(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : Tribunes libres

(Bruno Duvic) Depuis son discours à l'ONU, sa voix est écoutée quand il s'agit d'aller faire la guerre en Irak. Dans Libération ce matin, Dominique de Villepin livre son point de vue sur la coalition qui est en train de se former pour aller frapper l'Etat islamique. Point de vue très critique intitulé "En Irak, les somnambules sont de retour".

« Les puissances occidentales, écrit Dominique de Villepin, sont incapables de sortir de la répétition névrotique. En dépit des échecs de toutes les opérations accumulées depuis 2001, en dépit de l'évidence que l'Etat islamique est le résultat de ces échecs, ils continuent à envisager les mêmes opérations, les mêmes coalitions.

On frappe pour se donner bonne conscience, pour ne pas laisser impunie la barbarie, mais quel sens cela a-t-il si cela crée des vocations pour 10 nouveaux fous de Dieu ? »

Cette opération est un va-tout militaire qui cache sous les uniformes une absence de statégie.

Elle va amalgamer un réflexe de solidarité identitaire chez une partie des tribus sunnites

Elle va déresponsabiliser les Etats de la région qui peuvent se contenter d'un soutien de façade

Elle va laisser de côté des Etats indispensables pour une vraie réponse mondiale, la Chine, la Russie, l'Inde.

Elle va laisser un vide qui sera occupé, comme à chaque fois, par un nouvel acteur radicalisé (…)

Cet occidentalisme armé et moralisateur laisse un arrière-goût de IVème République. La France doit renouer avec ses valeurs d'indépendance, d'équilibre et de dialogue. »

Un premier ministre à la tribune

Discours de politique générale puis vote de confiance hier. Confiance acquise, dans quelle mesure ?

Réponse en titres à la Une

Vaucluse matin : « Valls résiste encore »

La Dépêche du Midi , il « arrache la confiance »

Les DNA : « Contre vents et marées »

Ouest France , « Confiance renouvelée »

Ce sont les titres les plus positifs. Il est question de

« Confiance peau de chagrin » à la Une de Sud Ouest et du Figaro .

« Confiance molle » pour Metronews

« Du bout des doigts » pour Libération

« Oui mais », dans Le Télégramme .

Et c'est la presse marquée à gauche qui est la plus sévère. « Abus de confiance » pour La Marseillaise , « Défiance accrue » pour L'Echo Haute-Vienne . L'Humanité parle carrément d’un Premier Ministre « minoritaire à l'assemblée et dans le pays ».

Demi-victoire ou demi-défaite ? Les éditorialistes passent tout cela au trébuchet. On retiendra un reproche qui monte dans la presse de droite, sous la plume de Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro ou de Rémi Godeau dans L'Opinion : Hollandisation.

« Manuel Valls devrait se méfier, écrit Paul Henri du Limbert : il commence à se hollandiser. Le timide élan du mois d'avril s'est déjà évanoui, rattrapé par une réalité, il est le chef d'une majorité à qui il doit en permanence donner des gages. Le voilà donc contraint d'énumérer comme il l'a fait hier toutes les réformes qu'il ne lancera jamais. »

Rémi Godeau poursuit : « A l'hymne à la politique de l'offre succède une ode démagogique à l'Etat et à notre modèle social. Happé par l'impopularité du président, le Premier Ministre adopte cette manie qui consiste à opacifier après avoir clarifié, à zigzaguer après avoir fixé la ligne. Il promet le choc, il prépare le pschitt. »

Tribune libre, dans les journaux et les sites Internet, on retiendra encore ce matin, la tribune de François Lamy, ancien ministre de la ville, qui explique posément sur le HuffingtonPost pourquoi il s'est abstenu hier.

