(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : différentes sortes de mouvements.

(Bruno Duvic) Avant d'en venir aux commentaires après la conférence de presse de François Hollande, retour sur un mouvement de meute. Vous l'avez peut être vu à la télévision, on vous l'a raconté sur France Inter : il s’est produit lors des soldes monstres chez Virgin, placé en redressement judiciaire.

Monstres dans tous les sens du terme : -50% sur les produits et des scènes d'émeute, notamment au Virgin des champs Elysées.

Retour sur cette histoire avec un billet de blog publié sur Rue89 par le compagnon d'une vendeuse du Virgin des Champs. Elle lui a décrit en larmes ce qu'elle avait vécu. Il a interrogé les collègues de sa compagne.

Et il raconte les centaines de personnes à l'entrée du magasin qui tentent de lever eux même le rideau de fer le matin, les hordes qui se précipitent sur les Ipad arrachés par 3, 4, 5 ou 6, les alarmes qui retentissent dans tous les sens dans le magasin, les vendeurs désemparés et insultés, les boites de DVD vides qui jonchent le sol (les disques ont été volés), les reventes qui se font à l'intérieur même du Virgin entre clients, ce revendeur de jeu video qui embarque les184 exemplaires du dernier jeu Nintendo.

Et le blogueur Antoine Michel pousse un véritable cri de rage contre ces clients "charognards". "Vous avez poussé aux larmes des travailleurs qui ont mis toute leur énergie durant des années dans un job qui les passionnés. Pour un simple rabais, vous les avez méprisés, insultés, violentés, un vulgaire Ipad avait plus de valeur à vos yeux. A prix cassés, dignité soldée (...) vous êtes des pourritures."

Et François Hollande est-il en mouvement ?

Ah oui ! A lire les Unes de la presse régionale, c'est incontestable. « Offensif », ou « offensive », le mot revient en couverture d'une dizaine de quotidiens. « Hollande passe à l'offensive », par exemple dans La Dépêche dumidi

Mais au fond, a-t-il vraiment bougé, le président de la République lors de son intervention hier ? Les éditorialistes sont plus circonspects.

« Mouvement », « décider », « offensive » : le lexique avait été travaillé. Sur la forme, bonne prestation. Dans Libération , Eric Decouty a le sentiment que ce « Soldat de l'an II » (titre de Une) a restauré un peu de sa stature présidentielle. C'est « La fin du dos rond » pour Cécile Cornudet dans Les Echos , « le président au dos droit ». Mais Decouty reprend dans Libé : « Sur le fond, il a réaffirmé les grandes lignes de sa politique. » Politique social-démocrate, affirme tranquillement Guillaume Tabard dans Le Figaro , même si le président ne veut pas l'avouer.

Pas vraiment de nouveauté… Du coup, le chef de l'Etat met d'accord (en partie) la presse de droite et de gauche.« Le changement c'est maintenant ? Le sentiment amer d'avoir été trompé n'est pas dissipé » pour Jean-Paul Piérot dans L'Humanité . Du mouvement tu parles ! Il est « Immobile à grand pas » pour Alexis Brézet dans Le Figaro .

Le passage sur l'Europe quand même ? Le conseil des ministres de la zone Euro... Oui mais concrètement, « qui va le choisir, quel champ de compétence, a qui rend il des comptes ? Aucune précision, le baratin continue », estime l'économiste Thomas Piketty dans Libération .

« Pas d'engagement clair ni d'annonce concrète sur les réformes », déplore le journal libéral L'Opinion .

Le Parisien-Aujourd’hui en France relève tout de même deux mouvements : « Revoilà le droit de vote des étrangers ! », mais après les municipales de 2014.

Et un mouvement de recul. Le Président de la République avait promis qu’il n’y aurait « aucune autre augmentation d’impôts » que celles annoncées pour 2013 et 2014.

Hier, tonalité différente : « L’idéal serait de ne pas augmenter les prélèvements sur les ménages en 2014 ». Résumé du Parisien en titre : « Sur les impôts, c’est flou ».

Globalement, pas vraiment de nouveau dans la boite à outils, « c'est le temps du service après-vente » constate Yann Marec dans MidiLibre .

Synthèse de Christophe Bonnefoy dans Le Journal de la Haute Marne : « Si les résultats commencent à apparaitre avant la fin 2013, il fera taire ses détracteurs. Mais pour l'instant, il semble être le seul à croire en sa politique. »

Quoi d'autre dans la presse ?

