Dans Society, l'ancien président géorgien cueille les champignons et met à la location une maison sur Airbn'b, et a compris la Russie. Dans l'Equipe, Maxime, supporter de Bastia, qu'un coup de matraque a éborgné, espère la justice. Simone de Beauvoir parlait de la vieillesse en 1970, l'Obs entrouvre ses trésors.

On parle d'hommes de pouvoir ce matin...

Et sur le site du Monde, un homme galope sur un cheval blanc, sur cette photo que l'agence de presse nord-coréenne a publié hier, Kim Jong Un  galoperait sur les traces de son grand père Kim Il Sung,  qui, dit sa légende montait un cheval blanc lorsqu'il combattait les Japonais ... 

Loin de l'esthétisme des dictateurs, je vois dans Society la magnifique normalité d'un homme qui porta une nation menacée: Giorgi Margvelachvili qui présida la Géorgie jusqu'en décembre2018, désormais cueille des champignons, propose sur Air BnB une maison dont il a fabriqué les meubles, et va fabriquer du gin artisanal avec un copain, et cette normalité est un manifeste politique... Car la Géorgie est ce petit pays qui cultive une normalité fragile, surplombée par la brutale Russie. A Tbilissi une jeunesse danse sur des musiques électros, et tague "Poutine tête de bite" sur des carcasses de voiture, et des jeunes russes viennent s’y guérir de leur pays... Margvelachvili a ces mots pour raconter la Russie "un voisin chelou vient chez toi et te casse la gueule  détruit ta cuisine et s'installe dans la salle de bain", mais il le dit aussi en termes plus recherchés; "La Russie mène une politique médiévale; tu parles mal à mon duc, je te déclare la guerre"...

Ce géorgien maitrise deux niveaux de langage, cela fait son prix, et grace à lui par contraste on comprend ce qui est gênant chez Matteo Salvini, qui parle une langue creuse tissée de slogans ou de banalités. Cela rend paradoxalement passionnant l'entretien qu'il accorde au Point, car on y contemple le vide d'un populiste qui veut reprendre l'Italie. Le bureau de Salvini semble une chambre d'adolescent où s'entremêlent des portraits de sa compagne, de la Vierge, Marine Le Pen, Netanyahou, une écharpe du Milan AC, une collection de chapelets. Et ce désordre reflète un discours sans structure, d'où le Point sort une phrase pour appâter le français, « Macron est le nouveau visage de l'ancien système », mais pour le reste ce ne sont que pauvretés de mots qu'on voudrait corriger. 

Et le Un raconte cette faillite...

Dans un numéro d'une grande intelligence sur le populisme, l'écrivain italien Alessandro Baricco définit ainsi les élites, ceux qui ont plus de 500 livres dans leur bibliothèque, et explique leur échec par les trahisons sociales et par une révolution technique. "Aujourd'hui, avec un smartphone, les gens peuvent accéder à toutes les informations du monde, communiquer avec n'importe qui, exprimer leurs opinions,, exhiber des objets qui représentent leur idée de la beauté. C'étaient exactement les gestes qui fondaient l'identité des élites.."

Dans un monde égalisé, est venu dit le politiste Vincenty Martigny « le règne des bouffons », qui jouent aussi bien de leurs vulgarités, de leurs corps dégradés. Les politiques qui s'opposent au populiste en renversent les codes et affichent des physiques soignés. Dans l'Express vous lirez un portrait de Justin Trudeau justement, premier ministre canadien soumis à réélection, quintessence de l'espérance libérale mais qui est gênant comme Salvini, imbu de lui-même, de son succès, qui devint célèbre pour avoir remporté un match de boxe contre un opposant plus jeune que lui. 

En bas, on subit, on se bat. L'Humanité me dit que La CGT de l'hypermarché du Merlan, à Marseille, traine devant la justice le groupe Carrefour et lui reproche d'avoir supprimé 10000 postes de 2013 à 2018 tout en récupérant en même temps 2 millards de subventions.

En bas, on est blessé et le pouvoir l’ignore. Dans l'Equipe, on me rappelle ceci. Le 13 février 2016, Maxime Beux, 22 ans, supporter de Bastia qui venait de jouer à Reims perdait son oeil gauche, coupé en deux sans doute par le coup de matraque d'un policier. « Monsieur Beux est tombé sur un poteau », a dit ce policier, et cette thèse du poteau fut reprise par l'alors ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. « Mais il n'y pas de poteaux là je suis tombé »  dit Maxime Beux, la scène sera reconstituée ce soir à Reims, l'Union avertit que la circulation sera difficile.

Le pouvoir, parfois, est laid. Je vois ceci sur le site du Guardian. Un jeune anglais de 19 ans, Harry, est mort sa moto renversée par une voiture conduite sans doute par Anne Sacoolas, l'épouse d'un diplomate américain, qui est prudemment rentrée au pays. Les parents de Harry sont allé aux Etats-Unis réclamer justice. Donald Trump les a invités à la Maison-blanche. Dans une autre pièce se trouvait Mme Sacoolas, voulez-vous la rencontrer leur a dit, surprise, Donald Trump, comme dans un show télévisé. Ils ont refusé, préférant la voir chez le juge. Boris Johnson demande aussi l'extradition der la dame que Trump refuse, les populistes ont leurs contradictions.

Et on attend le Brexit...

Dans nos journaux qui trompent cette attente de bons papiers souvent. Les Echos me disent que le grand galeriste David Zwirlmer s'installe à Paris, dans le Marais, il dit que ce n'es pas le Brexit qui en est la cause 

Il y a de la beauté dans les journaux ne nous en privons pas. Leonard de Vinci est dans Télérama, le Greco dans la Croix, le Figaro nous annonce l'envol de l'art immersif, ces lieux où l'on se promène enrobés de reproductions géantes de tableaux de maitres jusqu'à s'en étourdir, 220 tableaux de Picasso se projettent autour de nous à Lyon: le Progrès aussi s'en réjouit , et m'annonce en plus un disque inédit de Johnny,  un concert de 1961 enregistré à Lyon.

La beauté est un souvenir. A l'Obs qui se prépare à déménager, la rédaction a trouvé dans les cartons de vieux numéros et un trésor datant de 1970, une interview de Simone de Beauvoir sur la vieillesse qu'elle abordait, chaque mot est juste et pinçant: ‘Hommes et femmes pensent qu'en vieillissant ils deviendront une caricature d'eux mêmes… »

(Faute de temps ce matin, je n’ai pas dit ceci. Dans Ouest-France qui est gratuit sur le web, il fête ses 75 ans on voit une comtesse aux yeux lumineux qui est morte nonagénaire, Henryane de Chaponay, que le Pape aimait et avant elle des révolutionnaires car elle était rouge et militait pour changer le monde depuis la guerre qu'elle avait traversée en héroïne, elle disait aux jeunes de reprendre le flambeau.)

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