La table du conseil des ministres... Nicolas Sarkozy y est le seul assis... les autres sont au coin, punis, nez au mur... un bonnet d'âne sur la tête et une étiquette dans le dos marquée "couac"... Le dessin est signé Delestre en une de L'EST REPUBLICAIN... et donne le ton ce matin... "Sarkozy menace de renvoyer les ministres indisciplinés"... c'est LE FIGARO qui explique en Une que "le chef de l'Etat a rappelé l'équipe gouvernementale à la solidarité"... "Sarkozy recadre ses ministres " résume LA MONTAGNE... La quasi totalité des éditoriaux de la presse quotidienne régionale est consacrée à ce thème ce matin... "ça fait cinq fois que je le dis, il n'y en aura pas une sixième"... c'est la phrase menace du président de la République devant les ministres hier matin... une phrase qui ressemble, note Patrick Fluckiger dans L'ALSACE, à celle "de Jean-Pierre Chevènement (un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne) ou encore à celle de Jacques Chirac à propos de son ministre de l'Economie, un certain Nicolas Sarkozy (je décide, il exécute)"... "Un an après, Sarkozy ne veut plus voir qu'une tête" commente Jean-Marcel Bouguereau dans LA REPUBLIQUE DES PYRENEES... Et il a raison, estime Paul-Henri du Limbert dans LE FIGARO... "Ce rappel à l'ordre était impératif... Quand à une maladresse succède une gaffe, quand à une gaffe succède un couac, quand à un couac succède une vraie fausse note, l'opinion est en droit de douter du bien fondé de la politique engagée... le défi des réformes impose un minimum de discipline dans le camp chargé de les mener"... Alors oui, il a peut-être raison, le président... mais il n'est pas tout blanc pour autant... dans L'EST REPUBLICAIN, Chantal Didier commente : "le malaise tient en partie à la fièvre réformatrice du pouvoir... élaborés dans la rapidité, les projets de changement se multiplient sans que leur contexte soit toujours pris en compte, d'où les voltefaces... Pour redonner de la lisibilité à son action, le président doit distinguer l'essentiel de l'accessoire..." Et ce rappel à l'ordre, c'est, selon Olivier Picard dans les DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE, "un réflexe de survie que lui dicte son instinct... parce qu'hier, le président de la République a redonné au conseil des ministres sa tonalité traditionnelle sous la 5ème République... bref, Nicolas Sarkozy s'est résigné à redevenir plus ordinaire"... Recadrer, nommer un conseiller en communication politique... la question est de savoir si ce sera suffisant... Pas sûr, estime Philippe Palat dans le MIDI LIBRE... "Cela pourrait avoir l'effet d'un cataplasme sur une jambe de bois, car le malaise est plus profond... entre l'Elysée et Matignon, le torchon brûle... on est loin des joggings médiatisés de l'an dernier... aujourd'hui chacun mène sa course contre l'autre"... Dominique Garraud dans LA CHARENTE LIBRE constate également que "le problème est plus profond qu'une simple question de mou dans la com... la cacophonie actuelle révèle surtout un grand désordre à la tête de l'Etat"... Alors sur ce désordre à la tête de l'Etat... vous lirez le dossier du NOUVEL OBSERVATEUR... "Fillon-Sarko : la guerre froide"... l'analyse du climat délétère qui règne entre le Premier ministre, populaire, et le président, qui lui reproche son manque de courage... Et puis, plus largement, autour de l'anniversaire de l'arrivée à l'Elysée de Nicolas Sarkozy... les dossiers spéciaux commencent à fleurir... "La vie quotidienne à l'Elysée"... c'est LE POINT qui s'y colle cette semaine, avec quelques sous-titres comme "Comment Sarkozy a changé"... "les chouchous du président"... "Les ratés et les succès"... Et puis sur la même idée... COURRIER INTERNATIONAL propose un spécial Sarkozy... "Un an de folie" titre l'hebdomadaire... qui annonce 48 pages de best-off et d'inédits... Les pépites de la presse étrangère concernant les premiers mois d'action du président français... Un président français qui aujourd'hui s'attaque à la réforme des hôpitaux... "Hôpitaux : le lifting" constate LA VOIX DU NORD... mais au-delà de ce titre neutre, le journal précise que cette réforme est annoncée pour l'automne... et que "la logique de regroupement suscite l'inquiétude des élus locaux, des usagers et des personnels qui y voient un recul du service public"... Une inquiétude palpable en une d'AUJOURD'HUI EN FRANCE/LE PARISIEN, pour qui il y a 235 HOPITAUX SUR LA SELLETTE... Dans le journal, la carte des établissements vulnérables... 