8H30 l’heure de la revue de presse, bonjour hélène jouan

Sommet européen aujourd’hui et demain à Bruxelles, avec de nouveau à l’ordre du jour la question des réfugiés qui continuent d’affluer

L’hiver en effet ne dissuade pas les candidats à l’exil nous dit la Croix, 3500 réfugiés continuent de débarquer chaque jour en Grèce…un périple toujours aussi dangereux : pour la seule journée d’hier, les corps de 3 personnes dont 2 enfants irakiens ont été repêchés au large des côtes turques.

Mais après l’exode, l’attente. Dans Télérama, récit douloureux de Sari, jeune syrien de 27 ans, arrivé en octobre dernier à Mannheim en Allemagne. Sari, qui n’a gardé de sa vie d’avant que quelques effets, à peine de quoi remplir une étagère, tue le temps dans ce camp de migrants, le temps d’obtenir son statut de réfugié. Un camp qui est paradis en comparaison de la jungle de Calais, mais un paradis gris, mortellement ennuyeux. « On ne peut rien dire, murmure t-il, vous nous donnez déjà l’asile et nous vous remercions pour ça »…Sari qui vit avec ses souvenirs, sa vie à Deir ez Zor, le printemps arabe, la répression, l’arrivée des hommes de Daech, sa décision de fuir après avoir résisté. Sa traversée sur un petit canot, son périple sur les routes d’europe, la peur des policiers, les pleurs de cette mère qui a perdu son enfant à la frontière autrichienne. Depuis ces 5 jours de course folle, le temps et l’espace se sont figés raconte Nicolas Delesalle.. « Sari vit en lui-même. Il fuit les autres réfugiés et écoute tomber les feuilles de son premier automne. Et se répète comme un mantra pour tenir le coup « ce n’est que le début, ce n’est que le début »

Sari qui comme des milliers d’autres fuient la Syrie…photos choc dans la presse Hélène, pour montrer la réalité du régime de Bachar El Assad

Une seule, publiée dans le Monde, édition datée d’aujourd’hui, une seule sur les 53 000 photos divulguées par César, ancien photographe légiste de la police militaire syrienne, une seule pour montrer que ces images existent et qu’on ne peut pas évacuer leur existence s’explique le journal, à l’heure où l’on s’apprête à ne plus considérer le départ du dictateur syrien comme une priorité.

Derrière chacune de ces photos, le terrible bilan d’abord du régime de Bachar el Assad, mais aussi et surtout desvies . Amad, 14 ans, seul mineur pour l’instant identifié par Human Rights Watch. « C’était juste un enfant » sanglote son oncle qui l’a reconnu. Un enfant aux bras couverts d’hématomes, visage bleui, lèvres boursouflées. Un enfant arrêté par des policiers du service de renseignement de l’armée de l’air syrien, assassiné pour avoir téléchargé dans son téléphone une chanson satirique sur Bachar. Des photos, et des vies donc sur chacune d’elles, des photos surtout pour dénoncer ce que le régime cherche à cacher, des photos de dévoilement et non de propagande. C’est sans doute cette subtilité qui a échappé à Marine le Pen quand elle tweete hier, au motif d’un bien futile règlement de compte avec un journaliste, ces photos jamais publiées jusque là des exactions de Daech, notamment celle de James Foley, journaliste américain décapité par des hommes de l’Etat islamique… « nous sommes profondément choqués » se sont émus ses parents, témoignage à lire dans the Guardian…http://www.theguardian.com/world/2015/dec/17/james-foleys-parents-disturbed-by-marine-le-pen-tweeting-isis-beheading-photo »Faute morale, offense aux victimes » assène Aujourd’hui en France/le Parisien…

Encore une photo Hélène, cette fois autour de la fameuse « recomposition de la vie politique » post-régionales

Photo attendue en tout cas à Neuville Saint Vaast, dans le Pas de calais, et l’Histoire retiendra peut être que la fraternisation de la droite et de la gauche a commencé là, avec sur le cliché, François Hollande et Xavier Bertrand, ce nouveau président de région élu grâce au front républicain dimanche. Alors, je ne vous le cache pas, La Voix du Nord est plus intéressée ce matin par la nouvelle élection de Miss France qui aura lieu à Lille samedi pour trouver celle qui succèdera à Camille, une enfant du pays, 8 pages dans le quotidien nordiste ! http://www.lavoixdunord.fr/?_ga=1.19098750.730957705.1429089421Mais le journal nous montre tout de même ce monument érigé en mémoire de ces soldats ennemis qui, le jour de Noel 1914 ont décidé de poser le fusil, échanger du tabac et un peu d’alcool, jouer au foot et aux cartes. Le président François Hollande n’a opportunément annoncé sa venue qu’hier seulement, pour baptiser ce symbole de la fraternisation.

