Patrick COHEN : La revue de presse à deux voix, comme chaque vendredi sur France Inter... La presse étrangère avec Guyonne de MONTJOU... la presse française avec Bruno DUVIC... A la Une, ce matin : le Sommet européen de Bruxelles... Bruno DUVIC : Et dans la presse française, il ne manque que Thierry Roland et Jean-Michel Larquet pour commenter ce Sommet... Alors, mon petit Jean-Mimi, c'était comment, ce face à face Sarkozy-Barroso ? "Violent, éruptif, mâle et viril", nous disent Les Echos. "Très violent", selon le Premier ministre bulgare Boyko Borissov. C'est lui qui, le premier, a vendu la mèche devant la presse : "échange très violent". Et l'homme s'y connaît en matière de tacle au niveau des genoux : c'est un ancien garde du corps. Jean Quatremer donne ce détail dans Libération, et il en ajoute un autre : au plan sonore, manifestement, on était proche du concert de vuvuzelas. On entendait distinctement les éclats de voix à l'extérieur de la salle. A la Une de la presse étrangère, Guyonne, pour décrire ce Sommet : deux photos... Guyonne de MONTJOU : Elles font la Une du Herald Tribune et du Financial Times : Nicolas Sarkozy et le Président roumain, Traian Basescu, à 30 centimètres l’un de l’autre, hier à Bruxelles. Premier cliché : le doigt de Nicolas Sarkozy vaguement menaçant, pointé sur son interlocuteur, qui baisse les yeux. Deuxième cliché : Traian Basescu lève les mains, à hauteur du visage du Président francais qui, lui, à son tour, ferme carrément les yeux. Apparemment, il est exaspéré. Bruno DUVIC : Globalement, la presse se dit qu'au moins, ce clash a été l'occasion de mettre les 10 à 12 millions de Roms au coeur du débat européen. Et il y a des choses à dire, car beaucoup d'argent est dépensé, pour des résultats fort peu convaincants. Selon Le Figaro, sur la période 2007-2013, plus de 17 milliards d'euros ont été affectés à 12 Etats-membres. Hongrie, Roumanie, République tchèque : les Roms restent discriminés. L'argent est là, mais mal utilisé. La Commission a même créé une task-force, qui doit vérifier que les fonds sont bien utilisés comme ils devraient l'être. La Croix distribue tout de même deux bons points : à la Suède, qui a donné aux Roms le statut officiel de minorité ; et à l'Espagne, qui a mis en place un vrai plan de développement pour la population gitane. Alors, en résumé, mon petit Jean-Mimi, ce match entre Sarkozy et la Commission européenne, qui l'a gagné ? Pas de vainqueur net. Ce matin, dans la presse, il y a ceux qui estiment que la France est isolée en Europe, et ceux qui trouvent qu'avec ses termes violents contre la France, Bruxelles a marqué un but contre son camp. Mais la réunion d'hier, Guyonne, c'est encore Angela Merkel qui la résume le mieux… Guyonne de MONTJOU : A la sortie du déjeuner, la Chancelière allemande s’est offert un trait d’humour, gourmand, comme elle les aime. Angela Merkel a commenté : « le déjeuner s’est bien passé, surtout en ce qui concerne la qualité des plats ». Patrick COHEN : L'autre sujet du jour, sur France Inter : les élections demain en Afghanistan... Qu'en dit-on dans la presse étrangère, Guyonne de MONTJOU ? Guyonne de MONTJOU : Eh bien, pas grand-chose... Le scrutin de demain est à peine traité dans les journaux étrangers. A croire que l’Afghanistan n’intéresse plus. Un article du Washington Post traite tout de même le sujet... mais pour mieux le disqualifier. Le correspondant du quotidien américain raconte comment, l'autre jour, la commission électorale afghane a décidé de radier 1000 bureaux de vote. Sans prévenir, comme ça. 1000 bureaux sur 7000, c’est presque 13% d’urnes en moins, et 1 million ½ d’électeurs afghans privés de voix. 4 régions du sud-est sont ainsi punies d’avoir trop fraudé la dernière fois. Du côté de la presse afghane, on trouve un portrait qui fait froid dans le dos. C'est le candidat d'un des quartiers de Kaboul. Barbe longue et mine patibulaire sur les affiches. Rawa News, un titre privé et indépendant, décrit l'homme comme sanguinaire. En 1993, il n’a pas hésité à faire égorger des centaines d’Afghans de la minorité Hazara. Proche d'Hamid Karzaï, il devrait être élu demain au Parlement. Il profitera ainsi d’une immunité. Et l'article conclut, philosophe, avec cette info : 80% des élus de la nouvelle chambre seront liés, de près ou de loin, à des groupes armés. Bruno DUVIC : Pas grand-chose sur le sujet dans la presse française... Le sujet