On commence par la mise en examen hier de Nicolas Sarkozy

Si la presse ce matin prononce avec précaution l’oraison funèbre du candidat putatif Nicolas Sarkozy..Aujourd’hui en France/le Parisien met un point d’interrogation à son titre de Une, « le coup d’arrêt ? », Laurent Joffrin dans Libération prend soin de rappeler que s’il y a soupçon, « la mise en examen ne signifie pas culpabilité » , et le site Slate.fr précise qu’il s’agit d’une mise en examen a minima, puisque les juges n’ont retenu que « le financement illégal de la campagne »…ce sont en réalité les larmes de crocodiles versées par ses propres amis, qui portent ce matin, le coup le plus sévère à Nicolas Sarkozy.

Le Parisien multiplie les citations anonymes de ses fidèles, « il est mort » soufflait hier soir l’un d’eux. « c’était déjà complexe ajoute un sarkozyste, là ça commence à tourner vinaigre. Jean François Copé va le ruiner »…Jean-François Copé, qui dimanche soir justifiait sa candidature en ces termes « jamais je n’aurais imaginé être candidat si j’étais mis en examen »…Autre vacherie, prononcée lors du conseil national des Républicains, qui en dit long sur les règlements de compte en cours, rappelée par Mediapart : « souvenez-vous, ce sont toujours les gentils qui gagnent à la fin ».

Pour dire la jubilation, rentrée de ses amis et adversaires, un dessin, celui d’Hervé Baudry à retrouver sur la page de cette revue de presse, sur Franceinter.fr, on y voit Alain Juppé twitter son vrai message de soutien envoyé hier « je souhaite pour nous tous que nicolas sarkozy fasse valoir son bon droit. Amitiés dans les moments difficiles » le mot « innocence » n’est pas prononcé ; dans son dos, son nouveau soutien Jean Pierre Raffarin, et Juppé qui lâche « et pas de raffarinade, je me concentre »… on y mesure la sincérité du soutien.

Au-delà des plans sur la comète tirés par les uns et les autres après ce nouveau coup dur pour Nicolas Sarkozy, je dois dire qu’on se perd un peu dans la presse, sur les sommes faramineuses mises à jour par l’enquête dans l’affaire des fausses factures et prestations fictives de Bygmalion : Le Parisien parle de 18 millions de dépassement, Libération carrément de 26 et demie..

Un autre homme politique est à la Une ce matin, Manuel Valls

« Pourquoi il s’énerve » tente d’expliquer L’Express ce matin, dossier de Une consacré au premier ministre qui a multiplié ces dernières semaines, les incidents de séance à l’assemblée, les recadrages sévères vis-à-vis de sa majorité et même de ses ministres, Ségolène Royal confie avoir été obligée de le remettre à sa place car il lui avait parlé « comme à une simple secrétaire d’état » s’offusque t elle…on retiendra comme facteur d’explications : son impuissance à peser dans la composition du nouveau gouvernement, sa rivalité avec emmanuel Macron qui parait il tourne à « l’affaire de mecs », la tension de « l’enfer de matignon, plus tous les bordels » dirait Valls, à savoir la situation particulière de la France aujourd’hui sous la menace terroriste, et enfin…autre facteur irritant pointé par le journal : son régime sans gluten, il parait que ça le rend dépressif

Laurence Rossignol elle, contre attaque. La ministre de la famille et de l’enfance a récupéré la semaine dernière, le portefeuille des droits des femmes, suscitant l’ire des féministes qui estimaient que la triplette « famille-enfants-femmes » était inconvenante. Et bien celle qui se dit féministe depuis l’âge de 17 ans, défend ce regroupement dans un entretien à Libération. « c’est bien dans la famille que se noue une grande partie des inégalités » souligne t elle. Et dans la jonction, vie de famille et travail. On a toutes les lois pour affirmer l’égalité hommes-femmes, et pourtant les choses vont lentement, parce que dans la famille les évolutions sont modestes. Alors, pas question dit elle de faire une loi pour répartir les tâches ménagères dans le couple, mais c’est bien en luttant contre tous les stéréotypes qu’on fera bouger les choses. Il faut déculpabiliser les femmes dit il, la culpabilité des femmes, c’est le compte épargne de toute la société, tout le monde puise dedans, c’est une mine d’or. La bataille féministe est aussi une bataille culturelle »

