Bonjour... "Royal !"... (point d'exclamation)... Le titre le plus simple, c'est le meilleur... Celui de La Dépêche du Midi, pour saluer le succès de Ségolène... "C'est elle !", s'exclame Le Parisien-Aujourd'hui en France... "Royal emballe le PS", nous dit La Charente Libre, le quotidien qui n'a d'yeux que pour sa présidente de région, qui nous précise que les militants charentais ont voté à 71% pour Ségolène... "Première", note Libération... alors que Le Figaro joue lui aussi sur le nom de la gagnante : "Royal, la victoire"... A noter que Ségolène est vêtue de blanc dans Le Parisien-Aujourd'hui, de rose framboise dans Libération, et d'un tailleur gris très couture dans Le Figaro... Saluons tous nos confrères, qui ont refait leur Une en pleine nuit, et qui ont retaillé leurs crayons d'éditorialistes pour coller à l'actu... Certains sont déjà sous le charme, comme Olivier Picard... "Elle a parlé de bonheur", s'extasie-t-il dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace... "plutôt simplement... avec un sourire naturel, différent de l'ultra-bright ordinaire en ce type de circonstance... une fraîcheur inattendue s'est dégagée de son intervention... comme un vent de nouveauté"... Mais Olivier Picard n'est pas entièrement décoiffé... "Parce qu'elle a su incarner un élan inédit, écrit-il, les militants socialistes lui ont pardonné des approximations à la limite de la provocation, d'inquiétantes maladresses, et les libertés qu'elle a prises délibérément vis-à-vis du projet adopté par le parti"... D'ailleurs Libération ne manque pas d'épingler la "raffarinade" de Ségolène Royal hier soir... vous savez, les expressions un peu toutes faites qu'affectionne l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin... Hier soir, Ségolène a promis aux militants qu'elle allait gravir la montagne jusqu'en mai 2007... On ferme la parenthèse... On revient à Olivier Picard... "Ses adversaires, qui ne l'ont pas ménagée, doivent bien admettre qu'elle a conquis la citadelle socialiste à leur barbe et à leur nez", écrit encore l'éditorialiste des Dernières Nouvelles d'Alsace... Un tour de force qui aurait sans doute fait sourire celui dont elle n'a pas craint de se réclamer sans complexe : François Mitterrand... Les mânes de l'ancien Président sont également invoquées par Bernard Revel, dans L'Indépendant du Midi... "Quelque part, là-haut ou ailleurs, celui qui, avant de mourir, assurait croire aux forces de l'esprit, a dû être bien épaté... Comment aurait-il pu imaginer en effet, de son vivant, que cette jeune femme, qu'il avait prise sous sa protection dès 1981, serait un jour la mieux placée pour marcher dans ses pas à l'Elysée ?"... Eh oui, Libération remarque qu'il n'aura fallu que deux ans et demi à la présidente de Poitou-Charentes pour imposer sa candidature... Avec un petit encadré sur François Hollande... "La fin de son mandat, qu'il rendra quoi qu'il arrive après les échéances électorales du printemps, va relever de l'exercice inédit, estime Paul Quinio... Le patron du PS a eu beau dire qu'il organiserait lui-même son propre destin en répondant à tous ceux qui lui prédisaient un avenir de "Monsieur Pièces Jaunes" si sa compagne était élue... eh bien, c'est fait, constate Libé... Depuis le début, le couple a réussi à gérer les aléas politiques de ses doubles ambitions... Pourra-t-il le faire maintenant qu'il partage les deux premiers rôles ?... François Hollande veut le croire, dit encore Paul Quinio... Difficile pourtant de l'imaginer ministre d'un gouvernement composé sous l'autorité de sa compagne"... "Les mauvais perdants diront peut-être que Ségolène est le prototype d'un produit médiatique, s'interroge encore Olivier Picard... Et ils auront tort... En politique comme au cinéma, affirme l'éditorialiste des DNA, ce ne sont pas les journalistes qui fabriquent les héroïnes... Il faut davantage... une insaisissable touche de glamour, de rêve et de désir, qui balaie la raison politique... C'est le don des stars... Ségolène en est une"... Et Olivier Picard, un fan... Autre fan : Jean-Michel Thénard, dans Libération... "Elle a balayé ses adversaires en jouant sur la proximité, au risque d'être accusée de populisme... Elle a su inventer un socialisme pragmatique, en rupture avec les naïvetés qui avaient perdu Jospin en 2002... La droite ne s'y est pas trompée, qui, jusqu'au bout, a tapé sur Ségolène Royal"... Alexis Brézet, dans Le Figaro, ne dit pas autre chose... "Ségolène Royal sera pour la droite un adversaire redoutable... Son premier atout, dit-il, est d'être une femme... Il y a là une promesse de renouvellement (d'aucuns diraient de rupture), dont les électeurs peuvent être assurés qu'elle sera tenue, et qui oblige ses adversaires masculins à trouver, pour la combattre, le ton juste"... Mais Alexis Brézet pointe aussi les faiblesses de