Bon et mauvais cholestérol? la plus grande esbrouffe médicale. Mossoul, on gagne, et après? Visite de hollande à Florange, bon et mauvais vu par la presse. Et phi et Elpis, révisez

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par la santé, et une idée reçue, passablement erronée Hélène sur le cholestérol

Il y aurait un mauvais, et un bon cholestérol : on a tous entendu nos grands-parents se rassurer comme ça en recevant leurs analyses. Et bien Libération accompagne ce matin la diffusion demain soir sur Arte, du documentaire « Cholestérol le grand bluff », pour nous raconter l’incroyable construction marketing autour du cholestérol, pour se faire du beurre, sur la peur du beurre! « Tout commence nous explique Eric Favereau par la constitution d’un ennemi. C’est la mort par crise cardiaque du président américain Ike Eisenhower en 1955 qui va faire du cholestérol, le serial killer. Sa crise cardiaque ? la faute au cholestérol affirme un chercheur américain très en vue de l’époque. Il fume 2 paquets de cigarettes par jour et ne fait aucun effort physique ? la faute au cholestérol on vous dit ! Et quand les études scientifiques n’arrivent pas à faire le lien avec les maladies cardio-vasculaires, et bien on invente le fameux bon, et mauvais cholestérol. « dès lors nous raconte t on, va se mettre en place un couple redoutablement efficace, d’un côté le monde de la recherche et l’autre l’industrie agro alimentaire qui va se lancer à fond dans la vente de produits allégées et d’huile végétale, et qui va financer des équipes pour accréditer le lien entre cholestérol et maladies cardio vascualires, et ainsi justifier l’achat de leurs produits. La boucle est bouclée, tout se tient, à leur tour, les labos pharmaceutiques entrent dans la danse et inondent le marché de molécules miracles, les statines destinées à faire baisser le taux de cholésterol. Elles deviendront le médicament le plus vendu dans l’histoire de la médecine. Récit haletant de ce qui va s’avérer être la plus grande esbrouffe de l’histoire de la médecine …

On revient sur la bataille de Mossoul qui a donc commencé ce matin…Questions dans la presse sur « l’après »

« Le temps de la victoire », la promesse est inscrite façon titre de journal sur des milliers de tracts largués hier sur Mossoul par l’armée irakienne, nous raconte Luc Mathieu dans Libération. La victoire, mais après ?

Si la reconquête de la ville devenue fief de l’Etat islamique, serait une victoire stratégique aussi bien que symbolique, et qu’en l’occurrence, elle ne fait guère de doute du strict point de vue militaire, restent pour les jours à venir quelques grandes inconnues. D’abord, quel sera le comportement des combattants de Daech, vont-ils se retirer ou combattre férocement en se servant de la population comme boucliers humains, et quel sera également la réaction de la population ? « Des tags appelant à la résistance sont apparus sur les murs, la menace d’un soulèvement est prise très au sérieux par l’Etat islamique. Mais les habitants qui réussiront à fuir seront livrés à eux-mêmes, nous raconte toujours le journaliste. L’Onu estime que plus d’un million de personnes pourraient quitter la ville. Quelques camps ont été construits mais ils sont loin de pouvoir accueillir autant de déplacés. La même impréparation est à l’œuvre sur le plan politique conclut il, pour la répartition des pouvoirs après la reprise de Mossoul ».Toujours dans Libé, la chercheuse LOULOUWA AL RACHID s’inquiète elle aussi : « le gouvernement irakien n’a pas de plan pour le jour d’après, dit elle. Le partage du butin et des rôles de chacun peut donner lieu à une guerre de tous contre tous, entre milices chiites, forces pro turques, kurdes etc. Derrière les rivalités communautaristes, il y a les convoitises des terres, du pétrole et des ressources en eau….En attendant, accuse t elle, les préparatifs pour parer la catastrophe humanitaire et l’afflux de réfugiés sont grotesques… ».

Voilà pour les interrogations du jour d’après. « Mais Daech aura vraiment perdu le jour où les irakiens et les puissances régionales ne se feront plus la guerre » prévient Jean Christophe Ploquin à la Une de la Croix, autant dire qu’une victoire à Mossoul, si elle est nécessaire, est loin d’être suffisante.

