Les déconfitures de truands à l'ancienne, et la transmutation des as de l'armée de l'air en pilotes de drones, dans la revue XXI. Le Monde publie un texte magistral sur Orwell, qui détestait le totalitarisme et la morgue des riches. En Allemagne, on travaille depuis 125 ans à un dictionnaire latin absolu, les Echos.

On parle d'une révolte...

La révolte de Gascogne des Landes du Gers, qu'on a lu ces derniers jours dans Sud Ouest et sur le site de France bleu et qui cristallise à la Une de la dépêche, une révolte pour défendre les Vachettes. Ces gambades entre l'homme agile et la vache tempétueuses, qui ont illuminé une émission de télévision légendaire et qui disparaissent quand cette émission renait. Guy Lux et Léon Zitrone doivent se retourner dans leur tombe écrit la Dépêche, Interville va revenir en 2020 mais sans les vachettes car le nouveau producteur, notre ami Nagui, est un ami des causes animales, est-ce une raison, le feu a pris. "Non à Interville sans vachettes" proclament les 4301 membres pour l'instant d'un groupe Facebook créé par un comptable de Mont-de-Marsan, il s'appelle Pierre Robin il est fier de ses traditions régionales...

Il ne faut pas sourire quand on déchire un pan de nos mémoires, et quand on creuse les fossés. On s'insurge dans le bas armagnac contre "la bien pensance bobo bio des urbains arrogants", le mot est est de Vincent Gouanelle, un conseiller départemental au langage fleuri, qui désespère de voir les campagnes traitées en folklore et ses habitants pris pour des rustres, quand la transition écologique aseptise la culture. Bientôt, faudra-t-il aussi renoncer aux fêtes de villages.

Les vachettes d'Interville s'inspirent des courses landaises, une discipline de souplesse et de sauts où l'animal n'est pas tué. Sur le site de sud ouest, vous lirez la tribune de Nicolas Vergonzeanne, sauteur landais, huit fois champion de France, mais aussi ancien vainqueur d'Interville; il raconte les vaches qui après les couses coulent des jours paisibles dans les prés de leur éleveur; le champion a peur que plus personne, un jour, ne veuille savoir la beauté de son art. 

Les temps qui changent, parfois, c'est vache, c'est dur.

Dans XXI, revue de grands reportages qui se réinvente, je fonds d'une tendresse au-delà de la morale pour ces vieux truands, braqueurs papys dont on me raconte le coup du siècle qui foira: ils allèrent dépouiller de ses bijoux la star Kim Kardashian, grimés masqués déguisés, mais s'enfuyant à vélo, firent tomber dans la rue les précieuses pierres, et surtout furent pris si vite par la police, ils ne savaient pas que désormais les masques sont des leurres et qu'on rattrape les gens par l'ADN, par les téléphones portables, par les caméras de surveillance... Leur échec est la fin du polar d'un monde. Dans XXI encore, je lis une plongée chez les pilotes de drones, qui s'entrainent à voler à tuer depuis une console, c'est la guerre de demain mais quelle étrangeté pour Pierre, un as de notre armée de l'air, qui vola au Kosovo en Irak en Libye, mais son corps son cup ses cervicales est moulu de toutes ses missions, il se forme au drone ans une base américaine pour se prolonger, peut on etre un héros quand on regarde le sol depuis le trou d'une paille?

Il y a heureusement des permanences.

Et qui sont belles encore! Le Figaro me raconte un arbre, le gingko biloba, qui peut vivre 1000 ans et qui existe sur cette planète depuis 300 millions d'années... il est un organisme résilient, lis je, en 1946, un an après que la bombe atomique soit tombée sur Hiroshima, une petite pousse sorti de la souche d'un Ginkgo Biloba situé à un kilomètre de l'épicentre de l'explosion..  

Dans le magazine des Echos, je lis, c'est un cadeau qu'en Allemagne depuis 125 ans, des équipes de linguistes se succèdent pour composer le Thesaurus Lingua latinae, le dictionnaire absolu de la langue latine, où l'on recense toutes les occurrences, toutes les variations toutes les utilisations de chaque mot, chaque nom, en 1900 sortait un premier fascicule allant de A à Absurdus, et en ce début 2020, un chercheur sue sang et eau sur le mot respublica, la chose publique, chez Cicéron, chez Tite Live, dans les livres de cuisines ou des graffitis à Pompéi... L'oeuvre a résisté à deux guerres mondiales et à la coupure en deux de l'Allemagne, elle sera achevée dans trente ans, serons-nous là pour savoir le latin? Le thesaurus n'existe qu'en papier et c'est meilleur encore.

Le Figaro consacre deux pages à l'héritage et aux trésors tourmentés tels des  nénuphars dans la poitrine de Chloe, de Boris Vian dont le centenaire vient en mars, et dont l'appartement parisien est resté intact depuis sa mort en 1959, on peut le visiter.

Dans Marianne, le vieux poète Jacques Reda me parle bellement de son amour pour la langue française, qu'il aime d'autant plus qu'il la sait mortelle dit-il, "mortelle comme je le suis," il porte témoignage du vers régulier qui permit la poésie, il parie que la poétique survivra « au délire informatique », sauf si « celui-ci devient une dictature », je n'attendais pas ce mot et pourtant il fait sens.  

Et on parle de liberté dans le Monde...

En rétablissant la vie et la vérité d'un homme visionnaire dont les refus éclairent notre présent, qui de son vivant admettait ses erreurs pour que son lecteur sache se méfier de lui, mais qui pourtant eut si souvent raison... "Pendant qu’Aragon louait la police politique de Staline, Orwell combattait le fascisme en Catalogne et décrivait la mécanique totalitaire du stalinisme" écrit le journaliste Nicolas Truong, dans un texte magistral qui est aussi de combat. Orwell  est revendiqué aujourd'hui par des intellectuels conservateurs et réactionnaires, or il était un homme de gauche et se concevait pas autrement, dénonciateur du totalitarisme mais aussi pénétré par l'humiliation des classes laborieuses et haissant la morgue des possédants...

Le Monde publie un extrait du journal d'Orwell en 1949, il est malade, au sanatorium, et réagit ainsi en entendant des visiteurs des classes supérieures anglaises. « Quelles voix! Elles respirent la satiété, une sotte assurance, un babillage permanent entrecoupé d’éclats de rire sans objet, et par-dessus tout une lourdeur repue mêlée de malveillance fondamentale – des gens qui, on le sent instinctivement sans être même en mesure de les voir, sont les ennemis de tout ce qui est intelligent ou sensible, ou beau. Pas étonnant que tout le monde nous haïsse autant."

Ainsi Orwell parlait des riches, on lit cela en France au temps des manifestations et des gilets jaunes. 

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