Le projet de loi sur la réforme du travail sera présenté le 9 mars prochain en conseil des ministres…des précisions dans la presse ce matin

« On ne touche pas aux 35H » avait martelé François Hollande, Le parisien qui s’est procuré le texte concocté par la ministre du travail Myriam El Komhri tend à prouver le contraire : en donnant la main aux entreprises plutôt qu’aux branches, le gouvernement ferait en réalité sauter un maximum de verrous : la durée moyenne de travail pourrait passé de 44 à 46 heures, et même 60 en cas de circonstances exceptionnelles, coup de canif également sur le forfait jour des cadres, qui prévoyait jusque là 11h de repos consécutif, fini. Enfin, afin de sauvegarder ou de conquérir des emplois, l’entreprise pourrait désormais moduler temps de travail et salaires de ses employés.

Le journal l’Opinion souligne lui, que le ministre de l’économie reste à la manœuvre pour continuer de peser sur les arbitrages de cette loi travail, notamment en rendant le plus simple possible le licenciement économique…Emmanuel Macron aurait réuni dans le plus grand secret des spécialistes du droit du travail pour border ses propositions. Sur ce dossier pour l’instant, rien n’est tranché. Mais s’il perd cette manche, quelle sera la réaction de Macron se demande l’Opinion ? Partira, partira pas ?

En tout cas, dans sa bataille, il a sans nul doute le soutien de l’Afep, les grandes entreprises privées, qui ce matin dans les Echos monte au créneau pour défendre le licenciement « facile », une simple réorganisation de l’entreprise serait un motif suffisant pour se séparer de ses salariés défend son président. L’afep qui n’y va pas avec le dos de la petite cuillère pour faire passer ses messages au Medef à quelques jours des négociations sur l’assurance chômage. Dégressivité forte des allocations chômage, six mois seulement à taux plein, et 18 au total, renforcement des contrôles des chômeurs…Y a plus qu’à faire accepter ça aux syndicats!

On termine Hélène par du cinéma…Rebecca Manzoni dans son Pop and Co nous parlait de la bande originale d’Ave Cesar, le dernier film des frères Coen, le Figaro a rencontré son acteur principal

Et franchement, c’est pas un boulot d’être critique ciné quand vous rencontrez George Clooney ! Étienne Sorin raconte avec beaucoup d’auto dérision comment il a vainement essayé de le faire parler de son film, des frères Coen, de son rôle en jupette : en vain, il n’y a que la politique qui intéresse Clooney. Clooney qui raconte son rendez-vous avec Angela Merkel, bravo pour l’aide qu’elle apporte aux réfugiés, quand « mon propre pays n’accueille que 10 000 réfugiés, c’est une honte » s’exclame-t-il, Clooney qui réaffirme son soutien à Hillary Clinton mais qui se dit « content que Bernie Sanders soit candidat ». Et quand le journaliste croit voir la brèche « Il ne semble pas avoir entendu parler de la déchéance de nationalité, on se lance sur Ave César écrit-il ». Encore raté, Georges Clooney en profite pour faire le parallèle entre la période du maccarthysme et aujourd’hui, et la peur entretenue par certains, « Depuis 2001, cinquante américains ont été tués par des terroristes islamistes, moins que la foudre. J’ai du mal à entendre que nous devons vivre dans la peur en permanence »

Conclusion épuisée du journaliste : « Vivement la semaine prochaine et la sortie de The Revenant. On parlera écologie et dérèglement climatique avec Leonardo di Caprio »

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.