"Où sont passés les millions ?"... La question est en Une de Libération, sur une photo de Laurence Parisot, la présidente du MEDEF... les mains sur les hanches, le regard perdu... On sent bien, oui, qu'elle cherche quelque chose... Où sont passés les millions ?... Dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Olivier Picard a choisi d'en rire... Rire d'abord d'un nouveau vocabulaire... L'éditorialiste a beaucoup aimé le verbe "fluidifier", pour "fluidifier les relations sociales"... Mais "le gag, écrit-il, c'est le compte des millions d'euros déposés dans les agences bancaires qui augmentent tous les jours... une histoire rocambolesque, style De Funès dans les années 60"... Mais au-delà de l'histoire drôle... c'est le financement des syndicats qui est posé... Jean-Pierre Bédeï l'explique dans Le Midi Libre... "Lorsque à la fin des années 80, les pouvoirs publics se sont penchés sur le financement anarchique des formations politiques, ils auraient dû adopter la même démarche en direction des syndicats... Car les mêmes causes produisent les mêmes effets"... Les mêmes découvertes aussi... "On croyait que la fée Transparence régissait depuis belle lurette notre monde actuel", écrit Didier Pobel dans Le Dauphiné Libéré... "On avait tout faux... Derrière les icônes du modernisme, se profile encore l'ombre dérangeante du Père Goriot ou d'Eugénie Grandet"... Et dans Sud-Ouest, Bruno Dive demande des explications... "Cet argent, prélevé sur la masse salariale des entreprises métallurgiques, c'était pour aller où ?... Pour financer les syndicats ?... Pour constituer une caisse noire afin d'aider les entreprises à résister aux grèves ?... Pour financer un intense et peu regardant lobbying parlementaire ?... Les révélations se succèdent, souligne l'éditorialiste, mais le doute demeure"... "Il va bien falloir aller au bout de l'enquête", pour Jacques Guyon, dans La Charente Libre, qui remarque ce matin : "Si Laurence Parisot a semblé tomber des nues en découvrant un "secret de famille", l'ex-patron des patrons Yvon Gattaz a jeté un sacré pavé dans la mare en évoquant, pour sa part "un secret de polichinelle"... Dans Les Echos, Favila espère que "d'un mal peut sortir un bien"... Dans Le Monde, on demande la remise à plat du financement des syndicats, une modernisation qui permettrait de faire basculer les relations sociales du XIXème au XXIème siècle... Dans le dossier de Libération, vous lirez, entre autres, les propos de Bernard Thibault... le secrétaire général de la CGT... Il dénonce : "C'est une enquête sur le maniement d'argent liquide par un dirigeant patronal... Et par on ne sait quel subterfuge, ce sont les syndicats des salariés qui doivent se justifier"... Les syndicats pointés du doigt, au moment où ils descendent dans la rue... Certains ont du mal à n'y voir qu'une coïncidence... Il faut dire que l'appel à la grève, demain, contre la réforme des régimes spéciaux, c'est l'autre sujet qui fait couler beaucoup d'encre ce matin... Avec d'abord cette question... Cette grève, vous êtes pour ou contre ?... Les sondeurs, vous vous en doutez, ont posé la question... Et, une fois n'est pas coutume, le résultat est drôle... Le Figaro titre : "Une large majorité de Français contre la grève"... L'Humanité affirme que "54% des Français soutiennent les grévistes"... Alors bien sûr, les deux sondages sont différents... Dans Le Figaro, c'est une enquête BVA, où 55% des personnes interrogées trouvent le mouvement de demain injustifié... Dans L'Humanité, au contraire, selon l'institut CSA, plus de la moitié des Français soutiennent le mouvement de demain... "Serions-nous tous schizophrènes ?", se demande Patrick Fluckiger dans L'Alsace... "Ce qui est sûr en tout cas, c'est que les Français craignent pour leurs retraites... Et ce que l'on retrouve dans tous les sondages, c'est un sentiment de désarroi... Parce que chacun sait que le simple alignement des cotisations ne suffira pas à garantir le système général des retraites"... Alors, côté pratique... Dans chaque région, vos quotidiens listent ce qui roulera ou pas... "Trains, RER, métros, autobus : la grande grève", annonce Le Parisien... "Un jeudi de grosse galère", prévient L'Indépendant du Midi... "Un jeudi sans trains", note La Voix du Nord... Alors, du coup, Les Echos constate que, sur les "régimes spéciaux de retraite, l'épreuve de force commence"... Et