(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : la chasse aux volatiles.

L'expression est de Xavier Panon dans La Montagne

Chasse pêche et élection.

Dans Le Parisien-Aujourd’hui en France , Nicolas Sarkozy (invité du 7/9), le dessinateur Ramson vous représente une épuisette à la main, aux côtés de François Hollande.

Devant vous deux pêcheurs, autrement deux électeurs qui comptent s'abstenir dimanche prochain. Ils se retournent : « y'a des types bizarres qui nous suivent. »

Les indécis, les volatiles peuvent-ils changer l'élection ? A 5 jours du scrutin, dossier de Une dans Le Parisien , et 3 pages complètes d'analyse au total dans Le Figaro et Le Monde , nourries de chiffres, de déclarations de politologues et spécialistes des sondages.

Les chiffres clés, d’abord. Un électeur sur deux a changé d'intention de vote ces six derniers mois, un sur quatre est encore indécis, le choix se fera parfois au tout dernier moment dans l'isoloir.

Ils sont indécis parce qu'ils hésitent entre plusieurs candidats, mais aussi entre le vote et l'abstention.

Plus indécis que les autres : les femmes, les jeunes, les chômeurs, les électeurs de Bayrou, Joly et des petits candidats.

Alors Oui, 2012 réservera quelques surprises, selon Le Figaro .

On notera encore que les « changeurs » bougent à l'Intérieur des blocs, droite-gauche. Plus rares sont ceux qui passent d'un côté à l'autre.

Leur décision au premier tour aura forcément une influence sur le second. Et là toujours selon Le Figaro , toute la difficulté pour vous, Monsieur Sarkozy sera de séduire une majorité importante de deux électorats culturellement opposés, ceux de Marine Le Pen et de François Bayrou.

Qu'est ce qui les fait changer d'avis ? Hé bien, ce ne sont pas les projets, les propositions, ils sont sensibles à l'image des candidats. Les citoyens votent surtout par empathie ou antipathie confirme l'universitaire Philippe Braud dans le mensuel Books qui consacre sa Une à ce sujet : « Pourquoi voter ? »

Les élections ne se gagnent pas par des raisonnements, mais par un appel aux émotions des citoyens, émotions respectables ou détestables.

Philippe Braud rappelle le « moi ou le chaos » autour du général de Gaulle dans les années 60 ou encore le « Yes we can », de Barack Obama, il y a 4 ans.

Les projets ne changeraient pas grand chose... On en parle quand même : quels projets pour l'Europe ?

Est-ce qu'on y mettrait pas un peu de croissance dans cette Europe ? C'est vital comme en témoignage la multiplication des suicides de petits patrons en Italie : 23 depuis le début de l'année. Dernier signe en date dans la presse ce matin de la profondeur de la crise.

Et comment mettre de la croissance ? En ajoutant des dispositions au traité en cours de ratification, comme le propose François Hollande ? Ou en orientant différemment l'action de la BCE, la banque centrale européenne comme vous le proposez ?

« La Croissance, nouvel objectif européen », titre La Croix ce matin.

D'abord, l'Europe est-elle prête à avoir une politique de croissance ? La réponse est Oui. Et selon La Croix , l'Allemagne serait beaucoup moins bornée que ce qu'on imagine sur ce sujet.

La question s'est imposée en début d'année selon un économiste. Les premières évaluations des pays sous assistance financière ont montré qu'ils avaient appliqué les mesures demandées mais que cela provoquait chômage et récession.

Plus loin, La Croix précise, ce qui pourra surprendre, que Berlin n'est pas opposé à l'ajout d'une clause au pacte budgétaire, imposant des des objectifs de croissance. Notamment parce qu'Angela Merkel a besoin du soutien des sociaux démocrates pour faire ratifier le pacte par le Bundestag.

Ajouter une clause de croissance oui, mais pas question pour la chancelière de revenir sur la discipline budgétaire. L'équilibre est difficile à trouver….

