Encore de la volaille à la Une ce matin… Du poulet dans les canards… Grippe aviaire : pas de panique, nous dit "L’Humanité"… Oui, bien sûr … Mais comment informer sans affoler… Avertir sans semer la panique… Expliquer qu’on ne sait pas tout, sans donner l’impression de ne rien maîtriser… Bref… En dire trop… Ne pas en dire assez… L’exercice n’est pas simple. Il y a un côté "corde raide" dans cette affaire… Et comme le dit Dominique Quinio dans "La Croix"… Personne n’est en mesure de délivrer une information irréfutable… Celle qui rassurerait totalement, ou alarmerait à coup sûr… L’avenir ne peut être prédit qu’au conditionnel... C’est l’incertitude comme principe de réalité. Alors pour l’instant, mieux vaut poser les bonnes questions, comme le font "Le Parisien¨" ou "La Croix"… Du genre : Pourquoi une pandémie est-elle possible ? Peut-on continuer à manger du poulet ou des œufs… Faut-il stocker des médicaments anti-grippaux… Ou bien, existe-t-il un vaccin contre la grippe aviaire ? Tiens… A propos de bonne question : Celle-ci : un énarque ferait-il un bon journaliste ? Je ne sais pas si ca tient du rêve ou du cauchemar… Mais à l’occasion du 60ème anniversaire de l’ENA, "Les Echos" ont tenté l’expérience : Ils ont remis les clés de la rédaction à une bande d’énarques… Vous imaginez les énarques en bande... Ca fait peur… 80 d’entre eux ont ainsi composé "Les Echos" d’aujourd’hui… Entièrement… articles, éditos… Tout ce qui fait un journal, quoi… Avec quelquefois de bonnes formules… de journalistes… Comme Michel Cicurel, dirigeant de la compagnie financière Edmond de Rothschild... Il fait le portrait du nouveau directeur des cinémas MK2… Nathanaël Karmitz… le fils de son père… Portrait qu’il titre : "Nathanaël Karmitz : la nouvelle bobine de MK2... Pas mal, non ? Et puis il y a Jean-Paul Huchon, qui est le seul à écrire un article boutique… Je vous dis ça parce qu’il parle de l’ENA… Et il nous dit, le président de la région Ile-de-France : les énarques ne sont plus des clones arrogants et cuistres… Hier, il fallait les voir dans les couloirs du journal "Les Echos"… Apprentis journalistes, modestes et appliqués. On va le vérifier tout de suite avec Françoise Fressoz… Journaliste aux "Echos"… Racontez-nous l’ambiance hier dans votre rédaction, avec tous ces énarques... D’où est venue l’idée ? Et puisque la loi du genre d'une revue de presse, c'est de citer nos confrères, je n'oublie pas Jean-Paul Cluzel, "Promotion De Gaulle", journaliste d'un jour dans "Les Echos"... Demain, c'est fini... c'est juste pour aujourd'hui... Bien... Jean-Paul Cluzel, PDG de Radio France, qui signe un article sur le budget 2006, examiné à partir de demain à l'Assemblée... "Breton défend un budget de droite, qui préserve le modèle social français", écrit Cluzel... Oui, un budget de droite, répond l'hebdomadaire "Marianne"... Jusqu'ici, les ministres des Finances se vantaient auprès des députés de leur présenter un bon budget... C'est-à-dire quelque chose qui correspond aux intérêts du pays et des citoyens... Or, avec son budget de droite, présenté comme tel par le ministre lui-même... Breton innove... S'il voulait justifier les mouvements sociaux à venir, il ne s'y serait pas pris autrement, commente "Marianne". "Marianne" et son dossier sur "la catastrophe à gauche"... Pas une proposition, pas une idée, pas même la queue d'un projet, écrit l'hebdomadaire... Pas de leader non plus : à côté de François Hollande, Guy Mollet était charismatique... C'est pire qu'une décadence : c'est un coulage. Et puis cette lecture en coin des sondages les plus récents... Le BVA pour "Le Figaro" par exemple : Thomas Vallières nous rappelle que la gauche de la gauche rassemblerait jusqu'à 22% des suffrages avec les Verts, contre 19 au PS. Je vous laisse imaginer la suite... Le deuxième tour... D'ailleurs, c'est dans "Le Figaro" ce matin, sous la plume de Guillaume Tabard... Assistera-t-on, en 2007, à un deuxième tour Le