Une éventuelle fraternisation droite/gauche en tout analysée très différemment ce matin, par le Parisien qui titre un offensif : « le plan Valls/hollande pour dynamiter la droite », quand le Figaro choisit « Hollande et Valls cherchent leur salut à droite »

En attendant la presse continue d’ausculter ce pays, ces territoires qui voient en Marine le Pen la planche de salut…et je voudrais juste vous signaler un écho saisissant ce matin, entre 2 pays, 2 populations qui disent avec les mêmes mots leur incroyance dans les politiques d’aujourd’hui. Reportage de Florence Aubenas du Monde en Thiérache, au Nord de l’Aisne, des villages où Marine le Pen est arrivée en tête dimanche dernier…http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2015/12/16/en-thierache-on-a-vote-uniquement-en-fonction-de-marine-le-pen-pour-ou-contre_4833146_823448.htmldes jeunes tournent en rond avec leur mobylette sans savoir où aller, des jeunes qui disent « le combat gauche droite, c’était celui de nos parents », des jeunes qui affirment « on cherche la vérité mais tout le monde nous ment », Marine le pen, pour ou contre, c’est leur seul horizon politique, « on va faire notre révolution » affirment ils. « Il y a quelque chose du dénuement brutal des romans de Steinbeck raconte Florence Aubenas, sur fond de briques rouges et de bocage ». Echo donc avec un autre reportage à lire dans Libération

pour illustrer la popularité de Donald Trump, « l’autre le pen » titre Libération. Plongée dans l’Oklahoma, terre conservatrice s’il en est, mais où l’on retrouve le même dénuement, le même sentiment d’abandon de l’état, avec 50 kilomètres à faire pour trouver un médecin, un supermarché ou un shérif. Et les mêmes mots donc : « Washington, c’est un gros système de copains » disent ils, ils soupçonnent même Barack Obama de préparer sa dictature avec l’état islamique, alors oui Trump, disent ils, parce que ça détruirait leur pouvoir à tous ». ici, ailleurs, mêmes causes, et semble t il, mêmes effets

Dans la presse ce matin Hélène, premier témoignage de l’ex urgentiste bayonnais Nicolas Bonnemaison

Condamné en octobre dernier à 2 ans de prison avec sursis pour avoir donné la mort à une patiente en fin de vie, Nicolas Bonnemaison s’exprime pour la première fois depuis sa tentative de suicide. « j’ai été condamné pour assassinat. Suis-je un petit, un moyen, un grand assassin ? se demande t il dans un entretien à Sud Ouest. Je ne peux pas supporter ce mot, je ne suis pas un assassin ». Nicolas Bonnemaison qui accuse « ce que j’ai pratiqué, dit il, je l’ai vu faire dans tous les services, y compris dans celui où exerçait un des membres du conseil de l’ordre des médecins qui a prononcé ma radiation »

A Air France, pourquoi pas un référendum ? c’est la piste envisagée par le pdg Alexandre de Juniac nous révèle le Figaro Eco. Le dialogue social est au point mort depuis que 2 syndicats ont claqué la porte la semaine dernière. Pourquoi faire plus d’efforts quand l’entreprise connait de bonnes performances disent ils, quand le direction campe sur ses 1000 suppressions d’emplois pour améliorer sa compétitivité. Un référendum pourrait faire basculer le rapport de force en faveur de la direction, ou à l’inverse, en cas d’échec, renforcer les syndicats note un expert en droit social

On termine par de la lecture…

Pour vous Christine ANgot…le Figaro littéraire a demandé aux lauréats des grands prix littéraires de cet automne, un beau livre à offrir à Noel…delphine de Vigan Prix renaudot 2015 a choisi Paris Paradis de nicolas Guilbert, journal photographique à travers 300 photos de la capitale. « J’avais envie dit Delphine de Vigan de retrouver Paris, son âme. Paris Paradis est une « Douce échappée à l’heure où les fleurs déposées en hommage aux victimes des attentats jonchent encore des trottoirs que la pluie ne lavera jamais tout à fait »…

Des livres pour nous soulager des maux du présent

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.