numéro 1 d'inquiétude, c'est le Niger : cinq Français, un Togolais et un Malgache enlevés dans la nuit de mercredi à jeudi dans la ville d'Arlit. Cette ville a poussé dans le désert, dans les années 70, de l'exploitation de l'uranium. C'est un peu "Areva City". A Arlit, patrouillent des militaires, des gendarmes, des sociétés de sécurité privées... "L'enlèvement au coeur de cette ville supposée sécurisée, écrit François Sergent dans Libération, montre d'énormes failles, à la fois des entreprises françaises et du gouvernement nigérien". "La France sous la menace terroriste", titre Le Figaro. "Niger, Mali, Mauritanie, Algérie : dans la bande sahelienne de plus en plus élargie, le Français est une cible", écrit Christophe Ayad dans Libération. "Cette zone est devenue le carrefour de tous les trafics en Afrique : coke, haschich, armes, clandestins, cigarettes, essence...". "Et puis les otages... Les prises d'otages ont doublé dans la région depuis trois ans", selon Arielle Thedrel dans Le Figaro. Suspect numéro 1 dans cette affaire : "Al Qaïda au Maghreb islamique" (AQMI). "Et la chose qui inquiète le plus les spécialistes, conclut Christophe Ayad, c'est que le phénomène AQMI se mêle, de manière de plus en plus inextricable, à la question touareg". Patrick COHEN : 8hxx... Suite et fin de la revue de presse à deux voix... Quelques informations en bref... Guyonne de MONTJOU : Un article dans le Maariv, cité par Courrier International… Le journal a enquêté sur la consommation des Israéliens. On comprend que les bisbilles diplomatiques sont bien secondaires par rapport aux considérations commerciales. En dépit de l’embargo qui interdit aux produits iraniens d’entrer en Israël, eh bien le marbre qui revêt la nouvelle salle de conférence de Tel Aviv est issu des carrières de Gohare, propriété de l’Etat iranien. Il en va du marbre comme des tapis qui ornent les pièces officielles, des sucreries et des pistaches que les Israéliens consomment chaque jour. Tout cela vient d’Iran, pourtant grand ennemi de l’Etat hébreu. Et l'hypocrisie commerciale est assumée : pour pouvoir entrer, les produits transitent par la Turquie : toute trace de leur provenance est effacée. Bruno DUVIC : On parlait tout à l'heure des élections en Afghanistan... Il y en a aussi en Suède dimanche. L'extrême-droite pourrait entrer au Parlement (on en parlait en début de semaine). "Est-ce la fin du modèle suédois ?" : question à la Une du Monde et de Témoignage Chrétien. L'hebdomadaire relève que, dans cet ancien paradis social-démocrate, l'Etat s'est effacé au profit de la libre concurrence, et le chômage reste élevé. Le Monde ajoute : "les syndicats ont perdu de leur puissance, les inégalités salariales se creusent et l'assurance privée se développe". Guyonne de MONTJOU : A un mois et demi des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, un article sur les prouesses diplomatiques d’Hillary Clinton… Après 18 mois au Département d'Etat, elle est la bonne surprise de l’équipe Obama. Newsweek affirme qu'Hillary Clinton a fait un sans-faute. Sur le Proche-Orient par exemple, elle mène ses pourparlers avec un aplomb incroyable alors qu’elle se trouve face aux deux responsables politiques parmi les plus têtus du monde ! Bruno DUVIC : En Espagne, pas de prouesse en revanche pour Benzema... Le joueur français du Real Madrid est toujours dans la nasse. Mercredi, en Ligue des Champions, il était sur le banc de touche : manifestement, l'entraîneur José Mourinho ne le trouve pas assez impliqué à l'entraînement. "Karim est un garçon intelligent, dit Mourinho. Depuis le banc de touche, on voit bien ce qu'il est nécessaire d'accomplir pour être titulaire". Et Guyonne, une photo, pour finir... Guyonne de MONTJOU : Il y a ceux qui mènent la marche et ceux qui suivent… Hosni Moubarak, 82 ans, est un meneur : c’est ce qu’a voulu rappeler le quotidien Al Ahram. Le journal officiel égyptien a publié une photo où on voit Hosni Moubarak mener une procession prestigieuse. C’était le 1er septembre à Washington. Derrière lui : Barack Obama, Benjamin Netanyahou, Mahmoud Abbas et le roi de Jordanie… Bref, il mène tambour battant la paix au Proche-Orient… sauf que la photo est truquée avec Photoshop. Dans la vraie vie, les choses se sont passées de façon protocolaire, et Hosni Moubarak marche un peu à la traîne, derrière le groupe à droite.

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