18 en Ile-de-France, 217 en province... "Les députés sont sur le qui-vive" rapporte Rosalie Lucas, avec par exemple cet avertissement d'un élu UMP de l'Herault... "Si on chasse des villes moyennes, les hôpitaux, les casernes, on va aboutir à des zones urbaines ultra-densifiées et à des zones de vide sidéral"... Alors en fait, explique LES ECHOS, "Sarkozy veut concentrer les budgets sur les hôpitaux qui se regroupent"... du coup, le nombre d'hôpitaux pourrait être ramené d'un millier à 300... Le journal explique qu'à ce moment-là, hôpital voudra dire "communauté hospitalière de territoire"... des regroupements faits sur le modèle des communautés de communes où tout le monde ne s'occupe pas de tout... Pas d'accord du tout, L'HUMANITE... "NOTRE SANTE VAUT PLUS QUE LEURS ECONOMIES" clame le journal qui estime que "ce projet transforme l'hôpital en entreprise marchande"... et dans son éditorial, Patrick Apel-Muller voit cette réforme hospitalière s'inscrire dans "une cohérence contre la cohésion"... "Les pièces du puzzle s'emboitent parfaitement... Les suppressions de postes d'enseignants, de personnels hospitaliers, la suppression de la carte Famille nombreuse, le déremboursement des frais d'optiques, la remise en cause des retraites et des indemnités chômage, etc... tout cela est remarquablement cohérent... C'est la cohésion nationale qui est menacée" analyse donc l'éditorialiste de L'HUMANITE... Au contraire... Pour Hervé Chabaud dans L'UNION... "Il faut guérir l'hôpital"... et pour lui, eh bien il faut en finir avec "cette certitude culturelle selon laquelle toute dépense de santé est utile et nécessaire... "Quand parlera-t-on de l'inéquation entre l'offre et la demande de soins ? A quoi sert-il d'entretenir plus d'un millier d'établissements si la moitié est vulnérable en chirurgie et en obstétrique ?"... L'éditorialiste attend du chef de l'Etat qui'il réponde à l'exigence de qualité de soins sans créer de désert dans l'hexagone... Et puisque l'on parle santé... "un nouvel espoir contre le cancer"... c'est ce qu'affirme SUD OUEST ce matin... une première nationale à Bordeaux où 10 patientes vont tester un appareil tueur de tumeurs par ultrasons... une méthode jugée prometteuse et qui concerne en priorité les femmes victimes d'un cancer du sein... A lire également dans la presse ce matin... Différentes choses autour des prisons... LIBERATION s'intéresse au dossier de la prison pour les mineurs, et sur une photo de Rachida Dati, titre "La reine du barreau"... Le journal explique que "dénonçant une hausse de la délinquance des moins de 18 ans, la ministre de la Justice veut durcir les sanctions"... Dans ce dossier de LIBERATION, vous lirez des réactions de professionnels pour qui il faut avant tout, donner à la justice les moyens de mettre en oeuvre les mesures éducatives qu'elle prononce... Pour compléter sur ce sujet, vous lirez dans PARIS NORMANDIE, le reportage dans le centre éducatif fermé de Doudeville... le seul de France a accueillir des adolescentes... De jeunes délinquantes "cloitrées pour s'en sortir"... titre le quotidien... En Une également ce matin, "découpage électoral, ce qui se prépare"... LA CROIX rapporte qu'environ "70 départements sont concernés par le projet du gouvernement... un découpage qui sera une première depuis 1986"... "Le coup d'éclat de la CGT", c'est le grand titre des ECHOS qui souligne que la direction de la confédération approuve l'accord sur la réforme de la représentativité syndicale... dans son éditorial, Dominique Seux juge cette "signature révélatrice" d'une évolution des relations sociales dans le pays... Et puis pour finir, un projet de loi qui met les historiens en colère... c'est à lire dans LE MONDE... C'est un texte qui vise à limiter l'accès aux archives... LE MONDE explique qu'au départ, ce texte devait marquer une ouverture, permettre aux citoyens d'accéder avec plus de facilité aux sources de leur histoire... sauf que les sénateurs ont de nouveau fait des leurs... contre l'avis du gouvernement, ils ont fait passer de 60 à 75 ans, le délai de consultation de documents pouvant porter atteinte à la vie privée... C'est ce qui met les historiens en colère... Un exemple parlant : certaines archives sur la guerre d'Algérie ne seraient du coup pas disponibles avant 2037... Et puisque l'on parle des historiens... sachez que ce mois-ci, le magazine HISTOIRE a 30 ans...ce qui valait bien un numéro spécial retraçant 30 ans de débats, de révélations, de découvertes historiques... et ce constat du mensuel : "L'historien aujourd'hui est, plus que jamais, fils de son temps... un temps où l'on doute de tout et où l'on veut tout savoir"...

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