(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : l'heure de (semi) vérité (Bruno Duvic) A la sortie du conseil des ministres, François Hollande s'avance, face caméra, sur le perron de l'Elysée. Il est entouré de Manuel Valls et quatre ministres. Il serre la main du Premier, il ne dit rien. Mais son attitude suggère un ''Et surtout bon courage''. Puis le chef de l'Etat rentre dans ses appartements et laisse Manuel Valls accompagné de ses quatre acolytes, les quatre qui porteront les mesures d'économie, se réfugier dans la salle de presse.

Voilà la première partie de l'histoire, racontée dans Libération . La suite est dans Le Figaro . Nous sommes dans la salle de presse. Manuel Valls en majesté au pupitre. Quatre ministres muets plantés comme des piquets pour l'encadrer. Bras croisés, bras derrière le dos, bras ballants, même après l'intervention de leurs chefs, les quatre ministres décoratifs semblent toujours s'interroger sur le pourquoi de leur présence.

Délices et enfer de Matignon. C'est donc dans cette mise en scène que Manuel Valls a donné plus de détail hier sur les 50 milliards d'économies. Les fonctionnaires à la diète jusuqu'à la fin du quinquennat. Poursuite du gel du point d'indice. Et les retraites et les prestations sociales sont gelées jusqu'en octobre de l'année prochaine.

C'est dans L'Humanité et sur Mediapart que l'on trouve les critiques les plus dures.

A la Une de L'Huma : "Valls, un gouvernement de combat, contre la justice sociale (...) Empruntant à la droite la plus libérale le cliché de la France qui ne peut plus vivre au-dessus de ses moyens, il a pilonné les piliers du modèle démocratique et social français."

"Un plan d'austérité injuste, dangereux et illégitime" pour Laurent Mauduit sur Mediapart . "Il vise en somme à faire financer par les salariés modestes, les fonctionnaires et les retraités les cadeaux de plus de 36 milliards d'Euros en faveur des entreprises."

La gauche de la gauche en pétard. Pas de surprise. La droite critique, pas étonnant. L'angle d'attaque : ce sont les faux semblant : "Austérité 1/Réformes 0" titre L'Opinion . Et encore, "mini cure de rigueur" pour Le Figaro . "Les réformes de structure tant attendues font clairement défaut" pour Marie Visot. Et dans l'éditorial, Gaëtan de Capèle dénonce le flou de ce qui a été présenté hier. "Les économies de l'Etat ? Mystère. Celles des collectivités locales ? Mystère."

Et Libération n'est pas loin d'être d'accord

« La facture présentée hier est chargée de zones d'ombres et de non dits, pour Eric Decouty, élaborée selon la technique du rabot. On rogne ici et là quelques milliards plutôt que de mener une réforme de structure, un travail en profondeur. Imprécise et douloureuse, la note risque finalement de mécontenter tout le monde. Sans même être sûr que le rabot suffise à dégager les 50 milliards attendus d'ici trois ans. »

Ce matin, on entend aussi râler les lecteurs du Parisien-Aujourd'hui en France . Du côté des fonctionnaires, "Ecœuré, le mot est faible" dit Sébastien, douanier. ‘’C'est de l'acharnement’’, pour Didier, retraité. ‘’C'est toujours la classe moyenne qui paie’’ pour Dorothée, mère de famille.

S'il veut trouver un peu de soutien, le Premier Ministre s'en remettra à La Croix , Dominique Quinio, sur le thème "Quand il faut il faut" : « Chaque citoyen, chaque catégorie sociale, chaque groupe de pression, doit en toute responsabilité s'interroger sur la part d'effort qu'il est prêt à consentir pour sortir le pays de son marasme et éclaircir l'avenir des jeunes générations.»

Voilà pour l'aspect économique. Commentaires politiques aussi dans la presse

On en revient à la mise en scène que j'évoquais tout à l'heure... Deux interprétations : Valls prend le pouvoir ou Hollande lui refile le mistigri.