En France, c’est la visite attendue aujourd’hui du président de la République à Florange qui fait réagir la presse

C’est une drôle de dédicace qu’Aujourd’hui en France/le Parisien publie : une photo, on y voit en février 2012 le candidat Hollande perché sur la camionnette des syndicats, il promet alors aux ouvriers de trouver un repreneur pour les hauts fourneaux . Une photo envoyée par l’Elysée après la victoire en octobre, et signée par le nouveau président avec ces quelques mots : « cette élection je vous la dois en partie. Merci à vous, mais que faire ? » « Que faire, Question suivie de plusieurs points d’interrogation. En fait raconte un ouvrier désabusé, en octobre, c’était déjà un aveu d’impuissance, il savait que le combat pour nous sauver était perdu d’avance »

Patrick Apel-Muller dans l’Humanité accuse "Florange reste un symbole des promesses trahies. Ce voyage présidentiel sur les terres dévastées de la Lorraine industrieuse semble une visite de cimetière à la Toussaint »…Le principal intéressé s’en défend dans l’interview qu’il a donnée à plusieurs quotidiens locaux « Je viens à Florange dire que j’ai respecté l’ensemble de mes engagements peut-on lire notamment dans l’Est Républicain. Il n’y a eu aucune perte d’emploi martèle François Hollande. »

Alors, si le Figaro donne quitus au président de sa réussite économique, il n’y a effectivement pas eu de plan social à Florange, mais un réinvestissement dans une activité sidérurgique de pointe et la création d’un centre de recherche écrit Bertille Bayart, c’est bien un gâchis politique affirme néanmoins le journal. « Car la fermeture des hauts fourneaux est restée dans l’opinion comme la première des promesses non tenues de François Hollande, et c’est sur l’épisode du rêve brisé de nationalisation, porté par Arnaud Montebourg que la gauche s’est irrémédiablement fracturée. »

La venue du président, un président encore plus affaibli depuis les révélations de ses logorrhées à l’intention des journalistes est en tout cas sévèrement jugé ce matin par les éditorialistes du grand est : "François Hollande de retour à Florange. Pour quoi faire ? Et surtout, à quoi bon ? »s’interroge Xavier Brouet dans le Républicain Lorrain. « En quoi la présence d'un Président à ce point démonétisé peut-elle servir la cause d'un territoire éreinté par les marchands d'illusions ? Que peut espérer Hollande, lui-même, de ce retour ? " s’interroge t il.

Et puis autre dossier qui illustre sans doute « le hors-jeu » comme l’écrit l’Opinion ce matin, le hors-jeu de Hollande : Notre dame des landes. Après la charge hier de Ségolène Royal dans le Journal du dimanche, « on arrête les frais » pour dire son opposition à une évacuation de la ZAD, offensive ce matin dans les Echos de l’entourage de Manuel Valls qui s’insurge de la voir en contradiction avec deux de ses piliers idéologiques, « l’ordre juste et la démocratie participative » rappelle un proche du premier ministre. Une acrimonie qui révèle en fait une rivalité dans la perspective de la présidentielle si François Hollande devait renoncer, nous explique Elsa Freyssenet, entre un manuel Valls qui se pose de plus en plus en recours et une Ségolène Royal désireuse de lui barrer la route. » Décryptage donc d’un « après Hollande » qui semble bien avoir commencé.

On termine par une lettre

La lettre grecque, PHI, elle est le nouveau logo de Jean Luc mélenchon, Phi comme France insoumise nous raconte ce matin Geoffroy Clavel du Huffington post « Phi par affection pour ceux qui nous ont appris la démocratie,a expliqué le candidat, les uns verront un petit bonhomme qui ferme le poing, d’autres le signal symbolisé d’un genre féminisé, d’autres verront ce qu’ils veulent au fond » a-t-il conclu. C’est bien le problème, il y en a qui ne semblent pas y voir grand-chose. La journaliste du Monde raphaelle Besse Desmoulières raconte qu’une dame à côté d’elle, s’est émue « Phi, c’est un peu bac plus 5,non ? »

Après le Elpis de Benoit Hamon, nom qu’il a donné à son micro parti en référence à la mythologie grecque voici donc PHI. On dit les électeurs de gauche déboussolés, en attendant de choisir, ils révisent leur culture grecque…

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