Il est courant d’entendre que vie réserve toujours des surprises. Vous êtes au fond du gouffre, déprime absolue, vous ne croyez plus en rien, rien de bien ne vous arrive.

Là, normalement, l’un de vos amis – si tant est, bien sûr, qu’il vous en reste encore – l’un de vos amis vous lancera, pour tenter de vous réconforter : « Tu sais, la vie réserve toujours des surprises » Eh bien, des surprises, les journaux nous en offrent également.

APL

Surprise, d’abord, à lecture de l’interview donnée au JOURNAL DU DIMANCHE par le secrétaire d’Etat chargé du logement. Julien Denormandie revient sur la polémique provoquée cet été par l’annonce de la baisse de 5 euros des APL. « Aucun allocataire ne perdra un euro », déclare-t-il à l’hebdomadaire.

Est-ce à dire que le gouvernement a décidé de faire marche arrière ? Eh bien non, pas du tout. "Nous allons mener une réforme juste et efficace", dit-il, précisant que le niveau de l’allocation sera désormais calculé sur le revenu de l’année en cours, et que « le prix des loyers diminuera en même temps » que le montant des aides au logement.

Soit, mais dès lors, comment faire baisser les loyers ? Réponse du secrétaire d’Etat : « En mettant plus de logements sur le marché, et en permettant de construire davantage dans ce qu’on appelle les zones tendues. » Pas sûr que cela suffise à faire taire les critiques. La baisse des APL est donc toujours d’actualité.

Carlat-Bruni

Surprise, ensuite, à la lecture de la page consacrée aux savoirs inutiles dans la revue NEON. Des savoirs inutiles, « donc totalement indispensables ». On l’on apprend que les animaux peuvent attraper des coups de soleil. Où l’on apprend qu’en 31 – 1931 – Pierre Laval a été désigné comme étant la personnalité de l’année par le magazine TIME. Où l’on apprend aussi que le village de Carlat, situé dans le Cantal, est jumelé avec le village italien de Bruni. Carlat-Bruni, c’est amusant.

Amusant, également, cette confidence du mari de Carla Bruni dans les colonnes du JDD. Après avoir été invité à dîner à l’Elysée au mois de juillet, Nicolas Sarkozy a lancé à ses proches, à propos de son second successeur : « Je le sens très seul. »

En revanche, il n’a pas tari d’éloges sur sa femme. « Brigitte est super. Elle m’a dit qu’elle avait voté pour moi toute sa vie ! » Toute sa vie, rien que ça. L’épouse du chef de l’Etat serait donc sarkozyste. Je vous le disais, les journaux réservent toujours des surprises.

Radars

Et puis, autre surprise dans LE PARISIEN DIMANCHE : de nouveaux radars vont être mis en place dans les virages. Auparavant, c’était techniquement impossible, on ne pouvait les installer que dans les lignes droites. Mais la technique a progressé, et les chiffres sont là : l’an dernier, 160 motards et 500 automobilistes ont perdu la vie dans un tournant. Cela représente près de 20% des tués sur les routes.

250 radars seront donc déployés dans les virages, et dès ce weekend, dans le Var, sur deux routes départementales. Et bientôt, pour surveiller plus encore les conducteurs, la police pourrait aussi s’équiper de drones. Le dispositif est actuellement testé en Gironde, et il devrait s’étendre à d’autres départements.

« Le Pen et ses électeurs. C’est le grand désamour. »

Cela dit, ce n’est pas ce sujet-là qui fait la Une du journal, laquelle est consacrée à une femme politique. Photo d’une affiche de campagne de la matrone du FN, et le titre suivant : « Le Pen et ses électeurs. C’est le grand désamour. »

Quatre mois après la présidentielle, le PARISIEN est allé enquêter dans la Somme et dans le Pas-de-Calais. Pour rencontrer, donc, des partisans du Front National, et ceux-ci portent un regard sévère sur leur candidate. Sévère, très sévère. « Certains sympathisants sont passés de l’adoration à la détestation », constate, sidéré, un cadre du parti.

