Le Monde raconte les destins brisés de Jean Livrelli, retraité et chasseur abattu par erreur sur une route de Corse, et de Shaoyao Liu, tué chez lui par un policier armé d'un fusil d'assaut, dans une soirée de confusions et de peurs... Les Jours militent pour la chicorée qui devrait remplacer le café, si peu écolo...

On parle de destin...   

Et la presse raconte un homme dont le destin se confond peut-être avec celui de l'humanité... Stéphane Bancel, le patron de Moderna, l'entreprise de biotechnologie dont le vaccin contre le Covid serait plus efficace encore que celui du concurrent Pfizer, et plus commode aussi, puisque se conservant au réfrigérateur.   On parle de Stéphane Bancel dans le Figaro qui le décrit comme "un sanglier qui fonce", et il parle dans les Echos, Stéphane Bancel, et c'est précis. Son vaccin se vendra 25 dollars la dose aux Etats-Unis et il faut deux doses par personnes, le prix sera divisé par cinq dans les pays en développement, il aura une efficacité au moins de six mois, il espère vacciner Bancel aux Etats-Unis en décembre et en Europe en janvier, à condition que les autorités sanitaires laissent passer le sanglier qui fonce...  

Mais il faut SURTOUT aller ce matin sur le site de Vanity Fair, qui publie un portrait fleuve de Bancel, et comprendre un homme puissant aujourd'hui, au carrefour de la science de la volonté du risque et des milliards qui rendent le risque possible...  Vous lirez bien sur la scène devenue légendaire d'une réunion à la maison blanche le 2 mars dernier, où Bancel, avec son accent français avait mis Donald Trump dans sa poche en lui promettant un vaccin en quelques mois...   Mais avant cela il y a un jeune marseillais sans doute dyslexique qui codait des jeux donjons et dragons sur son Apple II C, qui deviendrait ingénieur formé à la génétique et parlant japonais, qui dirigerait les laboratoires Mérieux en leur installant un bureau à Cambridge, Massachussetts, là où se conjuguent des universités, des laboratoires, des milliers de scientifiques des start-ups de Biotech et des fonds d'investissements... Car pour vivre une idée doit devenir riche, et dans ce bouillonnement Bancel rencontrerait son destin...   

Et Vanity Fair nous dit le chemin d'une découverte. Une chercheuse hongroise nommée Katalin Kariko qui dans un labo de Pennsylvanie dans les années 2000 parvient à apprivoiser l'ARN Messager, ce code qui guide notre corps quand il fabrique des protéines, elle n'arrive pas à monétiser sa sa découverte, on la prend pour une folle, un biologiste canadien de Harvard, Derrick Rossi reprend la découverte et injecte une molécule d'ARN-m à une souris, et s'en va voir un seigneur des start-ups nommé Robert Langer, alias le Thomas Edison des biotechs, qui entraine un vétéran de l'industrie scientifique, et un autre chercheur et ensemble ils lancent ModRNA. et s'en vont chercher ce français Bancel que précède sa réputation de d'organisateur...

Nous sommes en 2011, et il s'agit alors de trouver le moyen de guider le corps à produire lui même les protéines de sa guérison, en utilisant l'ARN modifiée et le code génétique des maladies... Moderna se place d'abord sur le marché des maladies rares,  et Bancel lève ses premiers millions, un milliard bientôt quand rien n'a été prouvé , et d'autres milliards encore quand arrive le Covid dont il comprend l'ampleur, et alors, le marché des vaccins, qui n'avait aucun intérêt financier, devient une mine d'or et une mission, et Bancel réoriente ses chercheurs qu'il a si souvent brutalisés angoissé virés, et Moderna, estimée à trente milliards devient aussi grosse que Vivendi avant même de nous avoir protégés...   

Etes vous emportés par cette cavalcade? Je lis que dans le Monde des Biotechs, parfois les dollars s'évaporent après avoir été levés et parfois on, triche, pas Moderna, je lis  cette phrase dans Vanity fair qui serait la vérité de l'époque ... « Fake it until you make it », commencez par faire semblant avant de réussir.  

Aux Unes du Dauphiné libéré, du Progrès et de la Montagne, on se réjouit d'une grande campagne de tests qui permettrait de sauver Noel en Auvergne Rhône-Alpes, et je me sens, français, auvergnat, un enfant.   

Le Monde raconte deux morts violentes...

Et ce sont deux destins qui semblent symétriques de celui de Stéphane Bancel, deux hommes que nul ne connaissait et qu'on est allé tuer sur des malentendus.   Le premier s'appelait Jean Livrelli, il était corse retraité aimable et en aout  2018 fut abattu sur la route 27 A, parce que le 4X4 sombre qu'il conduisait pour retrouver des copains chasseurs de sanglier ressemblait à la voiture d'un homme d'affaire riche et menacé qui comme lui habitait Bastelica, dont les hautes maisons gardent trop de secrets... Le Monde raconte l'injustice et la douleur et l'enquête policière et des supposés truands suspectés et des hommes de main croques-misère qu'on surnomme Averell comme le plus bête des Dalton, et raconte Jean, qui disait ceci, "Je n’ai jamais fait de mal à personne, et on me tue", à ses amis chasseurs qui le veillaient agonisant et qui couvrirent le visage avec sa veste...   

L'autre homme s'appelait Shaoyao Liu, mort chez lui à Paris en mars 2017 abattu au fusil d'assaut par un policier qui venait d'entrer dans son appartement par une porte brisée et dont affolé il avait piqué le bras avec des ciseaux, le Monde raconte un homme qui était parfois étrange et exalté et qu'un de ses voisins, retraité de la police, appelait "le chinois fou", c'est ce voisin qui avait appelé la police ce soir-là en parlant d'un couteau brandi, et le Monde raconte les méprises et les peurs partagées une épouse qui apprend qu'elle est veuve à qui les policiers demandent de faire moins de bruit, et une enquête et une instruction qui concluent au non-lieu que la chambre d'instruction de la Cour d'appel doit réévaluer aujourd'hui,. Je lis que deux des policiers c qui étaient monté chez Shaoyao Liu sont impliqués dans l'enquête de Street press sur les violences policières du commissariat du XIXe, je lis aussi que le ministère de l'intérieur et la préfecture de police n'a jamais répondu au Défenseur des droits qui demandait que soit éclaircie l'utilisation du fusil d'assaut...  

On parle enfin de chicorée... 

Qui est ce matin une consolation pour sauver le monde.... Cette vieille plante de chez nous à l'arrière-gout de noisettes, dont le site Les Jours m'apprennent que ses défenseurs souhaitent la voir remplacer le café, voire le thé, car le thé et le café qui poussent bien loin de chez nous sur des plantations pour lesquelles on déforeste, avant de les convoyer vers nos tasses, ont un bilan écologique désastreux:  l'article regorge de chiffres et de saveurs, le titre est excellent, "Arrêter le café ? C’est pas l’amer à boire", peut-on sourire et démondialiser... 

La Croix dans une belle série parle de démographie et se demande si nous sommes trop nombreux sur terre. et rencontre une jeune femme de 20 ans étudiante infirmière qui cherche son chemin dans la jungle de Dehli, Astha née le 11 mai 2020 fut le milliardième bébé de l'Inde auquel son pays enamouré avait promis la plus belle des vies, la voilà désabusée déjà. Mais la jeunesse est espérance encore. Dans l'Equipe, je découvre Victor Wembanyama, natif du Chesnay, Yvelines et basketteur à Nanterre, qui à 16 ans mesure 2219 et n'a pas fini de grandir et à qui l'on promet déjà le paradis en NBA... Le destin lui est doux.

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