Et si la semaine prochaine une française d'origine iranienne faisait des étincelles à Roland Garros ? En quelques jours, Aravane Rezaï est passée du statut de bonne joueuse de tennis à celui de favorite sur terre battue. Elle vient de remporter en Espagne l'un des derniers tournois avant Roland Garros. C'est une tornade qui est passée sur Madrid titre « L'Equipe ». Philippe Maria rend hommage à cette jeune femme de 23 ans, carrée cogneuse et coriace. Clin d'œil à Aravane, mais la vedette du jour c'est une autre française très liée à l'Iran. Elle a presque le même âge 24 ans, mais Clotilde Reiss c'est douceur et discrétion à la Une de vos journaux. On ne l'avait pratiquement vue que sous son voile pendant son procès à Téhéran. La voici tête nue. Visage pâle, sourire timide, veste et pantalon noir. Tout en réserve. Des quelques mots prononcés hier dans la cour de l'Elysée, « Le Figaro » retient l'hommage à ses codétenus à la prison d'Evin. « Ils m'ont traitée comme une sœur. » Hommage en particulier à deux hommes à ses côtés lors du procès et qui ont été exécutés depuis. Delphine Minoui raconte leur histoire dans « Le Figaro ». Dans la cellule ils avaient un pyjama bleu. Ils ont été pendus le 28 janvier. Signe d'une justice arbitraire, ils avaient été arrêtés bien avant les manifestations du mois de juin dernier... (Nicolas Demorand) Pourquoi les mollahs capables de la plus grande cruauté ont-ils laissé partir Clotilde Reiss... "Y-a-t-il eu des contreparties ? se demande Patrice Chabanet dans « Le journal de la Haute Marne ».Vain débat : on ne connaître jamais le détail des tracatations. Mails il est évident que les dirigeants iraniens n'ont pas agi par pure bonté." "Oui, c'est inévitable, ce n'est pas une libération, mais un troc qui a eu lieu", écrit Jacques Camus dans « La République du centre ». Et Dominique Garraud enfonce le clou dans « La Charente libre » : "Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner prennent les Français pour des gogos quand ils affirment qu'il n'y a eu aucun marchandage avec Téhéran. Garraud fait référence à la séquence judiciaire en cours en France. Un ingénieur iranien soupçonné de business nucléaire reparti libre pour Téhéran et bientôt l'assassin de l'ancien Premier Ministre du Chah. "Tout cela est trop cousu de fil blanc pour que l'on puisse agréer la version officielle d'une heureuse coïncidence." Ce n'est sans doute pas la jeune chercheuse qui donnera les clés de la négociation. « Les mollahs ont acheté le silence » de Clotilde Reiss, dit une cinéaste iranienne dans les colonnes du « Parisien-Aujourd'hui ». Cette opposante a été elle-même détenue dans la prison d'Evin : "Je suis sûre qu'elle a été torturée psychologiquement. Elle ne peut pas le dire pour l'instant, mais il est né nécessaire pour les Iraniens qu'elle raconte et qu'elle témoigne." Beaucoup de questions, donc, après cette libération. "Questions qui ne valent pas nécessairement condamnation", écrit Bruno Dive dans « Sud Ouest ». Et outre la discrétion de Clotilde Reiss, il relève un autre silence, celui de Nicolas Sarkozy. On ne l'a pas vu à l'image hier : "On est loin du battage médiatique organisé autour de libération des infirmières bulgares, des cadres de l'Arche de Zoé ou de l'accueil en fanfare d'Ingrid Betancourt." (ND) Discrétion de Nicolas Sarkozy mais d'autres passent les messages à sa place... Le projet de réforme des retraites se précise : ce sera « Travailler plus et taxer les hauts revenus », comme le titrent « Les Dernières Nouvelles d'Alsace ». Même le sacro-saint bouclier fiscal va être écorné. Warning, warning ! message politique : le gouvernement va mettre les riches à contribution. En d'autre temps, cela nous aurait valu un Sarko Show mais l'heure est à la discrétion présidentielle, c'est donc Alain Minc qui joue les attachés de presse du gouvernement dans « Le Parisien ». "Un geste de solidarité des riches s'impose", dit le conseiller de Nicolas Sarkozy. D'une façon ou d'une autre cela va écorner le bouclier fiscal mais il faut sortir de ce fantasme grotesque consistant à croire que c'est en faisant payer les riches qu'on comblera le trou des retraites... Même si vous doubliez l'impôt sur la fortune, alors que nous savons tous que c'est un impôt anti-économique précise Alain Minc, on arriverait, vous n'arriverez jamais à couvrir nos besoins de financement des retraites." Discrétion, petite remise en cause du bouclier fiscal et quoi d'autre ? He bien le gouvernement est à la reconquête des classes moyennes nous