(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : quelques come-back

(Bruno Duvic) Ils en ont tellement pris dans la figure depuis deux ans qu'ils méritent bien quelques compliments ce matin. « Les Bleus ont tenu tête à l'Espagne, 1 partout : expliquons l'impensable ». C'est le titre encore ironique de Rue89 ce matin. 1 partout et le scénario qui va avec : un pénalty sauvé et le but à la dernière seconde dumatch après une deuxième mi-temps nettement en faveur des Bleus sur le terrain espagnol.

L'Equipe ne boude pas son plaisir et donne dans le premier degré. "Jouissif" ce match hier. Vincent Duluc, qui suit les Bleus depuis longtemps pour le quotidien sportif verserait presque une petit larme :

"Dans la nuit madrilène soudain rafraichie et silencieuse, écrit-il, tout le monde s'est posé la même question. Depuis quand ? Depuis quand une équipe de France n'avait-elle pas suscité une émotion semblable ? Peut-être faut-il remonter à l'année 2006. Et ce n'était pas un plaisir furtif, plutôt une immense conquête, avec du cœur et de la réflexion.

Nulle amnésie, nul emballement gratuit : les Bleus ont réalisé un exploit magnifique hier soir en renversant un match qui semblait perdu face à la meilleure équipe du monde, qu'ils ont bringuebalée dans tous les sens. »

Ironie, parmi les meilleurs sur le terrain, figurent les joueurs les plus critiqués ces dernières années : Ribery obtient la note de 8/10 dans L'Equipe .

Rue 89 commente : « Ribery, le mec en claquettes à Telefoot (au moment de la coupe du monde 2010). Plus personne ne vient lui reprocher sa syntaxe maintenant qu'il est décisif en équipe de France. »

Mais que dira la presse si par le plus grand des hasards l'équipe de France est mauvaise lors de son prochain match ? « Question suivante » aurait répondu Domenech.

Ribery est de retour, Obama aussi.

Les deux jouent plutôt sur l'aile gauche. Obama avait raté son premier match face à Mitt Romney. Après le deuxième débat cette nuit, à en croire slate.fr , pas de KO mais le président sortant est plutôt vainqueur aux points.

Sondage CBS news : il a gagné le débat pour 37% des personnes interrogées. Romney vainqueur pour 30%. Match nul pour 33%.

Obama plus offensif, sur l'immigration, le droit à l'avortement, le plan fiscal de son adversaire. Les deux étaient assez agressifs l'un vis à vis de l'autre. Le public pouvait poser des questions.

« Qu'avez vous accompli pour mériter mon vote ? a demandé un spectateur :

  • j'ai tué Ben Laden a répondu Obama. »

Question dans Le Parisien-Aujourd’hui en France : la prison est-elle propice à la diffusion du radicalisme musulman ?

« On ne se radicalise pas plus en prison qu'en liberté, répond un cadre de l'administration pénitentiaire. Mais le choc carcéral, qui fragilise le détenu, peut le rendre plus influençable. »

Illustration de ce propos, toujours dans Le Parisien avec l'histoire de Karim Mokhtari.

Aujourd'hui, il est coordonateur national d'une association qui encadre des jeunes en service civique, il a deux petites filles, une trentaine d'années. C'est un ex taulard. Il a fait de la prison après un braquage organisé alors qu'il avait 18 ans.

C'est donc tout juste majeur qu'il entre à la maison d'arrêt d'Amiens. La crasse, la fouille au corps, le mitard. « En prison, tu te déshabilles de l'extérieur et de l'intérieur. » L'obsession devient alors de « survivre dans cet univers de fous ».

Pendant les promenades, il remarque une petite assemblée de détenus musulmans qui prient sur les serviettes de bains fournies par l'administration pénitentiaire.

"C'est la plus belle chose que j'ai vue en cour de promenade, ils avaient l'air calme, moi je luttais contre le dragon en moi." Très vite le leader du groupe vient l'aborder : « Es-tu musulman ? » Le soir même il reçoit un colis. Tout ce dont il avait besoin : du thon, des pâtes, des timbres, des enveloppes. Il a trouvé une nouvelle famille bienveillante. Quelques semaines plus tard, il observe les cinq prières quotidiennes.

Pas de souci à ça. Si ce n'est qu'arrivent assez vite dans le groupe des diatribes anti-françaises, puis l’évocation des camps d'entrainement en Afghanistan et au Pakistan dans lesquels il devrait se préparer "pour tuer les mécréants partout où ils se trouvent".

