Dans quelques jours, Benoît Hamon, vous serez donc, peut-être, le nouveau Premier secrétaire du Parti Socialiste... Et si c'est le cas, tout le monde, à coup sûr, parlera d'une surprise... car, nonobstant votre présence importante dans les médias ces derniers temps, on vous connaît assez peu... beaucoup moins que vos deux adversaires : Ségolène Royal et Martine Aubry... Du coup, ce matin, je suis allé fureter sur le site Internet du Parlement européen (dont vous êtes député), pour voir quels éléments l'institution apporte sur votre parcours... Où l'on apprend (si jamais on ne le savait pas encore) que vous avez été conseiller auprès de Lionel Jospin, quand lui-même dirigeait le PS... puis conseiller auprès de Martine Aubry, quand elle était ministre... Et puis on nous dit que vous avez deux passions dans la vie : le foot et la peinture... C'est qui, votre peintre préféré, Benoît Hamon ? (...) Et sinon, vous peignez vous-même ? (...) En tout cas, ce qui suit devrait vous intéresser... parce que c'est très intéressant... Le mensuel Arts Magazine consacre, ce mois-ci, un dossier sur les histoires d'amitié et de haine entre les artistes... Du côté de l'amitié... il y a celle qui liait Renoir et Monet... celle qui liait Braque et Picasso... celle qui liait Balthus et Giacometti... On lit aussi que Gérard Garouste est très ami avec le designer Philippe Starck... Quant aux histoires d'inimitié, là, de nouveau, plusieurs exemples... Michel-Ange n'aimait pas De Vinci, qui le lui rendait bien... Veronese n'aimait pas Tintoret, et "le petit teinturier" là aussi le lui rendait bien... Question de jalousie, question de concurrence... entre Matisse et Picasso : là également, c'était du genre "je t'aime, moi non plus"... Mais le pire, c'était peut-être entre Ingres et Delacroix... Nous sommes à la moitié du XIXème, et c'est la guerre des styles... Dominique Ingres est l'héritier du classicisme, défenseur du dessin... Eugène Delacroix, lui, c'est le romantique, l'apôtre de la couleur... Durant des années, Ingres va démolir avec application tout le travail de Delacroix et tenter de lui barrer la route de l'Académie des Beaux-Arts... Arts Magazine rapporte même l'une des petites phrases du peintre classique, un jour où il se trouve dans la même pièce que Delacroix... Delacroix quitte la pièce, et voilà Ingres qui crie : "Ouvrez toutes les fenêtres : ça sent le soufre ici"... Presque aussi sympathique que les propos entendus ce week-end, lors du Congrès de Reims... Un Congrès qui, ce matin, fait bien sûr la Une de la quasi-totalité des journaux... La Une de la presse nationale... Le Figaro évoque un "fiasco"... Libération, un "naufrage"... Et Le Parisien-Aujourd'hui en France s'interroge : "Où va le PS ?"... "Quelle direction ?", demande également L'Humanité... Le sujet fait la Une également de la presse régionale... "PS écartelé", titre ainsi La Marseillaise... "Un Congrès pour rien", estime Le Dauphiné... Tandis que Le Républicain Lorrain annonce que "le PS se défausse sur les militants"... Car ce sont donc les militants socialistes qui vont, une nouvelle fois, devoir trancher... Presque tous les éditoriaux se désolent, ce matin, de l'impasse dans laquelle s'est fourvoyé "ce grand corps malade" qu'est le premier parti de l'opposition... expression de Jacques Guyon, dans La Charente Libre... Bruno Théveny, dans Le Journal de la Haute-Marne, évoque, lui, "le massacre de Reims"... Et il pense qu'aujourd'hui, "François Mitterrand doit se retourner dans sa tombe"... "Mitterrand doit mordre son chapeau", estime de son côté Yann Marec, dans Le Midi Libre... Tandis que Gérard Noël, dans La Liberté de l'Est, se réfère à un autre de nos Présidents : le Général... "De Gaulle, dit-il, aurait qualifié le Congrès de Reims d'un seul mot : la chienlit"... "Une chienlit de laquelle sortent toutefois quelques vainqueurs", commente Michel Urvoy, dans Ouest-France... Et les vainqueurs, il en voit trois : Sarkozy, Bayrou et Besancenot... "Nicolas Sarkozy, parce qu'il est préservé pour longtemps de vrais concurrents... François Bayrou, parce qu'il voit se renforcer le rôle arbitral du centre, à la veille des Européennes... Olivier Besancenot, parce qu'il dispose maintenant d'un temps précieux pour transformer en électorat plus stable son audience protestataire"... Oui, "le PS a payé, ce week-end à Reims, une tournée générale de champagne à tous ses adversaires", confirme Paul Quinio, dans Libé... "Sarkozy, Bayrou, Besancenot : grands vainqueurs"... C'est également l'avis du politologue Pascal Perrineau, qui s'exprime ce matin dans les colonnes du Parisien-Aujourd'hui en France... Alors maintenant, que va-t-il se passer ?... Eh bien je suis au regret de vous dire, Benoît Hamon, que, pour plusieurs journaux, vous ne faites pas le poids face à vos deux adversaires... Il en est même qui vous