(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : les bijoux de la Castafiore

(Bruno Duvic) « Le Front national progresse mais il reste à 16%. BVA a mesuré la cote de Marine Le Pen. Elle monte mais continue de recueillir 65% d'opinion négatives. Il n'est jamais inutile de ramener les choses à de justes proportions. Le pays n'est pas condamné à continuer de voir le FN prospérer. Marine Le Pen est en embuscade mais elle n'est pas aux portes du pouvoir. »

Dans l'éditorial de L'Humanité ce matin, Paule Masson essaye de garder la tête froide. Depuis quelques jours, le Front national et l'actualité qui le portent ont fait la Une de tous les journaux.

Ce matin encore, sécurité, immigration, le climat se tend.

« La tentation de l'autodéfense » titre La Nouvelle République après l'affaire du bijoutier.

A la Une de L’Indépendant catalan , « Les bijoutiers des Pyrénées-Orientales disent stop ».

« Solidaires du bijoutier », titre Nice matin à propos de la manifestation d'hier.

Et dans La Voix du Nord , autre sujet : « Tensions autour des squats de migrants ».

A propos des Roms, le maire de Croix près de Lille, affirme ce matin dans La Voix du Nord : « Si un croisien commet l'irréparable, je le soutiendrai ».

Autodéfense, donc. Deux pages dans Le Parisien-Aujourd’hui en France pour traiter de la manifestation hier à Nice. Il n'y avait pourtant que 1.000 personnes. 1.000 personnes que peut comprendre Jacques Camus dans La République du Centre : « Quand la police ne parvient qu'à élucider 10% des braquages, quand la justice condamne 14 fois en pure perte, comment se fier au système ? »

Dans les éditos et blogs, cette tentation de la gâchette refroidit plutôt les ardeurs. « De grâce ! écrit Jean-Claude Souléry dans La Dépêche du midi , que les plus répressifs de nos élus admettent que la justice ne s'exerce plus à la hache ! »

« La violence ne peut être une réponse à la violence, ajoute Dominique Quinio dans La Croix . Ni les victimes, ni les coupables, ni l'équité ne sortiraient gagnants d'une dérive vers une justice expéditive. »

Plus d'un million et demi de fans sur Facebook pour la page de soutien au bijoutier niçois, autopsie d'une mobilisation dans Le Parisien . C'est un fait divers qui joue sur l'émotion collective dans un contexte de crise, schéma classique de réactions auquel Facebook donne une publicité énorme. Un « like » sur une page Facebook, c'est le degré d'investissement minimal. Les réseaux sociaux rendent visible ce qui, avant leur apparition, relevait de la conversation entre amis et collègues.

Un parti politique est-il derrière cette page ? Difficile de répondre. La question de l'anonymat sur Facebook se trouve à nouveau posée. Ce que relève Le Parisien tout de même, c'est que quantité d'internautes proches de l'extrême-droite figurent parmi les premiers à avoir « liké » la page. Les réseaux d'extrême droite maitrisent parfaitement les réseaux sociaux.

A la Une de Libération : « UMP/FN, extrême dérive ».

Ce qui est jeu pour beaucoup de journaux à travers la polémique sur les propos de François Fillon, c'est l'existence même de l'UMP. « Ce sont les valeurs de la droite ordinaire qui vacillent aujourd'hui écrit Eric Decouty dans l'édito. Juppé et ses amis doivent aller au bout du raisonnement et acter la rupture. »

« L'UMP gagnée par la panique » titrait Le Monde hier après-midi. Dans Le Figaro , Guillaume Tabard retrace l'histoire de ce parti fondé après l'arrivée de Jean Marie le Pen au second tour de la présidentielle il y a 11 ans. « L'UMP n'est pas tant victime de ses divisions que de n'avoir pas su encore organiser la confrontation en son sein. »

« Pour prendre de vitesse Nicolas Sarkozy et Jean François Copé, écrit Bruno Dive dans Sud Ouest , François Fillon renverse la table. Celle-ci pourrait bien lui retomber sur les pieds et faire en se fracassant des dégâts dans la maison UMP déjà bien fragile. »

François Fillon mis en cause dans les éditoriaux et qui se défend dans L'Opinion . Manifestement, Ludovic Vigogne a longuement parlé à l'ancien Premier Ministre avant de rédiger son papier du jour. Il lui affirme qu'il ne votera jamais personnellement pour le FN mais qu'il veut dialoguer avec ses électeurs. Pour lui le ni-ni en vigueur aujourd'hui à l'UMP ne fonctionne pas. On ne peut pas se satisfaire de se réfugier dans l'abstention.

Quoi d'autre dans la presse ? L'étude du jour...

Les djihadistes et islamistes radicaux représenteraient près de la moitié des rebelles syriens. Etude d'un institut de défense britannique reprise par le quotidien Daily telegraph . Selon cette étude, la rébellion est divisée en près de 1.000 groupes différents.

Bernard Tapie voulait transférer un million 800.000 Euros à Hong Kong, la justice l'en a empêché. C'était en juillet, alors que ses biens venaient d'être placés sous séquestre dans l'affaire du Crédit Lyonnais. Dans Le Parisien ce matin, Tapie assure qu'il n'a jamais cherché à cacher de l'argent à l'administration.

Billa Gates est redevenu l'homme le plus riche du monde. Il est en tête des Américains les plus fortunés selon le magazine Forbes . Et figure aussi en tête du classement mondial devant le magnat mexicain des télécoms Carlos Slim. C'est à lire sur le site de Forbes et dans Les Echos .

Un nouveau coup de gueule contre l'économie du cinéma. Dans Le Figaro , le réalisateur François Dupeyron, qui a toutes les peines à financer son nouveau film, dénonce « le totalitarisme » de la télévision, seule et unique source de financement. « C'est un système qui rend les gens imbéciles. »

Et une vielle copine...

Dans Le Monde , Sandrine Blanchard signe un portrait assez touchant de Muriel Robin. Après huit ans, la revoilà seule sur scène au théâtre de la porte Saint-Martin à Paris. Elle raconte sa vie dans un spectacle et un livre, en préparation.

Le livre a pour titre : "C'est ça va faire ton intéressante". Une phrase que sa mère lui avait balancée en plein succès. "Un carnage" dit-elle aujourd'hui. C'est une star, Muriel Robin, et pourtant, elle restera toujours la fille à qui on a dit ça.

Elle arrive pour l'entretien avec la journaliste du Monde , hôtel Meurice, à Paris avec une petite valise à roulette, en provenance d'Angoulême. Elle est à l'eau gazeuse mais pique des caramels - besoin d'avoir quelque chose dans la bouche, comme une becquée.

"Je suis toujours une provinciale, j’ai toujours l'impression d'arriver à Paris. Le public m'a pris, le métier, non. J'étais populaire dans les sondages mais on ne me proposait rien, ça m'a fait tellement de chagrin…. »

Elle se rêvait Annie Girardot. Aujourd'hui certains humoristes l'appellent « la patronne ». Drôle, donc, mais, elle insiste : « on confond souvent drôle et joyeux ».

Elle reste émue et traqueuse, "le spectacle est quelque chose de sacré".

Alors qu'elle s'apprête à tout déballer sur scène, Muriel Robin a peur que ce soir quand le rideau tombera, les gens disent : « c'est bien mais je préférais les sketches. »

A demain !

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