Comment fonctionne un adolescent vis-à-vis des médias aujourd'hui ? La banque américaine Morgan Stanley a demandé à l'un de ses stagiaires, Matthew Robson, de plancher sur le sujet. Matthew est un garçon de 15 ans. Et il a rédigé son enquête à partir de ses propres habitudes et de celles de ses copains. "L'information tient de l'anecdote, écrit Cécile Ducourtieux dans Le Monde. Mais elle est révélatrice du désarroi dans lequel se trouvent les professionnels des médias face aux nouveaux modes de consommation issus d'Internet". Alors qu'apprend-on dans l'enquête de Matthew ? Eh bien, que les jeunes délaissent les médias traditionnels et qu'ils sont accros aux nouveaux, mais peu enclins à payer. La radio ? Ils l'écoutent pour la musique, mais de moins en moins : ils préfèrent les sites où ils peuvent constituer leurs propres listes de titres. C'est tant pis pour nous. Mais plus surprenant, pour nous qui sommes un peu plus âgés... quoique... Ils n'ont jamais acheté de CD. Ils passent leur temps à télécharger illégalement. La télé ? c'est juste pour les séries. Les journaux papier ? ce n'est rien que les gratuits. L'histoire ne dit pas si leur comportement changera quand ils seront entrés dans la vie active. En tout cas, une chose est sûre : ils ne semblent pas percevoir la valeur des biens, conclut un des analystes de Morgan Stanley. En revanche, vous ne pourrez pas les coller sur la valeur d'une note... C'est à découvrir à la Une du Figaro. Des centaines de notes auraient été attribuées à tort pour le Bac de français. Cela concerne surtout les grands lycées parisiens. Des premiers de la classe qui ont 4 ou 5 sur 20, et des cancres dotés de notes exceptionnelles. Ca la fiche mal, surtout quand on vient des prestigieux lycées Henri-IV, Louis-le-Grand ou Stanislas. Plus étonnant, deux lycéens ont été marqués comme absents alors qu'ils avaient émargé la feuille de présence. Que s'est-il passé ? D'après le SIEC (la Maison des Examens d'Ile-de-France), il y aurait eu un problème de saisie, un décalage entre les lignes. Ce n'est pas le fait d'enseignants qui auraient sacqué des élèves au nom d'un militantisme anti-élite. Nous voilà rassurés... "De toute façon, écrit Agnès Leclair, toujours dans Le Figaro, les notes suspectes ont été découvertes sur Internet. Or, il s'agit de notes provisoires. Le résultat considéré comme officiel est celui imprimé et envoyé par courrier aux lycéens." La grippe A, virus médiatique... Les nouveaux cas font la Une de la presse, ce matin... "Alerte à Ambleteuse", titre La Voix du Nord à sa Une, qui recense trois cas suspects dans un village-vacances. La Croix, de son côté, dresse le bilan de la pandémie en France et dans le monde. "Le virus ne faiblit pas, comme s'il ne pouvait plus être arrêté", écrit Thomas Vampouille. "Les services de santé constatent par ailleurs une augmentation du nombre de pays présentant une transmission communautaire. Comprenez : sans lien avec le cas importé. Du coup, les pouvoirs publics de chaque pays mettent en place des stratégies pour freiner la contagion". "Le pire n'est pas toujours sûr, explique Michel Kubler, mais il ne faut jamais totalement l'exclure. Le défi, c'est de savoir conjuguer réalisme et sérénité. En Grande-Bretagne, on a choisi la stratégie du pire, c'est-à-dire les prévisions alarmistes. On peut les découvrir dans The Guardian ou encore dans The Daily Mail ce matin. "La grippe pourrait tuer plus de 65.000 personnes en Grande-Bretagne, et jusqu'à 350 personnes par jour quand elle aura atteint son pic". La moitié des enfants seraient infectés. Un employé sur huit serait en arrêt-maladie. "On peut dire ce qu'on veut, mais jamais on aura vu épidémie aussi médiatique", reprend Daniel Ruiz dans La Montagne. "Et vlan !", ironise François Martin dans Le Midi Libre. "Une bonne grippe, et un milliard d'euros dans la poche des industries pharmaceutiques ! Les marchands de peur se frottent les mains. Les mouches ont changé d'âne. Nous avions, dit-il, eu droit au bug informatique de l'an 2000, puis au trou dans la couche d'ozone, le réchauffement climatique, les tsunamis, la grippe aviaire... Oublié, le chikungunya. Et les coups de soleil ? Le principe de précaution s'est taillé la part du lion dans nos lois et nos