Ségolène... "A regarder de près ce qui s'est joué durant la campagne interne, elle est sans doute plus fragile qu'il n'y paraît"... L'éditorialiste du Figaro cite l'épisode Nolwenn, où Ségolène s'est montrée capable de dureté et de mépris, ses approximations sur le nucléaire iranien, le cynisme politique à l'ancienne que révélait la vidéo sauvage sur le temps de travail des profs... Bref, "débarrassée de ses concurrents socialistes, conclut Brézet, Ségolène Royal est rendue à son plus dangereux adversaire : Ségolène Royal"... N'empêche... Jean-Michel Thénard, dans Libé, fait le parallèle avec Nicolas Sarkozy... "Il souhaitait défendre la rupture, elle l'incarne mieux que lui... Il se figurait avoir le monopole de la lutte contre l'insécurité, elle le lui dispute... Il inquiète, elle rassure"... "Il inquiète même ses amis politiques", relève Jacques Guyon dans La Charente Libre... "en tout cas, cette image de nervosité crispée que Nicolas Sarkozy avait hier soir quand il a répondu, sur un ton outragé, à Michèle Alliot-Marie... Elle venait de tirer une batterie complète de missiles contre lui... La ministre de la Défense s'était transformée en tata flingueuse au Conseil national de l'UMP", écrit Jacques Guyon... "Elle s'est livrée à une attaque en règle contre de nombreux points du programme sarkozyste, s'attirant quelques applaudissements, mais surtout de nombreux sifflets"... Décidément, à droite comme à gauche, on siffle beaucoup les femmes politiques... D'ailleurs, "les proches de l'ex-présidente du RPR estiment que l'incident ne fera que renforcer sa détermination à aller plus fort, plus vite et plus loin", écrit Le Figaro... Décidément, c'est "la rage de perdre", écrit Philippe Waucampt dans Le Républicain Lorrain... "La majorité, combien de divisions ?", interroge-t-il... "Alors que le Conseil national de l'UMP était censé offrir le contre-exemple d'une machine en ordre de marche face au futur candidat socialiste, hiérarques et militants du principal parti au pouvoir n'ont rien trouvé de mieux que de s'écharper le jour où ils achevaient de boucler leur programme... Résultat : l'un des étages de la fusée sarkozyenne a loupé son allumage, sans que les chiraquiens en tirent le moindre bénéfice... Il y a quand même de meilleurs moyens de lancer une campagne que d'afficher la photo jaunie des guerres civiles d'antan"... Reste qu'au Parti Socialiste, tout n'est pas tout rose... La preuve : le nouveau dérapage raciste de Georges Frêche, pourtant ségoliste déclaré... Il a regretté qu'il y ait 9 Blacks sur 11 chez les Bleus de l'équipe de France de football... "Peut-être parce que les Blancs sont nuls", a-t-il dit... France-Soir se demande d'ailleurs si "Frêche est lui-même un sale Blanc ?"... Parlons-en, de la "Frêche-attitude", s'indigne Hervé Chabaud dans L'Union... "A l'égard des Bleus, il s'agit d'une petite cuisine politique de la honte, dont le premier plat est une soupe amère où surnagent des taches brunes au milieu des grumeaux d'une grossièreté raciste inqualifiable... Comment un socialiste peut-il s'exprimer de la sorte sur une équipe de France de football, dont le palmarès acquis par ses joueurs fait honneur au pays et à son drapeau ?... Frêche est devenu infréquentable... Le PS doit en tirer la leçon", conclut Hervé Chabaud... "Même Monsieur Le Pen n'aurait pas osé employer des termes aussi virulents, dit à son tour Georges Latil dans La Provence... C'est aussi désolant que rageant... A croire, dit Georges Latil, que Brassens avait raison de chanter que "lorsqu'on est con, on est con"... Le Figaro Magazine publie son fameux baromètre présidentiel TNS-SOFRES... A la question : "Souhaitez-vous que les personnalités suivantes soient candidates à la prochaine Présidentielle ?"... Ségolène Royal reste en tête à 63%... devant Nicolas Sarkozy, 57... Dominique Strauss-Kahn gagne 14 points, à 44%, ce qui ne lui servira sans doute à rien... Et François Bayrou est juste derrière, à 43%... Si tout le monde se présente au premier tour, Nicolas Sarkozy sera en tête, avec 28% des intentions de vote... devant Ségolène Royal, 26 et demi... Mais elle gagne 2 points et demi... et Sarkozy en perd 1 et demi... Ce sondage a été réalisé évidemment avant le vote d'hier, les 8 et 9 novembre, sur un échantillon de 1.000 personnes... J'ajoute que Courrier International et Le Monde de l'Education éditent un guide original : les études à l'étranger... Grâce à ce hors-série, les étudiants pourront prendre leurs repères, choisir leur destination, et éviter les pièges pour financer tout ou partie de leur séjour... Et je n'oublierai pas le numéro anniversaire d'un des plus vieux journaux automobiles : L'Automobile Magazine, qui fête ses 60 ans... avec une belle rétrospective en supplément.

Denis ASTAGNEAU

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