(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : mosaïque

(Bruno Duvic) Elle s'appelle donc Leonarda Dibrani, 15 ans, collégienne, rom kosovare, domiciliée jusqu'au 9 octobre à Levier, dans le Doubs. Mercredi de la semaine dernière, lors d'une sortie scolaire, elle a dû descendre en pleurs du car dans lequel elle se trouvait avec sa classe pour rejoindre la police sur un parking.

Puis elle a été reconduite à la frontière avec sa famille, visée par une obligation de quitter le territoire.

L'Humanité __

"Un jour sans doute, des historiens s'interrogeront pour savoir comment des élus socialistes et ministres socialistes soutenus par un président socialiste ont pu à ce point mépriser les plus démunis et se revendiquer encore de Jaurès.

Les conditions d'expulsion de Leonarda ont quelque chose d'ignoble qui illustre la pourriture du climat actuel.

Besson et Hortefeux ont trouvé leur successeur en indignité. Il s'appelle Manuel Valls. Mais que fait-il encore place Beauvau ?"

Le Figaro __

Leonarda sera-t-elle invitée à revenir en France par vol spécial ? Avec les excuses de la République ? Tout cela pour calmer cette gauche vociférante qui cire au scandale avant même de savoir ? Cette gauche qui obéit davantage à ses émotions qu'à la loi ? Il est révoltant qu'une collégienne soit l'otage d'une manipulation politique. Entrée clandestinement en France il y a plus de 4 ans, la famille de Leonarda avait épuisé tous les recours administratifs et judiciaires.

Libération __

Cette affaire symbolise la lenteur avec laquelle les autorités françaises traitent les immigrés en situation irrégulière. Les Dibrani sont entrés clandestinement en France en janvier 2009. Le dernier recours a échoué devant la justice en février 2013. La circulaire de régularisation Valls de novembre 2012 impose 5 ans de présence sur le territoire. Ils auraient atteint le délai en janvier prochain.

La Croix __

Un double piège nous est tendu. Utiliser l'émotion d'un cas particulier pour condamner une politique globale. Ou au contraire, refuser de voir que derrière des dossiers administratifs vivent des hommes qui se cherchent un avenir. Il n'y a pas de manière douce d'expulser une famille, on ne peut dénier le droit d'un Etat à réguler les flux migratoires. Mais la raison ne doit pas étouffer le devoir d'humanité. Les Français, maltraités par la crise, ne doivent pas, pourtant, renoncer à accueillir un peu plus que leur part de la misère du monde.

Le Monde __

Dessin de Plantu. Deux élus socialistes vieillis discutent devant l'assemblée nationale. « Tu te souviens que je hurlais au fascisme quand on expulsait les roms ? »

Mediapart

« L'école doit être vécue comme un lieu de sécurité pour ces enfants souvent fragilisés par leur situation personnelle ». Circulaire n°2012-141 du 2-10-2012

Rue 89 __

En général les élèves de maternelle ou d'élémentaire, les collégiens et lycéens qui sont expulsés avec ou sans leur famille sont cueillis par la police au petit matin et de préférence pendant les vacances scolaires. Il suffit de faire ça proprement, pas devant les copains. L'humiliation en public, c'est ce qui nous touche visiblement plus que tout. Plus que l'expulsion, que l'écroulement du projet familial, que la suite.

La Montagne __

Evoquer la concurrence des valeurs de gauche avec la force de la loi comme Claude Bartolone ouvrirait la porte à une dangereuse instabilité institutionnelle.

El Pais __

Cruauté en France. Cette expulsion abrupte et inhumaine est le résultat de la dérive xénophobe qui imprègne notre voisin.

L'Opinion __

Il y a la gauche légaliste puis la gauche moraliste. Il y a la gauche de gouvernement et la gauche du rêve. Il y François Hollande et il y a... Il y a quoi au fait ?

Sud-Ouest __

Qu'a-t-on entendu hier ? Un président de l'assemblée nationale expliquer que la loi n'a qu'une valeur relative. Un ministre de l'Education tacler devant les députés son collègue de l'Intérieur. Un président de groupe et un premier secrétaire du PS se fonder sur des faits erronés pour critiquer le même ministre. Et un député PS influent se livrer à l'inévitable comparaison avec les heures noires de l'occupation. Hier, une gauche en folie jouait tous les rôles.

Gala __

Manuel Valls, sa femme, son meilleur atout

Le Point __

Baromètre de popularité. En tête Manuel Valls. 56% +8

Paris Match

Classement des personnalités politiques. En tête Manuel Valls. 66% -7

Quoi d'autre dans la presse ?

France, climat, suite... C'est une note de 4 pages classée confidentiel à laquelle Le Nouvel Observateur a eu accès. Chaque mois, les préfets rédigent une note, sur ce qu'ils perçoivent de l'opinion publique. Le ministère de l'Intérieur en fait une synthèse. La dernière en date est remontée illico jusqu'au sommet de l'Etat. Elle a été jugée suffisamment inquiétante pour être communiquée aux principaux dirigeants de la majorité.

  • Les préfets décrivent d'abord le malaise du monde rural. Discours contre l'hégémonie des métropoles, sentiment d'abandon.

  • Ils parlent des impôts : choc psychologique pour des foyers jusque là non imposables. La menace de désobéissance fiscale est clairement brandie.

  • Ils parlent de la délinquance. La population semble prête à s'impliquer dans des opérations du type « voisins vigilants ».

Pas de manifestation massive dans la rue. « De même qu'il existe des grèves perlées, on voit s'installer une colère diffuse qui entretient dans le pays un curieux climat où l'insatisfaction domine sans que jamais elle ne s'exprime de manière unifiée dans la rue. Aujourd'hui on en est là », ajoute François Bazin qui a eu accès à cette note.

Un député d'Ile de France confirme ce diagnostic : « Les gens se taisent mais tous ont le visage fermé. Ils se contentent d'un "C'est dur hein ?". On sent bien que ça veut dire : ‘’ne comptez plus sur notre bulletin de vote’’. »

Besoin de respirer ? Le Nouvel Obs encore. Jean Rochefort publie enfin ses souvenirs. L'hebdomadaire s'est procuré quelques bonnes feuilles. 2 extraits.

Dans le premier Rochefort est avec la superstar Belmondo.

« Belmondo signe autographe sur autographe. Apitoyé, on m’en demande un (…) je signe ‘’de Funès’’, puis, l’amour propre m’envahit et, courageusement, je décide d’utiliser mon patronyme.

Le récipiendaire :

  • Qui c’est, ça, Rochefort ?

  • C’est moi

  • Soyez gentil. Signez ‘’de Funès’’

Dans le deuxième extrait, Rochefort rend hommage à Pierre Schoendoerffer, le réalisateur du crabe-tambour, dans lequel il a joué, dans lequel il jouait aux côtés de Jacques Dufilho, Jacques Perrin et Claude Rich.

Seul ‘’vivre’’ était possible devant Schoendoerffer (…) L’océan, ses colères, le silence des icebergs, l’étonnement des pingouins, on ne pouvait ‘’jouer’’, nous le vivions et notre chef opérateur, Raoul Coutard, à bon escient, assombrissait les brouillards.

Schoendoerffer Pierre est mort, Dufilho Jacques est mort. Coutard, Perrin, Rich et Rochefort ont des cheveux blancs.

  • Où t’a mis le DVD ?

  • Mais quel DVD ? »

A demain

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