Elle l'a dit, paraît-il... Du bout des lèvres, certes... Mais elle l'a dit... Ségolène Royal a reconnu sa défaite à l'élection présidentielle, lors d'une réunion à huis-clos hier... avec ses fidèles... "Après la saine colère... écrit Mathieu Ecoiffier, dans Libération... Voici donc le bilan dynamique... Mais il ne faut pas se méprendre... L'opération est cousue de fil blanc... Il s'agit de concéder quelques faiblesses pour prendre les devants... Ségo ne veut pas perdre la main"... Cela étant dit... "il faut louer l'effort de la présidente de Poitou-Charentes... poursuit Renaud Dély, toujours dans Libé... L'autocritique est une démarche rare et douloureuse... Il est toujours plus simple d'exercer le droit d'inventaire sur le bilan de ses prédécesseurs... plutôt que de se pencher sur ses propres failles"... Hubert Coudurier, du Télégramme... y met un bémol... "Certes, l'autocritique est un art difficile... Mais le politique s'y résoud quand il ne peut pas faire autrement"... Car "si elle veut demeurer dans l'ambition rénovatrice des socialistes... Ségolène Royal doit afficher clairement sa stratégie de retour"... L'analyse est de Daniel Ruiz, dans La Montagne... "Elle n'ignore pas qu'elle doit réussir sa rentrée pour débuter le harcèlement face à Nicolas Sarkozy"... Alors... à qui la faute ? Eh bien, "si la gauche a perdu la Présidentielle pour la troisième fois consécutive... écrit Renaud Dély, dans Libé... C'est parce que sa grille de lecture de la société est obsolète... Et c'est se condamner à l'inutilité quand on appréhende la mondialisation comme un péril"... "Pour gagner une élection... il faut la jouer perso"... Dans les pages Rebonds de Libé... Luc Le Vaillant explique "qu'en politique... il faut raconter aux vraies gens la fable du candidat esseulé... en bute aux lourdeurs des appareils... Sarko, Ségo et Bayrou ont mis en scène ce dispositif... Le pays et ses éditorialistes adorent ces êtres de rupture... ces destins de "poor lonesome cowboys"... Qui croient se distinguer par des attitudes marginales... Mais qui, au final... sont tout ce qu'il y a de plus standardisé"... Cécilia Sarkozy, elle... ne veut en rien être standard... Du genre : sois belle... continue de te taire... et occupe-toi d'un truc genre "pièces jaunes"... Comme l'écrit Thierry de Cabarrus dans L'Union de Reims... "la première dame a cherché sa place pendant deux mois... Et elle semble l'avoir trouvée... On ne sait pas encore si son déplacement en Libye en faveur des infirmières bulgares a porté ses fruits... Mais en tout cas... Cécilia a montré qu'elle n'entendait pas être une simple potiche au service de son mari et de la France"... Oui... "ce n'est pas une première dame comme les autres"... confirme Hélène Pilichowski, qui lui consacre un portrait dans le Marie-Claire du mois d'août... "Elle refuse le protocole... C'est comme ça qu'on l'a vue quitter le G8 pour aller préparer l'anniversaire de sa fille... Elle n'arrive pas à s'imaginer entre Monsieur Merkel et Madame Bush... Elle est plus proche de Claude que de Bernadette Chirac"... "Etre première dame de France, c'est un job précaire très exposé... selon Le Monde... "Le style crée la fonction"... écrit Béatrice Gurrey... Et la journaliste de rappeler... "Claude Pompidou, la mondaine culturelle... et Danièle Mitterrand, la militante... Comme ses homologues européennes... Cécilia doit imprimer sa marque... Son voyage en Libye montre qu'elle sort de sa réserve... Mais une première dame peut aussi aider son mari... Bernadette l'a fait pour Jacques Chirac... Anne-Mette Rasmussen le fait actuellement pour le Premier ministre danois... Ces derniers temps, elle a multiplié les apparitions publiques... Nouvel An chinois... opération en faveur du Darfour... Il s'agissait d'améliorer l'image de Anders Fogh Rasmussen... critiqué pour son attitude vis-à-vis des étrangers"... Pour le dossier EADS... Nicolas Sarkozy n'aura pas eu besoin de Cécilia... Mais "la bataille a été rude, et le compromis... diplomatique"... écrit Didier Louis, dans Le Courrier Picard... "Force est de constater qu'on ne négocie pas aussi facilement avec Angela Merkel qu'avec des socialistes en mal de reconnaissance"... poursuit Jean-Pierre Bédeï, dans La Dépêche du Midi... "La dame de fer d'outre-Rhin n'a pas cédé à la séduction sarkozyenne, pourtant très efficace en France... Et