Ségolène Royal propose dans le Parisien la "révolution participative". Le premier ministre hongrois veut transformer son pays en confiant l'éducation des enfants aux églises, la Croix; mais on manifeste contre sa loi "esclavagiste" sur les heures supplémentaires, l'Humanité. La chapelle expiatoire dans le Figaro.

On parle d'un artisan qui ferme boutique...   

Que j'ai rencontré dans le Courrier Picard, il s'appelle Elie Decaix, belle gueule à barbe blanche taillée court, il est couvreur à Saint Just en Chaussée dans l'Oise, comme avant lui son père et son grand-père et avant encore, on est chez les Decaix couvreurs depuis 1875 mais le 31 décembre, fini! Elie arrête à 51 ans après 36 ans à trimer, ses carnets de commandes étaient pleins jusqu'en septembre prochain, mais parce qu'il n'arrive pas à embaucher, « J’ai fait tous les Pôles-emploi du secteur. Les lycées. Les CFA. Je ne trouve personne… "... Simplement un monsieur de 57 ans qui avait besoin de trois mois de boulot pour avoir droit aux allocations chomage.  Et Elie ne pouvait pas continuer tout seul à monter sur les toits, il arrête...  

Et ce qui arrive à Elie percute étrangement la proclamation d'Edouard Philippe à la une des Echos, "il faut que le travail paye" sans doute, mais Elie ne va plus travailler, "la crise passe, les problèmes demeurent", comme titre le Figaro.  

Dans les Echos, Edouard Philippe ne parle pas des artisans, il veut, le premier ministre ramener cette crise dans son vocabulaire et sa rationalité, il parle à un journal et à son lectorat qui doivent lui ressembler,  et ce n'est pas l'insurrection des ronds-points qu'il affronte mais les doutes sur la solidité du pouvoir qui a tant cédé. "Comment vont-ils trouver 10 milliards" se demande le Dauphiné,  quand dans Le Monde, Stéphane Lauer découpe au scalpel du chroniqueur économique la sortie de crise du Président: "les treize minutes" de son discours lundi dernier "étaient le prime time le plus cher de l’histoire de la télévision : environ 1 milliard d’euros les soixante secondes."  Et ces milliards s'ajoutent à ce que le pays endetté doit aux marchés: 42 milliards d’euros, en 2018 au remboursement de la dette douze fois le manque à gagner pour l’Etat à la suite de la suppression partielle de l’ISF."  

Dans les Echos, Edouard Philippe concède 1.5 milliards d'économies a trouver, mais il défend autre chose, regard profond et doigt en avant, il dit surtout au journal  son "je les ai compris". "Les français veulent que nous allions plus vite sur le pouvoir d'achat et que nous les associions davantage à sa décision."  Associés? Le référendum d'initiative citoyenne fait la une du Parisien, "le défi démocratique", c'était (note du vieux journaliste)  il y a plus de quarante ans le titre d'un livre de Georges Marchais.  Le défi est soutenu par une interview de Ségolène royal qui goûte le plaisir d'avoir dit il y a onze ans que le système politique devait se régénérer. "Osons la révolution participative"! Mais la démocratie n'est pas gratuite. L'Humanité insiste sur les causes partagées de la CGT et des gilets jaunes qui seraient "l'expression même" de la lutte de classes.  Dans le Courrier picard, je lis qu'un syndicaliste de Whirlpool, entreprise symbole, était sur un barrage de gilets jaunes à Glisy près d'Amiens. "En quatre semaines, dit il ils ont obtenu plus que nous, syndicalistes, depuis des années".    

On manifeste aussi en Hongrie...   

Contre une loi « ESCLAVAGISTE », le mot se retrouve dans le Temps ou dans l'Humanité, il vient des slogans des défilés contre la réforme du droit du travail qui autorise les employeurs à imposer 400 heures supplémentaires chaque année, pour que les usines des géants allemands de l'automobile puissent tourner en dépit d'une pénurie de main d'oeuvre...   Et ces manifestations disent aussi les limites d'une politique nationaliste et identitaire On lit dans la Croix comment le gouvernement Orban, a entrepris  de remodeler la jeunesse de son pays, en transférant aux églises le soin d'éduquer les enfants, en poussant donc l'enseignement confessionnel pour retrouver "l'état naturel de la Hongrie"! Mais cette construction inquiète l'Eglise catholique, "le gouvernement croit que les églises sont capables de résoudre toutes les questions brûlantes de la société hongroise, j'ai un peu honte de l'avouer, me dit que nous n'en sommes pas capables", dit joliment un évêque qui voudrait tempérer Victor Orban, ce chrétien néophyte et donc radical, dont le fils Gaspard, footballeur raté,  joue les pasteurs évangéliques  et les guérisseurs amateurs... Papa doit faire face à une révolte sociale, un jour, la normalité revient.    

D'une église à l'autre, le Figaro nous en raconte une, fascinante, au coeur de Paris,  la Chapelle expiatoire construite sur un ancien cimetière où avaient été enterrés Louis XVI et Marie-Antoinette...  Leur restes brûlés à la chaux ont été exhumés et transférés à Saint-Denis sous Louis XVIII, mais sous la chapelle demeurent  des ossements par centaines, les restes pieusement conservés de victimes de la révolution, c'est une caméra médicale qui a été utilisée pour se glisser entre les pierres  et découvrir un reliquaire caché, ce qui reste de Mme du Barry de Philippe Egalité, ou de la féministe Olympe de Gouges... Leur repos témoigne de cette révolution dont nous parlons tant...    

Et les handballeuses françaises triomphent à la une de l'équipe...  

Qui de mémoire de lecteur n'a jamais accordé autant de place et d'honneur au sport féminin! Dix pages de l'Equipe qui étalonnent une performance, qui aurait ravie Olympe de Gouges, qui écrivit une "déclaration des droits de la femme" ...

Il y a ce matin, dans nos journaux, un autre sport, et d'autres courages, de garçons ici, qui ont recommencé à jouer après la mort de l'un d'eux, Nicolas Chauvin... Le rugby a repris ce week-end. Dans la Dépêche, l'entraîneur des jeunes avants du SU Agen, Alain Garcia, dit son mea culpa: ses joueurs ne pratiqueront plus le placage à deux, cette stratégie de défense où un défenseur plaque l'adversaire aux jambes, quand un autre attaque le haut de son corps... Ce n'était plus possible "après la mort du petit parisien"...

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