International, politique, justice et sport... Polémique à toutes les rubriques, ce matin... Quand on commence à manipuler les livres d'histoire, c'est qu'un virus plus grave que la grippe s'est emparé de la société. "Israël-Palestine : la guerre des manuels scolaires"... L'article est de Laurent Zecchini, dans Le Monde. Il y en a pour les deux parties. A-t-on le droit de parler de l'Holocauste aux écoliers palestiniens ? A Gaza, la réponse du Hamas est "non". Il demande la suppression du mot dans un manuel distribué par les Nations Unies. Argument des barbus du Hamas, qui imposent de plus en plus aux femmes de porter le voile : "L'Holocauste est un mensonge inventé par les sionistes". Du côté du gouvernement israélien, censure également... Le ministre de l'Education veut faire disparaître toute référence à la Nakba dans les manuels des écoliers Arabes Israéliens. La Nakba, que l'on peut traduire par "catastrophe", pour les Palestiniens, c'est la création de l'Etat d'Israël et l'expulsion de 750.000 personnes de leurs terres. Argument du ministre : "Le sens de Nakba, dans ce contexte, est similaire à celui d'Holocauste : il ne sera plus utilisé". On conteste les manuels scolaires, mais aussi les rapports de l'ONU... Dans une région où le moindre mot peut déclencher des guerres, les Nations Unies accusent les deux parties de crimes contre l'humanité lors de la guerre à Gaza en janvier dernier. Colère des Israéliens. Adrien Jaulmes donne la parole au Président Shimon Peres, dans Le Figaro. Il n'est pas connu pour être un extrémiste, et pourtant le rapport le fait sortir de ses gonds. "Falsification de l'Histoire, dit Peres : l'ONU ne fait aucune distinction entre l'agresseur et un Etat exerçant son droit à l'autodéfense. Ce rapport légitime le terrorisme. L'Etat hébreu fera tout pour bloquer d'éventuelles poursuites". "Bande de Gaza : la mauvaise conscience"... Sur ce terrain ultra-sensible, Dominique Quinio avance avec des précautions infinies dans La Croix. "Gaza, écrit-elle, c'est une épine au coeur du monde. Les habitants de ce petit territoire ont payé un bien lourd tribut pendant l'opération 'Plomb durci'. Doit-on pour autant évoquer un crime contre l'humanité ? Il est des mots à manier avec d'infinies précautions. Néanmoins, sans vouloir minimiser les responsabilités palestiniennes ni le juste besoin de sécurité de l'Etat hébreu, la responsabilité d'Israël est lourde. Le pays doit accepter d'être interrogé sur les méthodes de son armée. Malgré les souffrances inouïes subies par le peuple juif ; peut-être précisément à cause d'elles". Alors comment parler avec la bonne mesure d'un sujet explosif dans une société ? Peut-être faut-il donner plus souvent la parole aux écrivains. Le Figaro Littéraire y consacre son dossier cette semaine. Il n'y a pas d'anniversaire ou de commémoration en vue, et pourtant une pléïade d'auteurs de cette rentrée littéraire évoquent ce qu'on appelait autrefois "les événements d'Algérie". Alors pourquoi ? Eh bien, c'est sans doute le résultat d'une longue maturation. On dispose de plus de distance et de sérénité. Le Figaro interroge l'un de ces auteurs : Anouar Benmalek, écrivain algérien réfugié en France il y a une vingtaine d'années. Dans "Le Rapt", publié chez Fayard, il aborde la question des massacres perpétrés par le FLN contre les Algériens. "Le pouvoir algérien, dit l'écrivain, n'a de cesse de voter des amnisties pour qu'on oublie les crimes commis. Les familles des victimes nourrissent une rancoeur qui ne peut pas s'exprimer ouvertement. Cette amnésie organisée est destructrice. Elle gangrène le climat social". Dans le livre, il fait dire à l'un de ses personnages que "le passé ne se transforme en passé que si on l'y aide, avec bienveillance, avec tendresse, avec le respect dû à ceux qui ont souffert". En exergue du "Rapt", il y a une citation de Tchekov : "Je ne condamne personne. Je n'absous personne". Evidemment, les livres publiés ces jours-ci parlent des horreurs commises des deux côtés. On refait la grande Histoire, et les petites aussi... Politique et Internet... La balle est, ce matin, dans le camp des adversaires de ces vidéos qui créent la polémique. Gros coup de colère du pourtant très placide Alain Duhamel, dans Libération. "Dans l'affaire Brice Hortefeux, écrit-il, il n'y a qu'une victoire : celle des vidéos, et qu'un triomphe : celui d'Internet. Une fois de plus, la Toile a imposé son règne. Dès que la photo, la séquence ou la boutade se retrouvent sur Internet, c'est aussitôt la fièvre, la théatralisation, la contagion, la dénonciation, le scandale, la polémique... La mince cloison entre vie privée et vie publique s'est effondrée. Pas