Le Monde revient dans une enquête implacable sur le tabou des viols de femmes algériennes par des soldats français pendant la guerre d'Algérie. Plus doucement le Un ravive les nostalgérie de l'Algérie d'antan, avec un beau texte d'Olivier Py. Le Parisien et le Figaro en lutte des classes sur le classement des lycées.

Soldats français, pris en photo ici en juillet 2016 (photo d'illustration)
Soldats français, pris en photo ici en juillet 2016 (photo d'illustration) © AFP / IAN LANGSDON

On parle de quatre enfants...

Quatre petits garçons noirs dont nous parle Mediapart, qui tendent le bras et qui crient "Sieg heil", le slogan nazi, sans doute celui qui les filme et qui va poster leur image sur son compte Instagram leur a demandé de le faire. Il se prénomme Nikita, il vient d'Ukraine, mais c'est notre soldat, un caporal de la Légion étrangère qui en décembre 2019 avait posté des films souvenirs d'une mission en Guyane il avait sous-titré la vidéo des petits garçons en russe, avec le mot "aryens"... Le légionnaire Nikita filme aussi en Afrique où l'envoie l'opération Barkhane, un petit garçon encore à qui on fait faire des pompes dans le désert, Nikita l'insulte en russe et en ukrainien, "pompe sale pute, qu'est ce que tu pensais, que la nourriture française est distribuée gratuitement"... A Paris, plus simplement, Nikita se photographie devant la tour Eiffel depuis l'esplanade du Trocadéro, et il poste  cette photo à côté de celle d'Adolf Hitler au même endroit, en 1940...   Nikita est un parmi les 50 soldats français nazis, néo-nazis, si vous voulez, dont Mediapart révèle l'existence, après les avoir suivis sur leurs réseaux sociaux... On évoque d'habitude des cas isolés, Mediapart parle d'une filière... 

On parle bien de nazisme, vous lirez des tatouages de la devise de la SS,  "mon honneur s'appelle fidélité", des photos devant des drapeaux à croix gammée, tant de profanations.  Un film posté ce mois de mars, montre un pique-nique de légionnaires en uniforme... Ils écoutent l'hymne de la phalange espagnole, l'un d'eux fait un salut nazi. Ils rient. Leur unité, la 13e demi brigade de la légion était une des premières unités des forces françaises libres, leur déshonneur est cette trahison...   

Dans le Monde, vous lirez des soldats des officiers qui sauvèrent l'honneur de l'armée, en empêchant parfois les armes à la main leurs compagnons de violer des femmes algériennes, militantes emprisonnées ou habitantes de villages razziés... Car pendant la guerre d'Algérie, des soldats français violaient, pas des nazis ceux-là, de simples soldats qui le soir écrivaient à leurs épouses,  ils ne violaient pas simplement dans les bavures qui naissent des guerres mais ils y étaient poussés, par les gouvernants de l'époque, affirme une historienne, Claire Mauss Copeaux, il s'agissait d'écraser et d'humilier l'adversaire... Et nous voilà donc avec un autre fardeau mémoriel. En Algérie, c'est une autre traumatisme, le femmes violées ne réclamèrent pas justice, l'honneur du pays les en empêchait, et rien ne peut passer... L'enquête est implacable.   

D'Algérie et du passé encore nous viennent pourtant des mots plus doux, des irrépressibles nostalgies, nostalgéries, dont le UN se fait l'écho à la recherche de mémoires partagées. Quand il était enfant, le dramaturge Olivier Py contemplait chez sa mère, comme une urne funéraire, de la terre d'Oran prélevée avant le départ du pays, lui, né en 1965 dans les alpes maritime ne se sentait pas français, mais apatride, issus d'un pays imaginaire, il est allé un jour dans l'Algérie réelle et à Oran quelqu'un lui a dit qu'il était méditerranéen, et il s'est éclairé. "J'appartiens à une mer et non pas à une terre". Voguons.  

On parle de lycées...  

Car c'est jour de classements issus des statistiques de l'éducation nationale, vous en lirez dans vos journaux près de chez vous, Ouest France la Provence et d'autres, mais ce sont deux titres nationaux qui s'opposent. Dans le Figaro s'alignent  les meilleurs lycées des meilleurs élèves de France, Bossuet Notre Dame à Paris, le lycée de Provence à Marseille qui perpétue l'excellence des jésuites, le lycée franco-allemand de Buc et  Henri IV, et l'Ecole alsacienne...  Le Parisien, lui ignore ces prestige mais illumine des espérances, le titre du site du journal dit tout, "ces lycées qui font des miracles", ces établissements qui  font progresser leurs élèves au-delà prévisions de la sociologie et des assignations, et on célèbre alors Robert Weinum sur l'ile de Saint-Martin en Guadeloupe, Germaine Tillion au Bourget 93, Lumina Sophie à Saint Laurent du Maroni Guyane Suger et Angela Davis à Saint-Denis, 93...   Et entre le Parisien et le Figaro s'illustre une barrière de classe, c'est rare, ou de compréhension, chaque journal dans sa culture a choisi dans les indicateurs du ministère... 

Au passage je n'ai pas vu dans les classements nationaux la Providence d'Amiens, autrefois lycée d'Emmanuel macron.. mais j'apprends par le Courrier picard qu'il a été à touché par la Covid, et qu'on le désinfecte cette semaine à l'Ozone, c'est innovant.    

La Covid justement fait débattre nos journaux, quand Libération moque Emmanuel Macron, "le variant élyséen", pour ses changements de stratégie. Dans le Figaro et l'Opinion, c'est le principe de précaution qui en prend pour son grande après la suspension des vaccinations à l'Astra Zeneca, le vaccin ne s'en relèvera pas dit le généticien Axel Kahn à Sud-Ouest, bigre!  

Charlie Hebdo ajoute à nos tremblements en dénonçant, longue enquête, un gaz cancérogène, l'oxyde d'éthylène, qui sert à désinfecter les bistouris les cathéters les poches de sang des aliments les tétines de biberon, ce gaz est reconnu dangereux depuis plus de quarante ans et pourtant..., Il est cousin du gaz moutarde de la Grande guerre, il est la colère d'un journaliste écolo Fabrice Nicolino, de nos cauchemars bientôt?   

On parle enfin d'un coup de foudre.  

Qu'une étudiante a ressenti dans le métro parisien, ligne 8, pour un jeune homme avenant mais qui surtout lisait un livre de Sartre, "L'Existentialisme est un humanisme" ça l'a fait craquer, elle le cherche par affichette par internet par le Parisien, et par nous donc, sachez jeune sartrien si vous écoutez que celle qui vous aime et que vous regardâtes portait ce jour là des chaussures Doc Martens ornées d'un dessin de Van Gogh.   

Dans Nice-Matin on retrouve un roumain, Jojo, qui SDF en octobre avait donné ses économies aux réfugiés de la Roya et de la Vésubie inondée, il est devenu cantonnier de la ville et avant hier, il a couru après un malandrin qui avait volé le portable d'une jeune maman, il l'a rattrapé, Jojo le héros.

Contact
Thèmes associés