La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Une revue de presse…des écrivains ce matin

Il y en a que pour vous Alain Mabanckou ce matin, vous les écrivains, à l’occasion évidemment de la nouvelle édition du Salon du livre

Alors d’abord, être écrivain, c’est quoi ? Etre écrivain, c’est être engagé dans les combats du monde.

Dans le Libé des écrivains ce matin, l’auteur égyptien Alaa El Aswany convoque une légende de la tradition arabe pour nous expliquer sa place : Zerka el Yamama était une femme douée de la capacité de voir à de très grandes distances. Elle usait de cette acuité visuelle pour prévenir sa tribu des attaques à venir. Un jour, elle prévint les siens que les arbres bougeaient, personne ne la crut. Quelques jours plus tard, ils furent décimés par des ennemis qui avaient recouvert leur corps de troncs d’arbres. « Comme elle dit il, le rôle de l’écrivain est de voir avant les autres et de prévenir les gens du danger avant qu’il n’arrive ». Ecrivain vigie ou écrivain combattant. Dans l’Humanité, parole est donnée au sud-coréen HWANG SOK YONG, qui s’est battu pour la démocratie dans son propre pays et qui l’a payé d’années d’exil et d’emprisonnement « Prisonnier politique raconte il, isolé, on n’a jamais l’occasion de parler. On oublie les mots. Il m’a fallu 10 jours pour retrouver le nom d’Antigone ». A Le Clezio qui lui disait l’envier pour être né dans un pays riche de vrais sujets narratifs, il a répondu qu’il l’enviait pour sa liberté » C’est son combat d’écrivain qui l’a mené à s’engager pour la démocratie

Des écrivains qui ce matin sont donc immergés dans l’actualité du jour

« Rappelle toi Barbarin », clin d’œil bien sûr à la Barbara de Prévert, à la Une de ce Libération donc largement écrit par des écrivains…Phillippe Besson rappelle tous les épisodes dévoilés dans la presse ces derniers jours, qui constituent désormais « l’affaire Barbarin », il accuse l’archevêque de pratiquer « un christianisme à géométrie variable » quand le même était en tête de la manif pour tous au nom de la protection de l’enfant. Les mots de Barbarin aujourd’hui pour se défendre ne suffisent pas dit il, « ce n’est pas assez, c’est même insupportable», il en appelle au pape François, le pourfendeur de la « mondialisation de l’indifférence » rappelle t il, qui par son intervention pourrait trouver là l’occasion de mettre ses actes en conformité avec sa parole. Le Parisien pose désormais ouvertement la question de la démission de Monseigneur Barbarin. Dans son édito, Frédéric Vézard y répond même : « barbarin répète qu’il est prêt à prendre ses responsabilités ? Dans cette situation intenable, avec cette nouvelle affaire accablante d’un curé condamné pour agressions sexuelles et promu par ses soins, cette promesse devrait le conduire à démissionner. Pour le bien de l’Eglise et de ses victimes »

Autre sujet d’actualité, l’accord entre l’Europe et le Turquie sur les réfugiés, au menu des discussions aujourd’hui et demain du sommet européen

Toujours dans Libé, Tania de Montaigne revient sur le pré accord négocié par Angela Merkel et la Turquie. « Un contre un », ça sonne juste écrit elle,. Un réfugié contre un migrant, c’est carré, c’est parfait ». Car faut il le préciser, un migrant n’a rien à voir avec un réfugié. Par exemple si un érythréen, qui vit dans une dictature rappelant à bien des égards la corée du nord, fuit son pays, c’est un choix, donc c’est un migrant. En revanche, un syrien c’est un réfugié. Pour faire simple résume t elle, ce qui distingue un migrant d’un réfugié, c’est le regard que nous portons sur la situation de son pays, et l’incidence que ça peut avoir sur notre vie. Au commencement de l’union européenne, rappelle t elle il y avait le verbe. Et puis le verbe a perdu contre l’économie, alors on joue à la marchande. Un contre UN.

Un marchandage dont a été exclus François Hollande, la chancelière allemande ayant négocié seule avec les autorités turques, et pour cause nous explique le Parisien : Angela Merkel ne croit plus en l’avenir de François Hollande ! elle a observé la défaite du président français sur la déchéance de nationalité, son recul sur la loi travail. Verdict : Hollande est un président affaibli qui ne sera plus là en 2017. D’où la négo solo

Malgré les réticences des uns et des autres, Le Figaro affirme que les européens sont désormais proches d’un accord, « entre un morcellement suicidaire de l’europe et une abdication sur le droit d’asile », ils ont choisi. La deuxième option donc. A lire dans les colonnes du Monde, la tribune de Can Dundar, le rédacteur en chef du journal d’opposition turc CumHurryet. Il n’a pas la prétention d’être un écrivain, seulement un journaliste qui a été embastillé pour avoir fait son travail. En marchandant avec le président Erdogan, l’europe a abandonné tous ceux, accuse t il, qui se battent pour défendre les libertés. « L’europe loue un camp de concentration à l’extérieur de ses frontières et ferme les yeux sur l’oppression exercée par le gardien volontaire de ce camp. En cas de défaite prévient il, l’europe aura de plus en plus de mal à défendre ses frontières de la pression de despotes qu’elle a mis en place de ses propres mains »

Et parfois Hélène, un écrivain rencontre un autre écrivain…

Narration très amusante dans Libération, de Christine Angot, qui a suivi le temps d’un déplacement l’ex président, celui que sa propre femme a « découvert » écrivain, Nicolas Sarkozy donc. Pour faire court, on retiendra que le président des républicains écrit mieux qu’il ne parle « me prenez pas pour un imbécile » lance t il à Angot, oubliant systématiquement dans ses phrases toutes les négations, on retiendra aussi que quand il entend : « juppé est très intelligent », pour lui c’est le décalage entre ce que pensent les élites et la réalité dit il, Juppé très intelligent ? sans doute. Ca décrit une forme d’échec affirme t il…un écrivain parfois sait rester obscur…

On termine par la mobilisation des jeunes aujourd’hui contre la loi travail

Philippe Besson, encore dans Libé, se penche sur cette « jeunesse sacrifiée » mobilisée aujourd’hui. Mais l’est-elle vraiment ? L’écrivain fait un peu son vieux …Con, pardonnez-moi l’expression, pour rappeler à cette jeunesse que la génération 1940 a traversé la guerre, celle de 60 an eu 20 ans dans les Aurès et celle de 80 a connu la décimation du sida. Alors, s’il y une génération de sacrifiés, reconnait-il, c’est celle des peu qualifiés, des hors système. Formons l’espoir que les garçons et les filles qui défileront parleront moins pour eux-mêmes que pour ceux-là, conclue-t-il, qu’on n’entend pas »

Et puis à lire dans le Figaro, la drôle de mise en abyme de la fiction et de la réalité exercée par la série Le baron noir, diffusée sur canal + ; épisode 4. « un mouvement lycéen, c’est la seule chose qui peut emmerder le président » affirme une élue socialiste du Nord, « il faut tuer tout ça dans l’œuf » souffle le chef de l’Etat. Version tellement réaliste de ce qui se passe aujourd’hui que le député Eric Ciotti s’est même appuyé sur cette fiction pour commenter l’actualité : « l’unef est manipulée par les arrière cours du ps, on l’a vu dans Baron noir a-t-il dit à la télé, c’est assez réaliste, c’est ce qui se passe aujourd’hui ». Ecrivains, scénaristes,

artistes plus globalement, vigie, miroir ou combattants… Eclaireurs en tout cas ce matin, de l’actualité du monde

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