conduites. Nous voilà bien dressés à avoir peur... même de notre ombre". "Des milliers de morts, des enlèvements... Ces opérations étaient censées être des méthodes efficaces dans le combat contre les rebelles"... Dans un reportage publié ce matin par The Independent, Natalia Estemirova raconte les violations des droits de l'homme en Tchétchénie. Raconte, ou plutôt racontait... Son reportage est en fait extrait d'un article écrit en août 2008, mais qui n'a jamais été publié. "Depuis sa tombe, cela ressemble à une prémonition de la répression tchétchène", écrit The Independent. Parce que "la vérité tue", écrit Jean-Claude Kiefer dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace. "'La Russie est grande, et le tsar est loin', dit une maxime russe. Imputer le meurtre de la militante des droits de l'homme à des ordres venus d'en haut n'a finalement aucun sens. Dans les sphères du pouvoir, à Moscou ou à Grozny, les comptes se règlent à coups de millions ou avec des procès-spectacles à la Khodorkovski, pas avec des commandos de tueurs. Voilà pourquoi les indignations de Medvedev ont quelque chose de sincère. Les assassins sont ailleurs. En fait, explique Jean-Claude Kiefer, en Russie, il y a des régions qui sont plus grandes que la Suisse et la Belgique réunies. Et sur place, le petit tsar est bien plus puissant que le vrai tsar". Page 9 de Libération, Hélène Despic-Popovic a une autre analyse. "C'est le retour de la peur en Russie. D'abord, on baillonne les médias qui accueillent les voix dissidentes. Puis on tue les plumes qui portent ces voix. Ensuite, on s'en prend aux personnes qui veulent permettre aux victimes de se faire entendre. Et enfin, on tue ceux qui, par leur enquête minutieuse, montrent que le roi est nu. Natalia Estemirova était une des dernières journalistes russes à écrire sur la Tchétchénie et à dénoncer la brutalité du nouvel homme fort de la région, le pro-russe Kadyrov". Un match de poids-lourds pour terminer cette revue de presse... C'est un vrai choc des Titans que nous proposent Les Inrock et Le Nouvel Obs : Marc Lévy - Guillaume Musso. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore, ce sont les deux écrivains qui actuellement vendent le plus sur le marché du livre, et dont on dénonce les romans un peu faciles. "Bien sûr, écrit Raphaëlle Leyris, des Inrock, jamais le petit milieu médiatico-parisien ne sera capable de comprendre. Pourquoi ? Parce que lui, le microcosme blablabla, ne fait rien qu'à ricaner, à condamner d'avance ceux qui réussissent et à réserver la littérature à une élite. Résultat : Musso et Lévy, pauvres bichons millionnaires, se plaignent d'être atrocement méprisés. Pourtant ils travaillent beaucoup pour écrire leurs livres. '17 heures par jour', dit Marc Lévy. Musso, lui, passe des semaines sur le squelette de son roman avant de passer à l'écriture". "Leurs personnages dégoulinent d'ode à l'humanité. Dans 'Le premier jour' (le Lévy donc), Adrian est un astrophysicien merveilleux mais célibataire. Dans 'Que serai-je sans toi' (de Musso), Martin est un flic de choc au super-grand coeur. Il y a aussi des intrigues, de l'amour et des vraies questions métaphysiques". Grégoire Leménager, dans Le Nouvel Obs, tente d'arbitrer leur écriture. "'Le premier jour' de Lévy ? une romance sirupeuse, où le hasard fait toujours bien les choses. C'est un précis de morale de supérette, qui nous enseigne que 'l'enfant qu'on a été reste à jamais en soi', que 'l'amitié ne se construit pas sans preuves de confiance' (c'est dans le livre). Plus débile, tu meurs", écrit le journaliste. "Guillaume Musso, lui, avec son titre 'Que serai-je sans toi', laisse craindre le pire. Finalement, on est assez surpris. Comparé à Lévy, c'est quasiment du Victor Hugo. Il y a du rythme et une intrigue digne de TF1. Par chance, Musso veille au grain en tartinant d'interminables dialogues sur la vérité de la passion. 'L'amour, c'est comme un feu un jour de pluie : tu dois tout le temps le protéger, sinon il s'éteint'". "Promis, c'est authentique", reprend Raphaëlle Leyris. "Promis aussi : on ne s'infligera plus jamais ces tombereaux de sottises juste pour vérifier qu'on n'a pas jugé leurs auteurs trop vite".

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