Lumière de Jean Vanier qui donna son amour aux handicapés mentaux, la Vie. Souvenirs d’un aumônier militaire qui sauta sur Kolwezi, le Figaro. Le courage de ces femmes saoudiennes qui rusent et s'entraident pour fuir leur pays, Society. Des anciens officiers mariniers exposés à l’amiante attaquent l'Etat, Ouest-France

Des garçons abandonnés sous la pluie
Des garçons abandonnés sous la pluie © Getty / Jasmin Merdan

On parle de deux enfants ce matin...

Deux garçons de quatre et six ans dont les parents ne voulaient plus, me dit l'Union.

Ils s'étaient séparés, la mère avait autre chose à faire dans son logement trop petit, le père avait averti les services sociaux qu'il était impulsif et risquait de battre les gosses si on les lui confiait. Bref, un jour de pluie, la mère a laissé les garçons en pyjama et en larmes sur le trottoir devant la maison du père qui n'était pas là. Le plus grand a couru derrière la voiture et elle ne s'est pas arrêtée, des voisins les ont recueilli. On jugeait hier les parents au tribunal de Laon, dans l'Aisne, ils ont pris du sursis et devront donner de l'argent aux enfants pour compenser ces blessures de l'âme : 3000 euros pour le père, 2000 la mère. Les garçons ont été placés et leurs parents peuvent les voir une heure par mois, je ne sais pas s'ils y vont... 

Jean Vanier, spirituel

Et voilà de quoi désespérer du genre humain ? D'autres histoires disent que nous sommes aussi lumineux. La Vie se consacre à un homme qu'on enterre aujourd'hui, Jean Vanier dont l’existence fut une quête spirituelle entre le Christ et Gandhi et qui créa les communautés de l'Arche, vouées à l'accueil des faibles entre les faibles, les malades handicapés mentaux qu'il avait rencontrés dans des hôpitaux psychiatriques "grillagés comme des prisons", et qui semblaient lui dire : « Est-ce que tu m’aimes ? Veux-tu être mon ami ? ». Vanier pensait qu'ici-bas, ce qui n'est pas donné est perdu. 

La Vie nous rend familier, sinon Dieu, du moins ceux qui en font la raison de leurs engagements. On peut aussi sans Dieu aimer les faibles et les aider de joies profanes, je lis dans Paris Normandie qu'au Havre, des malades psychiatriques trouvent une guérison, dans les matchs du HAC, auxquels ils assistent avec leurs infirmières !

On évoque également Vincent Lambert...

Mais Dieu est une question ce matin, dans ce qu'il inspire. La pitié dans La Vie et La Croix qui racontent Vincent Lambert dont la fin est proche, puisque les médecins arrêteront ses traitements la semaine prochaine ; La Vie décrit autour de lui une famille déchirée entre intégrisme et libre pensée ; La Croix plaide pour 1500 personnes qui, comme Lambert, vivent en France dans un état végétatif, et des familles s'inquiètent : voudra t-on un jour, de faim ou de soif ou de sédation, tuer leur sœur ou leur enfant... 

Un aumônier héroïque

Le Figaro admire un aumônier militaire, Yannick Lallemand, qui était parmi nos légionnaires sautant sur Kolwezi au Zaïre, le 19 mai 1978, pour sauver Européens et Zaïrois que des rebelles massacraient. Lallemand se souvient avoir atterri sur un cadavre et puis ensevelit ses camarades tués dans des parachutes, et ses souvenirs viennent à point cette semaine où nous avons parlé du courage d'autres soldats, morts en Afrique pour sauver des vies... Quarante et un ans après Kolwezi...

Dieu donne aussi la puissance. Et Libération explore dans une grande enquêtes les évangéliques, cette branche conservatrice du protestantisme qui, en Corée, en Centrafrique, aux Etats-Unis dans des prêches et des messes géantes, combattent les forces du mal et vont conquérir pouvoir et influence. Les lois contre l'avortement, ce sont eux.

On parle aussi de femmes qui ont fui pour être libres

Et ces femmes ont fui Dieu, ou ce qu'on fait de lui en Arabie saoudite où les femmes sont d'éternelles mineures, elles sont l'incarnation même du courage et de ses ruses, ces femmes qu'a rencontré Society, deux sœurs qui ont réussi à désactiver les applications qui permettaient à leur famille de contrôler leurs déplacements, qui ont réussi en mentant à acheter des billets d'avion et qui sont réfugiées en Géorgie, où des parents sont venus pour essayer de les reprendre... Society raconte les réseaux de la fuite, cette solidarité entre celles qui partent au péril de leur vie et celles qui sont déjà passées du côté de la liberté... Elles ont le courage des résistantes...

Courage est l'autre mot de cette matinée... Il en est de toute sorte

Courage dans Le Courrier picard d'un homme Bernard Sachsé, cascadeur équestre devenu paraplégique il y a 25 ans d'une mauvaise chute et qui est reparti, champion d'équitation handisport, et qui se dit certain de pouvoir remarcher d'une opération prévue en Suisse en juin, qui les coûtera 90 000 euros, il les cherche. 

Courage d'entreprendre et de réformer qu'un milliardaire mythique, Jack Ma, fondateur du géant d'internet Alibaba, veut insuffler dans les Echos, à ses compatriotes chinois et aussi à nous autres... 

Courage de dire NON, comme ces 50 anciens officiers mariniers de Brest qui brisent un tabou, c'est un scoop dans Ouest-France, ils ont porté plainte contre l'Etat, car embarqués sur des bâtiments de la marine nationale, entre 1950 et 1995, ils furent exposés à l'amiante et demandent réparation: le procès aura lieu jeudi à Brest et voilà la République interpellée... Et c'est de courage politique qu'il s'agit ici. 

Et les 80 km/h ? 

L'Etat et le pouvoir rétrocèdent, on le sait, aux départements, le droit de revenir sur les 80 km/h et d'en assumer les conséquences... La Charente libre qui aime ce matin les voitures, se réjouit, impatiente de retrouver les 90 km/h... Mais dans Le Courrier de l'Ouest, le président du Maine-et-Loire, Christian Gillet, dit ceci : "Pour certaines portions que nous estimons très accidentogènes, on pourrait passer de 80 km/h à 70 km/h" Cet homme est un brave. 

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