Le décret qui bloque les loyers entre deux occupants d'un appartement, ca ne marche pas. Cela n'empêche pas la hausse en région parisienne selon Libération . +6% pour les loyers l'année dernière pour Paris intra-muros, +5% dans l'agglomération.

Un chiffre qu'on relit plusieurs fois et qu'on à peine à croire à la Une du Financial Times . En deux ans, le Qatar aurait versé 3 milliards de dollars à la rébellion syrienne. Commentaire du journal : « cela éclipse le soutien occidental à l'opposition. »

Encore un titre pour le moins surprenant : « Pyrénées orientales, les néo nazis d'Europe sont attendus ». C'est à la Une de L'Indépendant catalan qui évoque un grand rassemblement secret ce week-end.

Les sœurs Bruni sur le divan. A la Une de Psychologies Magazine , Carla Bruni-Sarkozy : « Je ne me suis jamais sentie aussi vulnérable qu'à l'Elysée. » A la Une de M , le magazine du Monde , Valeria Bruni-Tedeschi : « Faire des films n'est pas une psychanalyse. »

Et David Beckham

Mouvement de retrait pour le joueur britannique.

La presse française est un peu petit bras. A l'heure de la retraite de Beckham, c'est Nasri, l'un des sales gamins du foot français qui fait la Une de L'Equipe . Nasri à nouveau sélectionné en équipe de France. "Fallait-il l'inviter ?" se demande le quotidien sportif.

Alors Beckham... Bien sûr sa période parisienne n'est pas la plus glorieuse. Mais la presse anglaise se souvient de tout le reste à propos de cette icône du football - terme galvaudé mais il s'applique assez bien ici.

Footballeur sur papier glacé. « Nous avons adoré sa façon d'être viril » écrit le Times de Londres, à propos de ce métrosexuel, « spice boy » qui assume sa part de féminité.

Il était notre meilleur produit d'exportation ajoute le Daily Mirror , ambassadeur ultime de la cool britannia. Partout, il apportait quelque chose de plus à la fête. Il savait distiller le succès et le ballon.

« Game changer », un homme capable de renverser le jeu. Ce milieu de terrain qui frappait des coups francs et des centres au millimètre c'était le rêve pour un attaquant, écrit son ancien coéquipier Alan Shearer dans le Su n. Moins doué que Zidane quand il était à Madrid, que Cantona à Manchester mais aucune de ses stars ne dira un mot de travers à propos de Beckham.

Car c'est un garçon attachant, bosseur. Il a incarné ce moment où le foot est passé du peuple au people, écrit en substance le Daily Express . Mais en même temps, « il est resté le gamin qui voulait juste jouer au ballon dans le parc en bas de chez lui. »

A propos de stars et de people, le festival de Cannes

Festival de Cannes, festival de femmes... Le bal des actrices marque les premiers jours de ce millésime sur la croisette. Le Figaro cite Bérénice Bejo, Valeria Bruni Tedeschi Kristin Scott Thomas, déjà passées ou attendues. Et surtout, Marine Vakt.

L'histoire dira si une star est née en mai 2013. En tout cas, la jeune actrice qui incarne une lycéenne qui se prostitue devant la caméra de François Ozon fait frissonner les critiques. Elle a droit à la Une du Monde : « Une étoile brille au premier jour ».

Portrait dans Libération , de cette « Brune à l'eau de vie » de 23 ans, égérie de St Laurent pour le Parfum « La Parisienne ».

« 23 ans, plastique rare, bouche perlée, petit corps de Lolita timide, mais son charme esquive toute niaiserie, lorgne vers le vénéneux et le toxique. C'est une boulette d'opium plus qu'une mignardise » écrit Clément Ghys. Voix délicate mais basse. Le Figaro complète le portrait : regard gris, long cheveux.

Eric Neuhoff lui prédit un grand avenir, « avec ses mines butées et sa façon de claquer les portes. »

Des stars naissent à Cannes, d'autres sont des actrices à un seul rôle. Elle n'en sait rien reprend, Clément Ghys dans Libération. Et dans Le Monde , Marine Vakt, qui dit ne pas croire en Dieu, a cette phrase : « Je regarde parfois le ciel et je remercie souvent ».

Bon week-end.

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