Ce matin, les températures ont baissé sur une grande partie du pays.

« Petit refroidissement », note LE PARISIEN à la page météo. Sujet très important, la météo. C'est « le » sujet de conversation quand on n'a rien à se dire. Lorsqu'on n'a rien se dire, on parle du temps qu'il fait. Mais les journaux, ce matin, nous amènent plutôt à réfléchir au temps qui passe.

Le temps qui passe et n'empêche toutefois pas de rester en forme. C'est l'histoire de cette retraitée de 73 ans, en photo à la Une de la NOUVELLE REPUBLIQUE DES PYRENEES, et qu'on retrouve aussi sur le site de LA DEPÊCHE. Elle réside à Tarbes, elle s'appelle Danielle Metge et dit qu'elle voulait faire « quelque chose de vraiment fou dans sa vie avant de mourir ». Et elle a donc fait quelque chose de vraiment fou. Direction le Népal où, avec une amie, elle a, durant dix jours, escaladé l'Everest, montant jusqu'au camp de base situé à 5.400 mètres. Huit jours pour redescendre et sept kilos perdus, mais elle dit que là-haut, elle en a pris« plein la vue ». Et là, on s'interroge. Aura-t-on fait quelque chose de vraiment fou à l'âge de 73 ans ? Il faut se dépêcher, ça passe vite, les années et, c'est connu, le temps ne se rattrape jamais.

Cela dit, parfois, le temps peut aussi s'écouler lentement. A la Poste, par exemple. Et je ne parle pas des files d'attente, mais du temps que peuvent prendre certains courriers. C'est à lire dans SUD OUEST : l'histoire d'une lettre postée à Guéthary, dans les Pyrénées-Atlantiques, et qui a mis 21 ans avant d'être livrée à sa destinataire, à Langoiran en Gironde. Guéthary/Langoiran : la distance est d'environ 210 kilomètres. 21 ans pour faire 210 kilomètres : 10 kilomètres par an. Et là, on s'interroge. Où étions-nous, qui étions-nous il y a 21 ans ?

Et à quoi ressemblait la France il y a 50 ans ? Deux dossiers à lire ce matin, dans LE MONDE et LA CROIX : deux dossiers qui reviennent, et de façon très intéressante, sur les mouvements du mois de mai 68. Façon intéressante, car elle met à mal les clichés. « Existe-t-il vraiment une Génération 68 ? », questionne ainsi LE MONDE. Réponse : pas vraiment. Même s'ils partageaient des idéaux similaires, les lycéens de l'époque et ceux qui travaillaient n'ont vraiment vécu les mêmes réalités, et Mai 68 était bien davantage qu'un simple de mouvement de "génération". « Et la révolution sexuelle a-t-elle vraiment eu lieu durant cette année-là ? » Autre question du MONDE. Réponse : là encore, pas vraiment. C'est arrivé plus tard. La parole sur le corps et la sexualité ne s'est libérée que lors des deux décennies suivantes. De son côté, LA CROIX détaille les moteurs de cette révolution : le désir de vivre autrement, la paix plutôt que la guerre, l'envie d'en finir avec la servitude au travail et, bien sûr, la contestation de toutes les formes d'autorités : celle du père, celle du policier et celle du général de Gaulle...

En Russie, en revanche, l'autorité du président semble aujourd'hui incontestée, ou disons que ceux qui la contestent, quand ils ont le courage de parler, ont toutes les peines du monde à se faire entendre. Aucun suspens pour l'élection présidentielle de demain. « Poutine sans grand rival », titre LA CHARENTE LIBRE. « Poutine, le règne sans partage », titre LE FIGARO, qui évoque « un souverain » s'acheminant vers un nouveau « sacre électoral »...« Vladimir Poutine est au-dessus de l'Olympe », s'est amusé son porte-parole au sujet des intentions de vote. Questions sur son électorat dans LIBERATION ce matin. L'analyse de la romancière russe Ludmila Oulitskaïa. Elle évoque un pays et des habitants très habitués à subir la misère et à la corruption... Elle évoque un pays et des habitants que le militarisme de Poutine n'inquiète pas mais rassure. « Ceux qui votent pour lui, dit-elle, ne s'en lasseront sans doute jamais. Cet amour que lui voue le peuple va probablement se terminer le plus naturellement du monde : tous les hommes sont mortels, même s'ils font du sport. » En somme, la seule chose qui pourrait arrêter Poutine, suggère-t-elle, c'est la mort. Mais aujourd'hui, les années qui passent et ne font que le renforcer. Un quatrième mandat pour le dirigeant russe. Sa photo, plan serré, à la Une du journal. Le titre est un jeu de mot. Trois mots. « ET TSAR’COMMENCE »