dit « Le Figaro ». C'est un électorat qui lui a fait défaut aux régionales. La page de la gamelle des régionales semble tournée. Le dispositif pour remonter la pente avant une candidature en 2012 se met en place. Les journaux en sont de plus en plus convaincus, à l'image des « Echos » ce matin. Une page entière sur le thème, comment Sarkozy prépare la campagne de 2012. (ND) La rigueur toujours à la Une en Europe... Et en Chine ? Eh bien en Chine c'est toujours la croissance comme un bolide. Mais croissance ne veut pas forcément dire bien être. Deux illustrations dans la presse. Deux reportages dans la cité des fourmis et la cité du chocolat. La cité des fourmis c'est à lire sur « Mediapart.fr »... 3ème volet d'une série d'articles sur le thème vivre à Pékin. C'est un quartier au Nord-est de la capitale chinoise. Officiellement 4.000 habitants, mais en fait plus de 50.000. Il y a des logements de fortune à perte de vue. On parle de cité mais quand on voit les images sur « Mediapart.fr », c'est bel et bien d'un bidonville qu'il s'agit. Il est peuplé de jeunes diplômés des universités de province. Ils partent avant 7 heures du matin, ils rentrent après 19 heures. Ils rêvent de faire carrière à partir de ces terrains vagues. Début avril, un plan de modernisation du quartier a été lancé. La cité risque d'être rasée. Aucune aide n'est prévue pour les 50.000 fourmis. Des fourmis aux hommes chocolat. C'est dans « Le Monde diplomatique ». On parle beaucoup de ces chinois installés en Afrique pour y faire des affaires. Cette Chine-Afrique a une contrepartie : l'installation d'Africains en Chine. Alors bienvenue à « chocolate city », un morceau de la ville de Canton de 10 kilomètres carrés. Officiellement, près de 20.000 africains dans la place, près de 100.000 selon un chercheur. Ils jouent les intermédiaires entre des clients du continent noir et des usines chinoises. On trouve de tout à « chocolate city » : groupes électrogènes, chaussures, cotons-tiges, cyclomoteurs, cheveux humains, jouets. Près de 90% des produits vendus sur le marché africain viennent de Chine, de Thaïlande et d'Indonésie. Entre 2003 et 2007, le nombre de migrants africains en Chine a cru de 30 à 40% par an. Voilà qui déconcerte le gouvernement de Pékin, beaucoup moins généreux en visa depuis 2008, l'année des Jeux Olympiques. Sans parler du racisme, ni plus ni moins virulent qu'ailleurs. La plupart des Africains en Chine vivent en marge de la société. Mais Pékin a intérêt à soigner ces hommes et femmes : sans eux, pas de business avec le continent chocolat. (ND) Quoi d'autre dans la presse... Un fait divers saisissant à la Une du « Progrès » de Lyon. Dans la nuit de samedi à dimanche, une jeune fille de 19 ans a parcouru 2 stations sur le toit du métro. Elle aurait atterri sur le toit à la station Bellecourt, on ne sait pas comment ni pourquoi. C'est à Saxe Gambetta qu'elle a été repérée. Des passagers ont vu un bras bouger au dessus d'eux. Entre temps, le visage de la jeune fille avait percuté une caméra de surveillance. Elle est grièvement blessée mais le pronostic vital n'est pas engagé. Un appel contre la répression de l'homosexualité dans au moins 80 pays. C'est à la Une de « Libération » en ce lundi, journée mondiale contre l'homophobie. Parmi les régions où il est dangereux de se dire homo : le Maghreb. Dans le magazine « Tétu », témoignage du réalisateur tunisien Mehdi Ben Attia. Son long métrage intitulé "Le fil" est sorti mercredi dernier en France... Tous les critiques cinéma étaient à Cannes, pas de chance. Il présente son film comme le premier film gay arabe. A l'affiche notamment, Claudia Cardinale, qui incarne une maman qui faisait semblant de ne pas comprendre l'homosexualité de son fils. Etre gay en Tunisie, c'est vivre un paradoxe dit Mehdi Ben Attia. La pratique est fréquence mais la prise de parole interdite. Ce qui est difficile, ce n'est pas de vivre sa vie, mais de le dire. Un mot de l'hebdomadaire « Marianne », qui est sorti samedi. Si vous ne l'avez pas repéré, ne manquez pas le dossier très complet sur la crise de l'école, du primaire à la Fac. Et le mot de la fin c'est pour Eric Chevillard dans le journal « Le Tigre ». Tous les 15 jours, une série d'aphorismes poétique ou surréalistes pour commenter l'actualité. L'actualité et ce volcan islandais au nom imprononçable. « Il a craché dans le ciel au dessus de l'Europe un obscur et impénétrable nuage de voyelles et de consonnes. » Bonne journée !

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