La Vie raconte Maud, 15 ans, droguée, trafiquante, prostituée, venue d'une famille qui se croyait à l'abri. Fruits, légumes, pas plus d'un steak par semaine, le régime universel prôné pour sauver la planète et l'humanité, dans le Monde. Deneuve vent ses robes Yves Saint Laurent et célèbre son culte dans le Figaro.

Un licenciement dans un hôtel japonais...  

Et c'est la meilleure nouvelle du monde, dans Libération parce que les licenciés sont des robots, qui ne sont pas encore prêts à prendre notre place. Nous sommes à Sasebo, au sud du japon où s' était ouvert en 2015 un hôtel baptisé Henn Na, bizarre, pratiquement entièrement géré par des robots, une manière de répondre au manque de main d'œuvre et au déficit démographique du Japon. Et c'étaient alors une humanoïde souriante et un velociraptor courtois à la réception une tulipe intelligente qui allumait la lumière dans la chambre et vous réveillait le matin si vous le lui demandiez poliment... Oui mais hélas, à l'usage, les robots sont nuls. Ils tombent en panne, ils ne savent pas faire les lits, taches réservées aux rares humains de l'hôtel, mais plus encore les robots sont bêtes, et les clients se sont plaints des concierges incapables de répondre à la moindre question, et des robots porteurs infichus d'aller à votre chambre, parce que le dénivelé du couloir est trop dur pour leurs roulettes, et  cette idiote de Chuuri-chan, la tulipe en chambre qui répète de sa voix nasillarde «Désolé, je n’ai pas compris» et qui se déclenche quand on ronfle...  C'est donc fini, à la trappe les robots...  

Et cette fable vraie de Libération vient à point pour le moral de l'espèce humaine qui redoute son obsolescence.. "Nous nous délectons des ratés de l'intelligence artificielle", lis-je dans Books, revue épatante, qui regarde l'actualité à travers la littérature, et justement, les plus audacieux de nos auteurs de science-fiction n'ont jamais osé imaginer la défaite ultime de sapiens face aux robots intelligents et l'extinction de l'humanité, mais hélas, les scenarii de notre victoire ne sont pas crédibles....  Mais nous savons aussi faire les lits au carré...  

En attendant, c'est dans Télérama, la technologie traque l'essence de notre humanité, la voix humaine, que  la machine vient imiter.   

En attendant, c'est dans le Figaro, Moscou,  chez Monsieur Poutine devient la vitrine de la reconnaissance faciale, et ce n'est pas l'intelligence artificielle qui inquiète mais le bonbonne qui la contrôle.   

Dans l'Usine Nouvelle vous verrez des visages souriants et qui nous rassurent. Ce sont les 100 français aux commandes de notre cybersécurité et c'est aussi bien guillaume Poupard, patron de l'ANSSI que le général Bonnet de Paillerets, chef de nos cybercombattants, que des chercheurs, ingénieurs, influenceurs, une véritable élite à l'abri de laquelle nous pouvons vivre...   

L'enfer d'une adolescente dans la Vie.

Et loin des robots, c'est une histoire dit l'inhumanité des hommes. 

Il est dans les journaux suffisamment d'exemples de nos sottises collectives, le Brexit aux unes du Figaro de l'Opinion de Libération et du Télégramme, le Krach financier que nous préparons assidûment en nos banques, dit l'Obs, ces employés d'un centre d'appel qui deviennent sourds, dans la Marseillaise, ou dans la Croix ces religieuses violées par des prêtres.  

Mais rien ne tient quand on lit dans la Vie l'histoire de Maud, quinze ans, qui au milieu d'une nuit de décembre se réveille sur un banc dans un square et appelle son père Christophe, « Sauve-moi. Viens me chercher, papa ! »  Et Maud depuis ses quatorze ans est tombée dans un réseau de trafiquants, qui ont fait d'elle une droguée, une trafiquante de cocaïne et une prostituée, qui pose sur internet vêtue des sous-vêtements de sa mère, et vaut 2500 euros la nuit...   Et ce n'est pas le premier article sur la prostitution des adolescents, mais celui-ci se déroule dans une famille bourgeoise qui se croyait à l'abri du mal, une grande maison, une scolarité dans le privé catholique, des parties de Monopoly et des voyages en Amérique, et pourtant, Maud s'est fait attraper, sur Snapchat, par de ces lover boys qui cherchent les adolescentes en mal d'affection, et depuis ses parents se battent pour leur fille qui ment ou fugue, et dont ils vérifient, par la géolocalisation de son téléphone, qu'elle est encore en vie, et auxquels ont dit, dans les services sociaux« Vous n’êtes pas des alcooliques, vous avez de l’argent, on ne comprend pas votre affaire »... 

Ils sont dans leur dévouement impuissant, une preuve de notre humanité, comme la quête de la famille Leclerc de Hauteclocque, oui, celle du maréchal de la Libération. Clémence, Lucie et Doriane sont dans Paris-Match, espérant encore retrouver Gautier, leur père et leur héros, sec et musclé et qui pensait que la douleur n'est que dans la tête, et qui a disparu en aout 2016 dans le désert iranien où il était parti randonner à moto, on ne sait rien sinon la flamme d'une famille dont la devise nous fait humains: "Tombé, je me relève"...      

Et des mots d'humanité.  

D'un philosophe qu'on réédite et auquel une exposition est consacrée à la BNF, et j'aime les mots de Robert Maggiori dans  Libération encore sur Vladimir Jankélévitch. "N’importe quelle personne qui, même par hasard, entrait dans l’amphithéâtre où il faisait cours, éclairant en virtuose les niches les plus profondes de l’expérience intérieure, et en sortait ébahie, certaine d’avoir assisté à une fête de l’esprit."  Et on lit donc Jankélévitch qui par Bergson, Pascal, Fénelon, saint Jean de la Croix , pensait la morale et la musique et la musique inspirait son écriture et sa pensée fluide, où il allait chercher le presque rien, le mystère et le pardon...   

Quel robot  saura pardonner? Et Quel robot écrira son autobiographie?

Dans le Monde, on rencontre  le norvégien Karl-Ove Knausgaard, qui a produit un succès planétaire en racontant sa vie et" rien que la vie", sans rien nous épargner de ses morts et ses peurs et l'odeur du sang de son épouse le jour d'un accouchement... « Je pense trop », dit KOK  qui a pris l'envie d'écrire dans "le Parti pris des choses" de notre Francis Ponge...  

Quelle espèce nous sommes qui se pense et qui se détruit et veut pourtant se sauver. Dans  le Monde encore, des chercheurs ont trouvé le régime absolu qui permettra de nourrir dix milliards d’individus en 2050, tout en améliorant la santé humaine et en préservant la planète... Il faudra nous disent-ils consommer 500 grammes par jour de légumes et de fruits, des céréales complètes et un steak par semaine, pas au-delà...   Les Indiens qui, dans le Figaro, pestent contre ces vaches sacrées que le gouvernement nationaliste protège et qui encombre les rues, s'y consoleront.   

Nous sommes une espèce d'étranges croyances. Dans le Figaro, Catherine Deneuve célèbre le culte de Yves saint Laurent , elle vend aux enchères 350  pièces signées YSL qui seront exposées, la robe que portait Deneuve, en mousseline  avec une grande capeline (lot n° 6 de la vente) dans La Sirène du Mississippi, c'est mon souvenir. Ses copines ont dit à sa petite-fille, : «Alors ta grand-mère vend ses fringues, elle a besoin de tunes» (rires)!" Charmantes enfants.

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