bien qu'il jure l'inverse... le camp français a perdu de son influence dans ce nouveau montage"... L'explication est à lire sous la plume de Grégoire Biseau, de Libé... "Si vous êtes franchouillards... Vous vous dites qu'en nommant un patron français à la tête d'EADS... c'est une victoire pour votre beau pays... Si vous êtes amoureux d'Angela... Vous vous dites qu'elle a fait du beau boulot, puisque deux Allemands encadrent Gallois... Et surtout... Airbus est dirigé par un Allemand"... Mais il faut pousser l'analyse plus loin... selon La Tribune et Le Figaro... "Le groupe EADS est toujours sous influence politique... Même si personne n'en doutait"... écrit Pascal Aubert, dans La Tribune... "Les vieux réflexes ont la vie dure... Dans quelle autre entreprise normale prévoit-on, avec 4 ans d'avance, une rotation obligatoire de ses responsables, sans considération de leurs performances et de leur bilan ?"... Même analyse de Gaëtan de Capèle, dans les pages Débats du Figaro... "Le sacro-saint équilibre franco-allemand a primé sur tout le reste... Là où, dans une entreprise saine et bien gérée... seul le critère de la compétence aurait prévalu... Ici... la nationalité a tenu lieu de sésame"... "Ces pratiques... reprend Pascal Aubert, de La Tribune... s'apparentent à celles qui ont cours dans les grandes organisations internationales... Celles-là mêmes présentées hier par le Président Sarkozy comme l'anti-modèle"... L'interventionnisme de l'Etat dans la vie des entreprises... choque aussi certains éditorialistes, ce matin... Ca concerne la loi sur le service minimum... dont les sénateurs commencent aujourd'hui... l'examen... La critique est de Guillaume Goubert, dans La Croix... "Il est paradoxal, dit-il... qu'un gouvernement plaçant haut dans son discours la nécessité de réduire l'emprise de l'Etat sur la société civile... estime nécessaire de recourir à la force de loi... Paradoxale aussi... l'idée selon laquelle une loi peut favoriser le dialogue social... Sachant qu'en plus... le service minimum dans les transports existe déjà dans de nombreuses entreprises"... "Reconnaissons tout de même à la droite sarkozyenne... le mérite de la cohérence"... ironise Jean-Paul Piérot, dans L'Huma... "Elle offre aux riches une fiscalité sur mesure... les exonérant du minimum de solidarité... Et dans le même temps... elle impose une loi, dont l'objectif non avoué... est d'empêcher les salariés de se défendre... La main sur le coeur... le gouvernement jure qu'il ne veut en rien s'attaquer au droit de grève... Mais il faudrait être particulièrement naïf... écrit Piérot... pour croire que ces limitations sont destinées aux seuls transports publics... Le texte qui porte sur les trains et les bus est un cheval de Troie, qui cherche à s'introduire dans le droit du travail... Le danger est réel de voir notre pays reculer... Combien de morts ont jonché les pavés des cités ouvrières au XIXème siècle... Combien de vies ont été fauchées avant que le droit de grève fût reconnu... et inscrit dans la Constitution comme liberté fondamentale... On ne touche pas impunément un tel héritage"... Et le Tour de France, dans tout ça ?... Lui aussi, c'est un bel héritage... que Nicolas Sarkozy ne voudrait rater pour rien au monde... Le Président sera sur le tour aujourd'hui... pour la dernière étape des Alpes, entre Val d'Isère et Briançon... Il n'est pas le premier à se rendre sur la Grande Boucle... Le Parisien-Aujourd'hui en France et L'Equipe rappellent qu'en 1960... le Tour s'était arrêté, pour le général de Gaulle, à Colombey-les-Deux-Eglises... "En 85... François Mitterrand avait choisi de s'y déplacer incognito... après avoir pourtant débarqué en hélicoptère"... écrit José Barroso dans L'Equipe... "Mais l'image du Président photographiant les coureurs avec un appareil photo de marque japonaise fit le tour de la presse"... Sarkozy, lui... sera dans une voiture, au plus près des coureurs... Et, comme à l'accoutumée, toujours dans l'action... Témoin... le dessin d'Alex, dans Le Courrier Picard... A bord d'une voiture décapotable... le chef de l'Etat agite... telle une carotte... une seringue au bout de sa canne à pêche... à des coureurs aux yeux exorbités... Sur la voiture présidentielle... on peut lire : "Pédaler plus pour gagner plus"...

Laëtitia GAYET

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