de réflexion, pas de recul, pas de frein. C'est le despotisme de la transparence. On se plaint des caméras de surveillance mais, avec l'association du mobile et de la vidéo, chacun est surveillé. Une prouesse technologique peut tourner au désastre éthique et mental". Quelques pages plus loin, Libé dégonfle l'autre affaire du moment : Jean-Louis Borloo, soi-disant éméché à la sortie de l'Elysée début septembre, et France 2 qui aurait détruit les bandes. En résumé, pas plus de vapeurs d'alcool que de dents dans le bec d'un Canard Enchaîné (c'est l'hebdo satirique qui a sorti l'affaire). "S'il y a eu des coups de ciseaux, ce n'est pas que l'oeuvre de France 2, puisque la séquence a été envoyée à toutes les chaînes par la télévision publique". Et on n'en a pas fini avec les paroles à la volée qui suscitent la polémique... C'est à la Une de La Provence : "Dassier choque les salariés de l'OM". Jean-Claude Dassier, nouveau président du club de football, prononçait la semaine dernière son discours de rentrée. Extrait du speech : "Je ne serai pas un président à la libanaise ni à l'africaine". Oups... Le prédécesseur de Dassier, Pape Diouf, est d'origine sénégalaise. "Pas de racisme ni de méchanceté", assure Dassier dans La Provence. On jugera de sa ligne de défense. Ce qu'il voulait dire, c'est qu'il ne veut pas s'inscrire "dans une gouvernance molle, où l'on convoque tous les centres d'intérêt et où l'on ne décide de rien" (ça, si on suit bien, c'est pour le Liban), "et pas non plus dans une pratique omnipotente et autocrate à l'africaine". Fin de citation. Bon, et la polémique à la rubrique Justice : de quoi s'agit-il ? C'est une histoire assez incroyable : la justice par voie de sondage. C'est à la Une du Midi Libre : "Le sondage sur l'affaire Bissonnet fait scandale". Rappel des faits... Jean-Michel Bissonnet était incarcéré depuis un an et demi : il est accusé d'être le commanditaire du meurtre de sa femme. Il clame son innocence, et ses proches se battent pour lui. Alors ils ont commandé un sondage, réalisé auprès de 500 habitants de l'agglomération de Montpellier. Question : "En fonction de ce que vous connaissez de cette affaire, seriez-vous choqué ou pas par la mise en liberté et le placement sous contrôle judiciaire de M. Bissonnet avant le procès ?". 49% des personnes répondent "pas choqué". 27 répondent "choqué". Argument de l'avocat de la défense sur ce sondage : "On refuse la libération de mon client à cause du trouble à l'ordre public que cela créerait. Alors on a interrogé le public, qui répond : "Pas du tout". Interrogé par Le Midi Libre, le directeur général de l'institut de sondage parle d'une "idée originale. On s'est dit : pourquoi pas ?". Une autre question de ce sondage relativise bigrement les chiffres : près de 80% des personnes disent n'avoir pas connaissance de l'affaire. Et puis, comme vous le disait Salah Hamdaoui dans le journal de 7 heures et demie, cela pose aussi la question du coût du sondage, et donc d'une pseudo-justice pour les riches et pour les pauvres. Bon, je ne sais pas vous Nicolas, mais moi, après toutes ces polémiques, j'ai besoin de me détendre... Alors on prend Courrier International. En couverture cette semaine : Meryl Streep en ménagère des années 50, devant ses fournaux. Elle tient une volaille, les deux pattes écartées et parfaitement plumée. "Cachez ce saindoux que je ne saurais voir"... L'image est extraite du film "Julie & Julia", qui vient de sortir en France et qui raconte l'histoire d'une Américaine, Julia Child, qui découvre la cuisine française. Courrier International en profite pour faire un dossier sur "la France et son art de vivre", très bien vus en ce moment aux Etats-Unis. Avec la sortie du film, le livre de cuisine de Julia Child s'arrache dans les librairies, de Seattle à Portland en passant par Chicago. Le New York Times raconte qu'à l'heure où le cholestérol est l'ennemi numéro 1, les recettes de Julia détonnent. Pour un veau aux oignons et aux champignons, elle recommande d'éclaircir la sauce avec quelques cuillerées de crème fraîche. Pour les navets à la champenoise, il faut bien faire revenir le bacon dans le beurre pendant quelques minutes. Témoignage de Mindy Lockhard, 34 ans... Elle habite l'Oregon. Un soir, elle a testé le poulet sauté aux herbes de Provence. "Sur une photo qu'on a prise de moi en train de cuisiner, dit-elle, j'ai la peau luisante : c'est à cause de tout ce beurre chaud". Oui, ça, il y en a : Julia Child recommande une plaquette entière. Le problème, c'est que le mari de la cuisinière lui a demandé de refaire la recette le lendemain. Bonne journée...

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