Le groupe prenait de l'importance dans la prison d’Amiens, raconte Karim Mokhtari. L’administration a paniqué. En 10 jours, chacun a été transféré dans un autre établissement.

« Je ne sais pas combien de temps j'aurais pu résister. (…) Quand on est derrière les barreaux on se sent rejeté par la société, alors si quelqu'un te dit que c'est toi la victime, cela peut séduire. »

Comment réduire l'influence des radicaux en prison ? Peut être en multipliant les aumôniers musulmans. Le Nouvel Observateur raconte le coup de sang de Jean-Jacques Urvoas, président de la commission des lois à l'assemblée. Il estime que la ministre de la justice Christiane Taubira n'accorde pas assez d'importance à cette question. L'Obs parle de 90 aumôniers : 15 supplémentaires en 2013 puis 2014. Largement insuffisant pour Jean-Jacques Urvoas.

Quoi d'autre dans la presse ?

D'abord, la distribution des quotidiens est encore très perturbée. Ce matin, c'est la zone "grand nord" qui est concernée. Elle couvre la Normandie, Champagne-Ardennes, le Nord Pas de Calais, la région Centre, et la grande banlieue parisienne

Peut-on parler de retour de la violence en Corse tant elle est présente ? En tout cas, retour à la Une après l'assassinat de Maitre Sollacaro, avocat entre autres d'Ivan Colonna. « La défense assasinée », titre Corse Matin . C'est « L'ile aux meurtres » pour Libération. "Qui en voulait à l'avocat corse ?", se demande La Provence , à Marseille.

Et puis les traditionnels échos politiques dans les hebdomadaires, qui viennent d'arriver tout chaud.

Manuel Valls : 75% de popularité dans le baromètre Paris-Match .

Dans Le Nouvel Observateur , la fuite des militants socialistes. Seulement 100.000 à jour de cotisation le 11 octobre. La moitié de ce que revendique le parti socialiste.

Dans Le Point , le grand amour Sarkozy-Fillon : déjeuner entre les deux le 12 septembre.

L'ex-président :

« Ca ne te dérange pas si je viens faire un discours au congrès de l'UMP ?

L'ex Premier Ministre :

  • Je ferai en sorte que tu ne sois pas applaudi pendant plus de 5 minutes. »

Dans le même hebdomadaire, énième papier sur la vie privée du président et de sa compagne. Où il est confirmé qu'ils dorment très peu à l'Elysée, mais continuent de vivre dans le XVème arrondissement. Le soir, une fois le diner terminé, à en croire Le Point , Madame remplit le lave-vaisselle et Monsieur replonge dans ses dossiers.

Vie privée vie publique. Dans L'Express , on lira une très jolie interview de Mazarine Pingeot. « Ce fantôme dont je suis le témoin et la preuve », dit-elle notamment.

Une autre interview dans Telerama .

Oui cette semaine, dans les hebdos culturels, vous avez le choix entre deux grands comédiens. Isabelle Huppert rédactrice en chef des Inrocks et Jean-Louis Trintignant, qui accorde un entretien à Telerama . Avant de l’entendre vendredi dans le 7/9 de France Inter, on peut donc lire les propos de Trintignant, une semaine avant la sortie du film d'Haneke, palme d'or à Cannes.

Ce sera son dernier film. Fini le cinéma.

« Cela ne me plait plus. Je pense que mon vrai métier, c’est le théâtre. Un moment dans ma carrière, j’ai enchainé quatre ou cinq films par an pour pouvoir payer mes impôts. J’ai honte de le dire, mais c’est vrai.

  • Un bon acteur, c’est quoi ?

  • Une page blanche sur laquelle on met des couleurs.

  • Dans les années 70, qu’est ce qui vous distinguait de Delon et Belmondo ?

  • Quelqu’un m’a récemment avoué ‘Quand j’avais 16 ans, je ne pouvais pas m’identifier à Delon parce qu’il était trop beau. Ni à Belmondo parce qu’il était trop sportif. Alors je me suis identifié à vous.’

  • Quel est votre passe-temps favori ?

  • J’enregistre des textes, des poèmes. J’ai des kilomètres de bande. J’ai peut-être enregistré trois mille fois Le Bateau ivre de Rimbaud. Sans jamais en être satisfait.

  • Qu’espérez-vous maintenant ?

  • La mort. Je n’ai pas vraiment d’autre ambition. Je vais essayer de la réussir. Ne pas finir sous perfusion, dans un hôpital, mais mourir en bonne santé. En cela, je suis suicidaire. Si un moment, c’est irréversible, ce n’est pas la peine d’attendre… Ce serait dégradant. »

A demain

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