La Tribune voit Nicolas Sarkozy "déterminé à tenir bon face à sa première épreuve sociale"... Pour François-Xavier Pietri, l'éditorialiste du quotidien économique, "la rupture est en test"... Sauf que Bernard Revel, dans L'Indépendant, analyse que "le Président de la République aurait été plus crédible si sa volonté réformatrice avait concerné tous les régimes spéciaux... celui des militaires par exemple... ou des députés... En ce qui concerne la défense de leur régime très spécial, il n'y a ni gauche ni droite pour ceux qui votent les lois"... Où sont les millions ?... Ce qui est sûr, c'est qu'ils ne sont pas ici... Ici, c'est Résistances... le journal du refus de la misère... Un journal gratuit, édité tous les ans par ATD-Quart-Monde, Amnesty International et le Secours Catholique, le 17 octobre... Journée mondiale du refus de la misère... "Comment refuser la misère ?", demande Résistances... "Eh bien, par la solidarité... par des lois justes... une économie qui ne place pas le profit avant toute chose... Et surtout, en agissant avec les premiers concernés, plutôt que pour eux"... Jeanne-Emmanuelle Hutin ne dit pas autre chose en Une de Ouest-France : "Refuser la misère, c'est écouter la personne souffrante... c'est prendre en compte sa parole, son rythme, son chemin... c'est ouvrir les portes pour permettre à chacun de participer à la construction de la société"... Et confirmation dans un reportage de La Provence ce matin... le témoignage d'Angélique... Avec ses deux enfants de 4 et 9 ans, elle vit dans un foyer Sonacotra, après avoir fui un mari violent... Elle raconte cette vie qui n'en est pas une... l'impression qu'elle a qu'on l'a mise quelque part et qu'on l'a oubliée... Et "la misère, dit-elle, c'est ça : c'est quand on vous oublie"... Dans La Croix, dans L'Humanité, vous lirez d'autres récits... des récits de combats... Parce que, comme le dit une phrase de Convergences, le magazine du Secours Populaire Français, "il n'y a pas de gens qui tombent, il y a juste une société qui abaisse"... Alors vous le verrez dans ces témoignages... l'une des problématiques évoquées est celle des salariés pauvres... Dans La Tribune, un article met les points sur les "i"... "Le SMIC n'est pas un minimum dans près d'une branche professionnelle sur deux"... Pour plus de 3,7 millions de travailleurs, la grille de salaires démarre en dessous du salaire minimum... La Tribune qui explique que le ministre Xavier Bertrand a demandé qu'on lui fasse des propositions pour faire avancer les choses dans ce dossier... Et sinon, dans la presse... Eh bien les hebdos satiriques du mercredi... avec deux sujets différents pour un même thème... Le Canard Enchaîné retient l'amendement ADN en Une... un amendement toujours contesté, explique l'hebdomadaire... pour qui, décidément, "Sarkozy a vraiment des problèmes de regroupement familial"... Charlie Hebdo, de son côté, titre sur la journée de grève de demain... avec une Cécilia en grève illimitée, qui indique, boudeuse : "Pas de service minimum"... La vie du pouvoir... Elle intéresse aussi VSD... avec cette question : "Dans un gouvernement sous pression, vivre avec un ministre : privilège ou sacrifice ?"... Alors, de la femme de Brice Hortefeux au mari de Rama Yade, passage en revue des conjoints du gouvernement... Et au final, ça n'a pas l'air d'être la mine... Ca va peut-être donner à Bernard Laporte l'envie d'arriver au gouvernement... Il est attendu, annoncé depuis des semaines, comme secrétaire d'Etat aux Sports... Sauf qu'avant même qu'il prenne ses fonctions, il a fallu que Bachelot le recadre... C'est Le Parisien-Aujourd'hui en France qui le rapporte... Hier, celui qui sera bientôt l'ex-sélectionneur du XV de France indiquait : "Ce nouveau métier, je ne sais pas s'il me plaira... S'il me plaît, j'y resterai... S'il ne me plaît pas, je ne le ferai plus"... Le Parisien explique donc que, sur France Inter, Roselyne Bachelot l'a remis en place... Pour la ministre de la Santé et des Sports, "quand on remplit la fonction de secrétaire d'Etat, on ne la remplit pas pour son plaisir... On la remplit pour le bien des Français"... Et les parlementaires UMP en rigolent déjà... "S'il s'adresse aux parlementaires comme il s'adresse à ses joueurs... On a déjà Fadela au gouvernement... S'ils sont deux, ça va faire beaucoup"...

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