C'est en tout cas « le Premier Ministre qui a endossé la responsabilité de l'annonce, constate Raymond Couraud dans L'Alsace . Normal, il a été nommé pour faire le sale boulot. Ce qui l'est moins, c'est la discrétion du chef de l'Etat. Il donne l'impression de se cacher derrière Manuel Valls. »

Valls seul pour affronter la colère des rebelles de la majorité : « Il prend un risque considérable pour Michel Urvoy dans Ouest France . Pas assuré de disposer des troupes parlementaires pour gagner la bataille du redressement. Il ne peut compter que sur lui. »

Quoi d'autre dans la presse ?

Ca s'est passé près de chez vous. Paris, mardi, XIIème arrondissement. Un homme entend des pleurs de bébé à la porte de son appartement. Il finit par ouvrir, le bébé de 5 mois est sur le pallier, bien habillé, tout propre tout mignon. Coup d'œil alentour. Il trouve un petit bonnet dans le couloir, une chaussette près de l'ascenseur, un manteau de femme dans la cage d'escalier. Et au dernier étage, il y a la maman, ivre morte. Ce sont les policiers qui la trouveront. Pas d'attache particulière avec l'immeuble, elle aurait oublié le bébé lors de son errance alcoolisée. C'est à lire dans les pages Paris du Parisien .

Ca s'est passé loin de chez vous, Le Nouvel Observateur revient sur l'arrestation de l'ennemi numéro 1 des Etats Unis, depuis la mort de Ben Laden, le narcotrafiquant mexicain, el Chapo. L'étau se resserrait depuis un peu moins d'un an. Il y a quelques mois, el Chapo avait échappé à la police grâce à un mécanisme dans sa salle de bain. Un bouton soulève la baignoire et ouvre sur un escalier et un tunnel. Il a été arrêté dans une station balnéaire. Il aspirait à embrasser sa femme et ses enfants. Surpris le 22 février, au lit, la main sur son arme. Il n'a pas tiré.

Quand Libération ouvre ses colonnes aux Blacks Block, ces activistes qui revendiquent l'usage de la violence et ont été mis en cause notamment lors de la dernière manif anti Notre-Dame des Landes. Tribune dans le quotidien. « La destruction est toujours double. Ecarter un obstacle et faire de la place. Dans la destruction, celle qui nous intéresse, il y a toujours quelque chose en train de naître. »

Le diner de retrouvailles Pasqua/Chirac, en froid depuis que le premier a soutenu Balladur à la présidentielle 95. Les deux anciens compères de la droite ne se voyaient plus depuis une dizaine d'années. Diner à Paris, avec épouses, au début du mois, selon Le Point .

Et puis Sempé...

Sempé dans L'Equipe . Le quotidien sportif accueille le petit Nicolas et son papa à l'occasion de la sortie du livre Le Petit Nicolas fait du sport . Sempé fan de sport. Du haut de ses 81 ans devant Fabrice Jouhaud et Olivier Margot, il évoque à la fois Johan Cruyff et Zlatan Ibrahimovic, Renaud Lavillenie et Jules Ladoumègue.

Comme beaucoup de fans de sport, le virus remonte à l'enfance et notamment à cette collection du Miroir des sports des années 30, dénichée dans un grenier sous l'Occupation. C'était une façon de retrouver la France vivante.

Souvenir d'une photo d'André Leducq, double vainqueur du tour de France en train de déguster une cuisse de poulet sur son vélo, tout en continuant à rouler sans tenir le guidon. « Premièrement, dit Sempé, à cette époque, on n’avait pas souvent l'occasion de bouffer une cuisse de poulet. Deuxièmement, j'étais ébloui par un type qui pouvait lâcher son guidon. »

Pourquoi le petit Nicolas dans L'Equipe ? Réponse de Fabrice Jouhaud dans l'édito. Parce que dans le monde enfantin, imaginaire et quotidien du Petit Nicolas, sur un vélo « on peut ramener le pain et le maillot jaune en même temps. »

A demain !

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