelant", confirme Libération, qui détaille, sur la base de témoignages, la répression policière. Denis, un opposant de 24 ans, manager d’une boutique, s’est fait arrêter le 11 août alors qu’il défilait pour des élections libres. On l’a jeté à terre, frappé à coups de pieds et de matraque. Idem durant la vingtaine d’heures passées au poste : six passages à tabac, et il est ressorti les jambes couvertes de bleus et d’égratignures, avec dans le dos la marque d’une semelle imprimée sur la peau. Récit similaire de Vladimir, un père de famille. 

Nous étions une vingtaine dans le gymnase du commissariat. Ils faisaient tout pour nous humilier, nous traitaient comme des animaux.

Cela étant, le journal évoque "un tournant" dans cette crise politique. Tournant car la population semble soutenir massivement le mouvement en faveur du changement, et tournant car désormais, des membres de l’élite biélorusse prennent leur distance avec le dirigeant qui, une semaine après sa réélection contestée, persiste à rejeter l’organisation d’un nouveau scrutin.

D’où ce titre du Figaro : "Loukachenko s’accroche, la contestation s’amplifie". Ce qui donne sur Mediapart : "La contestation s’amplifie, Lokachenko s’accroche". Le Figaro et Mediapart à l’unisson, ce n’est pas souvent…

Il est aussi question des masques dans la presse. 

"Masque en entreprise, télétravail : la rentrée sous tension"

C’est à lire dans Les Echos, et cette rentrée "sous tension", c’est donc en premier lieu à cause des mesures sanitaires qui devront être prises. Le gouvernement veut rendre, fin août, le masque obligatoire à la fois dans les couloirs et les salles de réunion, et la ministre du Travail insiste pour continuer à privilégier le télétravail dans les zones où le virus circule le plus, comme à Paris ou dans le département des Bouches-du-Rhône.

L’obligation de porter le masque qui pourrait par ailleurs gonfler le coût de la vie pour les jeunes gens inscrits dans le supérieur. C’est à lire dans Le Parisien. Selon la Fage, la première fédération étudiante, le coût de la rentrée 2020 serait en hausse de 5% pour ceux qui font leurs études à l’université, notamment car il va falloir compter plus de 30 euros par mois pour les masques jetables. 

Des masques devenus un sujet de tension. Les agressions se multiplient, ainsi qu’on peut le lire sur le Huffington Post : "Un fait divers de plus lié au port du masque". Vendredi, à Brest, un homme a frappé au couteau un agent de sécurité après avoir été refoulé d’un bar, faute de masque. Le vigile a été grièvement blessé à l’œil.

Enfin, on parle d'autres yeux sur le site Slate et c’est beaucoup plus poétique. 

Des larmes de caïmans pour soigner les yeux secs

C'est le projet d'une équipe de chercheurs brésiliens : étudier les larmes de caïmans, sous-famille de crocodiliens proches des alligators. Pourquoi les étudier ? Car elles ont des propriétés exceptionnelles, qui pourraient être utilisées à des fins médicales,

Le constat est le suivant, rapporte le New York Times : alors que les êtres humains clignent des yeux environ 15 fois par minute afin de répandre des larmes sur la cornée, les caïmans peuvent passer deux heures sans sourciller, et sans que leurs yeux ne se dessèchent. Les propriétés de leurs larmes pourraient, dès lors, résoudre des troubles ophtalmiques chez humains, par exemple soigner le phénomène des yeux secs, une pathologie extrêmement handicapante.

Problème : ce n'est pas simple de recueillir des larmes de caïman. C'est même très complexe et ça, ça ne se trouve pas en vente sur internet. 

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