Décision difficile, écrit-il « quand on a la culture politique de l'engagement et de la responsabilité. Mais pouvait-il en être autrement. Depuis la recomposition du gouvernement fin août, j'ai observé une accélération d'une politique qui ne produit pas de résultat. Je ne crois pas que le vote qui nous était demandé soit la réponse adéquate pour redonner de l'espoir à l'électorat qui nous a quittés. La question est de savoir si la gauche peut redresser le pays par une politique plus équilibrée entre investissements et soutien au pouvoir d'achat, plus exigeante et ciblée dans son soutien au monde économique. Je veux que ce quinquennat réussisse, mon abstention est une alerte. »

Tribune libre de l'éditeur de Valérie Trierweiler

Laurent Becaria PDG des Arènes. C'est sur le site du magazine Livres hebdo . Comment l'éditeur de la belle revue XXI, du beau journalisme au long cours peut-il publier un tel torchon ? Comment l'auteur l'année dernière d'un manifeste donnant quelques leçons de morales à ses confrères de la presse peut-il mener une telle opération mercantile ? Voilà en résumé les critiques adressées à Laurent Becaria depuis la sortie de Merci pour ce moment.

Réponse sur le site de Livres Hebdo, pour dire d'abord que le propre d'une maison d'édition c'est de publier « des textes différents, parfois contradictoires ».

« La force d'un livre ajoute-t-il, c'est de cristalliser l'époque. Le rappel outragé des convenances est surprenant, après des décennies de libre parole. Injonction sociale puissante : une femme bafouée doit se taire. »

Il pointe surtout l'emballement et l'hypocrisie de la presse : « La sarabande des commentateurs, personne n'a le livre en mains mais la machine est lancée. Avalanche d'opinions hors-sol, de surinterprétations, d'informations bidon. Tel journal fait mine de s'offusquer des révélations mais y consacre pas moins d'une trentaine d'articles sur son site Internet, course au clic oblige. Est-ce le livre qui est scandaleux, demande l'éditeur, ou son traitement médiatique ? »

Quoi d'autre dans la presse ?

Vous pourrez bientôt investir dans du DSK. Dominique Strauss Kahn lance un fond d'investissement le premier janvier prochain. Le tour des gros portefeuilles a commencé car le fond s'adresse d'abord à de très riches investisseurs de Chine, de Moyen Orient ou de Russie notamment. C'est à lire dans Le Monde .

Quel avenir pour LCI ? Les actionnaires du Monde, justement, se font insistants. Ils renouvellent leur offre de reprise sans donner de détail chiffré. Mathieu Pigasse, l'un des 3 actionnaires explique pourquoi dans Les Echos : nous n'avons pas eu accès aux données financière de l'entreprise. Ils laissent entendre que leur offre sera moins douloureuse en termes de pertes d'emploi que les autres options évoquées.

Le prisonnier qui demande l'euthanasie pour souffrances psychiques insupportable et qui obtient l'accord des autorités. Ça se passe en Belgique c'est à la Une du Parisien-Aujourd'hui en France .

La Une de Point de vue , à la veille du referendum en Ecosse. Elizabeth II en photo : « Sera-t-elle la dernière reine d'Ecosse ? ».

Un appel à l'aide. Le magazine écologiste Terra Eco , après 10 ans d'existence est au bord du gouffre. Il lance sur son site Internet un appel aux lecteurs et bonnes volontés. Appel à un financement participatif. L'objectif est de réunir 500.000 Euros dont la moitié en dons et en abonnements.

Et puis il n'y a que les Belges pour faire cela : mettre la directrice de France Inter sur le divan. Laurence Bloch, interview confession comme on dit chez Mireille Dumas sur le site de la Libre Belgique . Ça se termine par une image surréaliste à la belge. Notre directrice raconte que dans un moment difficile de sa vie, elle a retrouvé l'énergie sur une plage d'Ostende. « Le ciel s’est levé et je me souviens avoir vu une dame âgée qui s’était mise en soutien-gorge. Tout à coup, cette femme qui ose se mettre à poil parce qu’elle a envie de prendre le soleil… » Force de vie, qui donne envie de repartir. Laurence affirme encore que si la nouvelle grille de France Inter ne rencontre pas ses auditeurs, elle finira sa vie comme psychanalyste. Amis auditeurs, épargnez-nous, cela !

A demain !

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