Pen-Sarkozy... Besancenot-Fabius... Villepin-Bayrou... Le Pen-Besancenot... Scénario fantaisiste... Oui... Tout comme avant le 21 avril 2002, la présence du Front National au second tour semblait impensable. A méditer... Non seulement les énarques savent écrire... Enfin, je veux dire en langage compréhensible... Mais ils ont des infos... Puisque celle-ci, on la trouve dans "Les Echos"... A propos de la SNCM, Walter Butler, co-repreneur de l'entreprise, affirme qu'il s'engage pour au moins 5 ans. Mais c'est dans "Le Parisien" qu'on découvre cette incroyable information... Sous le titre "Scandale à la SNCM"... Le journal nous explique que depuis des années, le personnel de la compagnie se partageait une partie importante du produit des ventes réalisés sur les ferries... Tabac, alcools, restauration... Dans la foulée, de véritables trafics s'étaient organisés, affirme "Le Parisien". Alors que le concurrent "Corsica Ferries" annonçait réaliser presque un tiers de son chiffre d'affaires grâce à la seule vente des produits à bord... La SNCM, elle, présentait un bilan quasi nul sur ce poste budgétaire... Et pour cause... Le plus fort, c'est la réponse de la direction... Oh, vous savez : la vente des produits à bord, elle ne figure pas totalement dans la compta, parce que chez nous, c'est un élément de politique sociale. Mais là où l'affaire fait une bien mauvaise publicité au combat social, c'est qu'on commence à dire, sur le Vieux Port de Marseille, que si les marins voulaient conserver intact leur service public, c'était bel et bien pour garder leurs petits avantages. Encore plus fort : selon un responsable marseillais de la SNCM... Comme les salariés de la société ne travaillent que 6 mois par an, plusieurs d'entre eux possédent d'autres activités professionnelles... Souvent dans la restauration... Une partie du butin réalisé est donc recyclée dans le commerce local... Information qu'il faut conjuguer au passé, d'ailleurs... Parce que, comme le dit la Connex, l'autre repreneur, tout le monde a intérêt à ce que ça change. Mais oui... et à juste titre, hélas ! Vous avez lu le dernier "Astérix" ? Malencontreusement intitulé "Le ciel lui tombe sur la tête"... On se demande si Uderzo ne parle pas de lui-même... A l'instar de ses héros, la seule chose qu'il avait à craindre, c'est effectivement que le ciel lui tombe sur la tête... C'est fait. C'est "France Soir" qui nous explique à quel point le dernier "Astérix" déçoit ses fans... Avec ses histoires d'extraterrestres, Uderzo a voulu faire moderne... C'est raté, écrit Delphine Peras... La mayonnaise ne prend plus, le scénario est laborieux, les références trop lourdes... La potion est imbuvable. Analyse intéressante de Patrick Gaumer, auteur du "Larousse de la BD"... On dirait qu'Uderzo a voulu casser son jouet... On dirait qu'il a semblé tout faire pour qu'il n'y ait pas d'autre album après... D'abord, il reprend la couverture du premier "Astérix", en 61, et pour la première fois, il utilise une phrase entière dans le titre... Dans le banquet final, Assurancetourix a le droit de chanter... Ce qui n'est jamais le cas... Et puis, cette fois, le ciel leur tombe sur la tête... Comme un chant du cygne... Comme la fin. Le dernier "Astérix". Bon, c'est vrai qu'Astérix est mort en même temps que Goscini... Depuis qu'Uderzo a repris les rênes tout seul, ça ne fonctionne plus... C'est d'autant plus pathétique que cet album a été lancé comme un paquet de lessive, avec un marketing délirant... Ce qui fait dire à Delphine Peras, de "France Soir", qu'Uderzo a voulu faire moderne, avec son histoire qui ne tient pas debout, un peu comme un Houellebecq prédisant l'avènement des clones... Vous savez, "La possibilité d'une île", lancé lui aussi avec un incroyable battage médiatique, mais qui pourtant est loin d'atteindre les records de vente promis... Houellebecq, ou la possibilité d'un bide. Bonne journée !... A demain !

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