D'où l'idée de jouer sur un autre levier, la banque centrale : et là à en croire Les Echos cette fois, c'est un grand « Nein » de l'Allemagne, qui ne veut pas qu'on touche à l'indépendance de la banque centrale et à sa mission de lutte contre l'inflation.

Pas touche à la BCE, Le Figaro ajoute un autre argument : le nouvel appel du pied lancé par la France risque de contribuer à un regain de nervosité sur les marchés financiers.

En tout cas des éditorialistes trouvent que vous avez changé de pied Nicolas Sarkozy sur cette question de la croissance en Europe.

Par exemple, Patrick Fluckiger dans L'Alsace

"Le président défendait bec et ongles le consensus franco-allemand sacralisant, à la demande de Berlin, l'indépendance de la BCE et sa mission. Dimanche, il a plus qu'infléchi cette position."

« Alors qui croire, demande Philippe Waucampt dans Le Républicain Lorrain : le président ou le candidat ? »

« En campagne électorale, conclut Jacques Guyon dans La Charente Libre , les plus grandes convictions sont souvent évolutives.»

A mettre au dossier de cette campagne électorale également, l'étude de l'institut Montaigne, d'obédience libérale, pour Les Echos . Pas d'accord sur le financement de votre programme, Nicolas Sarkozy. Les recettes et les économies sur les dépenses seraient surestimées d'environ 20%

Et puis quelques personnalités qui annoncent qu'elles voteront Hollande dimanche : Corinne Lepage sur Rue89 , Martin Hirsch dans Le Monde , enfin pour Le Parisien , le clan Chirac penche pour Hollande, à l'exception notable de Bernadette.

Le Parisien cite des conseillers du président, Hugues Renson, Laurent Glépin, Frédéric Salat-Baroux, ancien secrétaire général de l'Elysée et son épouse Claude Chirac, qui a déjeûne avec Valérie Trierweiller.

Quoi d'autre dans la presse ?

L'Europe mais côté foot. On retrouve quelques constantes. Il faut passer par L'Allemagne. « Voir Munich et revenir ». Titre de Une de l'Equipe avant la première demi-finale de la ligue des champions, Bayern Réal Madrid. La finale sera également à Munich.

Cela dit le pays phare dans l'Europe du football en ce moment, c'est l'Espagne. Et on retrouve une autre constante, la dette. C’est à lire dans La Croix . Oui le Real Madrid et le Barça sont des cadors. Mais des cadors à gros trous. La dette de chacun des deux clubs approche les 600 millions d'Euros. Dans un an et demi, dans l'Europe du football, entre en vigueur le fait-play financier. C'est un peu la règle d'or version Michel Platini, président de l'Union européenne du football : les clubs qui dépensent plus qu'ils ne gagnent risqueront d'être interdit de compétition.

Le foot dans la presse, c'est encore l'interview de Laurent Blanc dans Le Parisien : je ne sais pas ce que je ferai la saison prochaine.

Et puis en ce moment, on revient toujours à la politique. Slate.fr a composé l'équipe de la présidentielle. Vous êtes donc 10 sur le terrain. Pour compléter, slate a mis d'office Jean-Louis Debré, le président du conseil constitutionnel dans les buts.

Et c'est comme dans France Football après les matches. Chaque joueur est noté. Voici votre notice, Nicolas Sarkozy. 5 et demi sur 10. Et ce commentaire, après propos de votre match de campagne.

« Il a tardé à rentrer dans la partie. Mais une fois «dedans», il s’est montré extrêmement agressif, frôlant le carton jaune à plusieurs reprises. Beaucoup d’engagement, du tempérament, mais souvent systématique en abusant des centres trop à droite. Il a énormément décalé Le Pen quitte à la mettre hors-jeu.

Ses trajectoires de ballon ont dérouté certains de ses partenaires. Brouillon en général. Gagnerait à temporiser, à se recentrer à l’occasion, à jouer moins perso. Mais très bon dans les duels. Son obsession du but à tout prix fait de lui un redoutable renard des surfaces jusqu’à la dernière minute. »

A demain !

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