oublient... Ainsi La Dépêche du Midi, qui montre à sa Une une photo de Ségolène Royal et de Martine Aubry... "Entre Royal et Aubry, les militants vont trancher", titre le quotidien... Ainsi également Les Dernières Nouvelles d'Alsace, qui nous annonce "un match Aubry-Royal"... "Une finale dames", commente Olivier Picard dans son éditorial... sans qu'apparaisse une seule fois votre nom... A l'inverse, Marianne (ça va vous consoler)... Marianne, dans ses pages Evénement, propose un reportage sur "ce petit jeune qui séduit le vieux parti"... reportage dans la fédération de la Loire... Et "le petit jeune", bien sûr, c'est vous, Benoît Hamon... vous qui, nous explique Stéphanie Marteau, "êtes parvenu à agréger les forces vives du PS : des mecs marrants, des intellos issus de milieu ouvrier, des galériens post-industriels, des étudiantes qui militent à l'UNEF ou aux MJS... et puis des militants grisonnants, qui en ont marre que le parti oublie Jaurès et Blum"... Marianne nous apprend également que, lors de vos déplacements, vous dormez chez vos militants... Si jamais vous devenez Premier secrétaire du PS, vous continuerez à dormir chez vos militants ? (...) Toujours dans Marianne, et toujours sur le PS, vous pourrez lire un dossier consacré à Ségolène Royal... "Pourquoi tant de haine ?"... "Pourquoi les mauvaises langues se gaussent-elles encore aujourd'hui de ce qu'elles appellent sa 'cruchitude' ?"... Elle qui lançait hier : "Nous finirons bien par nous aimer"... Commentaire de Paul-Henri du Limbert, dans Le Figaro : "On ne sait si les socialistes s'aimeront un jour... Mais on est obligé de constater qu'aujourd'hui, ils se haïssent comme jamais"... Si l'on en croit les journaux, Nicolas Sarkozy serait donc l'un des vainqueurs du Congrès de Reims... Pour certains, il sort également vainqueur de la réunion du G20, à Washington... C'est en tout cas l'avis du Figaro, toujours très enthousiaste quand il s'agit des initiatives de notre Président... "Le G20 donne le coup d'envoi à une relance mondiale", titre ainsi le quotidien... A l'inverse, L'Humanité estime que "le plan annoncé ne s'attaque pas aux logiques économiques actuelles"... L'Huma pour qui "l'unanimité revendiquée à Washington n'était en fait qu'une unanimité de façade"... D'un côté donc, l'enthousiasme du Figaro... De l'autre, les critiques de L'Humanité... Entre les deux : Libération, qui estime que "la réunion a finalement décliné un programme de régulation de la finance mondiale moins creux que ce qu'on aurait pu craindre"... Sachant que, pendant ce temps-là, on continue chaque jour de constater les effets de la crise financière... On le constate notamment, ce matin, dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, avec plusieurs titres éloquents... "Banques : vers des suppressions d'emplois chez Dexia"... "Automobile : Renault va réduire sa production de 25%"... Et "dans un mois, à Thourotte, dans l'Oise, Saint-Gobain éteint de nouveau ses fours"... L'entreprise fabrique notamment des pare-brise... A la Une du Bien Public, vous lirez par ailleurs que la vente des vins des Hospices de Beaune a elle aussi été touchée par la crise... des ventes en baisse de plus de 26% ce week-end, par rapport à l'an dernier... Et puis gros plan, dans La Croix, sur l'économie britannique... Croissance en baisse, faillites, licenciements... La période dorée est terminée et, nous dit le quotidien, le pire est encore à venir... Les autres titres de la presse, ce matin... Toujours dans La Croix... Vous lirez l'histoire de cette sociologue française agressée à Moscou... Elle s'appelle Karine Clément... Elle a 38 ans... Elle est militante anti-raciste et très active aussi dans la défense des victimes d'arnaques au logement... Pour la troisième fois en deux semaines, elle vient d'être victime des gros bras de certains milieux criminels... Jeudi, dans le centre de Moscou, deux hommes se sont jetés sur elle et lui ont planté une seringue dans la jambe... A la Une de Libération... Révélations sur les carnets d'Yves Bertrand, l'ex-patron des Renseignements généraux... On avait déjà pu lire des extraits de ses carnets dans Le Point... Et pour Libé, ils sont la preuve de l'existence, du temps de sa Présidence, "d'une police politique au service de Jacques Chirac"... C'était, nous dit le quotidien, "le cabinet noir de la République"... A la Une du Courrier Picard... "La traque aux sangliers"... A la Une de Ouest-France... "Les sangliers envahissent nos campagnes"... Accidents de la route, trains retardés, dégâts sur les cultures : leur prolifération est devenue, nous dit-on, un très sérieux problème... Et puis, pour finir... cette info "voirie", à lire dans Aujourd'hui en France... "A Compiègne, le chantier est bloqué rue de Solferino"... Un nouveau dossier pour vous, Benoît Hamon ?

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