Tous les journaux évoquent par ailleurs une autre élection : l’élection d’Olivier Faure à la tête du PS. Et là encore, il est évidemment question du temps. Le temps qu'il lui faudra pour rénover le mouvement – c'est la tâche qu'il s'est fixée. « Une tâche ardue », estime l'édito de L'ALSACE. « Une tâche titanesque », estime l'édito de l'UNION, tandis qu’OUEST FRANCE se demande s'il pourra "sauver" le parti Socialiste. En tout cas, son élection est « une bonne nouvelle pour le PS » note ce matin Guillaume Tabard dans le FIGARO - le FIGARO, journal de droite, qui félicite Olivier Faure. _« Certes,_poursuit Tabard, le futur patron du PS n'était ni le plus charismatique, ni le plus expérimenté des candidats, mais il était le plus central... Et même si le nombre de votants est deux fois moindre que lors du dernier congrès, la netteté du score du vainqueur va aider le parti à préserver sa cohésion. _Le PS aurait pu être émietté et déchiré. Finalement il est réduit, mais uni_. »

Unis sont également, pour l'heure, les syndicats de la SNCF. Unis contre les projets de réforme de l'entreprise. Pour protester, les cheminots sont appelés à cesser le travail deux jours par semaine durant tout le printemps. Alors, comment ça va se passer ? Et puis surtout, _« Comment faire face ? »_C'est la question que pose à sa Une LE PARISIEN ce matin... Comment faire face aux 36 jours de grèves annoncés à la SNCF, entre le 3 avril et le 28 juin ? Un format de grève inédit en France. Le quotidien répond ce matin à toute une série de questions.

-         Le mouvement va-t-il être très suivi ? Trop tôt pour le dire.

-         Les congés vont-ils être impactés par la grève ? Oui. Notamment les congés de Pâques pour les Franciliens.

-         Les syndicats de la RATP vont-ils suivre ? Pas pour l'instant.

-         La SNCF va-t-elle mettre en place des solutions de substitution ? Oui. Des services d'autocar

-         Les clients ayant une place dans un TGV annulé seront-ils remboursés ? Oui.

-         Les jours de grève seront-ils déduits du prix des abonnements transilien ou TER ? Peut-être...

-         La grève va-t-elle forcément s'étaler jusqu'à fin juin ? Non... Pas forcément, car les syndicats et le gouvernement ont prévu de discuter jusqu'au 3 avril.

Ce qui laisse encore un peu... de temps.

Et le temps, parfois, s'étire quand il s'agit de musique. « La folie des concerts sans fin » - c'est à lire dans LE FIGARO. Des weekends entiers consacrés à un compositeur ; par exemple le weekend prochain, à la maison de la radio, toute une série de concerts autour de Debussy. Mais les salles n'hésitent pas à bousculer plus encore leurs auditeurs, comme la Philharmonie de Paris qui, demain, propose un concert dès 6 heures du matin ! Des récitals de l'aube jusqu'au crépuscule pour suivre l'intégralité du "Catalogue d'oiseaux" d'Olivier Messiaen.

Et puis, si jamais 6 heures du matin c'est trop tôt, sachez que la cheffe Emmanuelle Haïm dirige en ce moment "Alcina" de Haendel au théâtre des Champs-Elysées... Elle s'exprime dans le supplément des ECHOS, où elle dit son bonheur et sa chance de travailler avec les chanteurs Philippe Jaroussky et Cécilia Bartoli… Ce qui est formidable avec la musique, et notamment avec Cécilia Bartoli, c’est que soudain, le temps s’arrête.

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