Détestation parce que Marine Le Pen les a déçus, notamment lors de son débat de l’entre-deux tour de la présidentielle. « Ce soir-là, elle nous a fait les Guignols de l’Info », confie Ghislaine, rencontrée dans le bar de Condé-Folie. « Elle a été nulle, à mon avis, elle était saoule », renchérit Françoise, rencontrée à Calais. « Désormais, je sais qu’elle ne sera jamais élue », se désole pour sa part Michel, habitant Flixecourt.

« Mais il ne faut tout de même pas l’enterrer trop vite », tempère cependant un député frontiste, rappelant que ce qu’on dit aujourd’hui de Le Pen, c’est ce qu’on disait de Sarkozy en 1993. La preuve qu’en politique, on n’est jamais totalement mort. C’est même l’un des rares métiers où l’on peut même ressusciter.

« A la fin, c’est Merkel qui gagne »

D’ailleurs, c’est un peu ce qui s’est passé pour Angela Merkel. C’était lors des élections fédérales de 2009. Angela Merkel était alors candidate pour un deuxième mandat consécutif, et personne ne pensait qu’elle serait réélue. Et puis finalement si. Et la fois d’après de nouveau. C’est ce que nous rappelle le dernier numéro du quinzomadaire SOCIETY. « A la fin, c’est Merkel qui gagne ».

Passionnant portrait, d’une chancelière qui devrait être une nouvelle fois reconduite à l’issue de l’élection de dimanche prochain. Portrait d’une femme stratège, et même d’une tueuse politique, qui parvient toujours à saper l’énergie de ses adversaires, notamment en s’emparant de leurs thèmes de campagne, ce qui fait que certains l’accusent d’opportunisme.

D’après les experts, sa longévité serait précisément due à sa capacité à faire évoluer sa politique au gré des événements. Un journaliste allemand dans LE MONDE :

Pourquoi changer de chancelier, si le chancelier lui-même change de politique ?

LE MONDE qui, cela dit, met avant tout l’accent sur les « faiblesses du modèle allemand ». C’est le titre à la Une.

A travers l’exemple de l’industrie automobile, le quotidien raconte les failles du « made in Germany ». Et il revient sur la fameuse affaire du dieselgate, qui a fait voler en éclat le symbole national que représentait Volkswagen. D’ailleurs, l’historique slogan « Das Auto », slogan quelque peu arrogant, a désormais disparu. Peut-être, explique le quotidien, parce que « das Modell », le modèle allemand, commence lui aussi à être bien égratigné.

« Macron veut-il suivre le modèle allemand ? »

D’où, sans doute, cette quelque en Une du JOURNAL DU DIMANCHE. Grande photo des deux dirigeants tout sourire – Macron et Merkel, Manu et Angela. Droit, travail et impôt : l’hebdo liste les idées venues de Berlin qui pourraient séduire le chef de l’Etat français.

Mais là encore les failles ne sont pas ignorées. Un papier sur « la face cachée du miracle allemand ». Et cette face cachée, ce sont 7,7 millions de travailleurs précaires, dont une grande proportion de femmes, qui enchaînent les ‘minijobs’ pour des ‘mini-salaires’.

Sur le sujet, je vous conseille également l’excellent reportage d’Olivier Cyran dans LE MONDE DIPLOMATIQUE : « L’Enfer du miracle allemand ». Où l’on voit que les chômeurs sont parfois obligés d’accepter des métiers qui ne leur correspondent pas. Un graphiste obligé d’accepter un poste dans le bâtiment.

Couche connectée

Et puis, puisque j’en suis aux conseils, n’hésitez pas à aller jeter un coup d’œil sur le site LES JOURSaccès gratuit jusqu’à ce soir. Vous pourrez notamment y lire une enquête sur les enfants « connectés ».

Mais oui, les enfants sont de plus en plus « connectés ». Tout du mois, ils maîtrisent de plus en plus tôt les objets technologiques.

Je suis certain que vous connaissez des gosses de trois ans qui jouent sur le téléphone de leurs parents, voire des gosses de deux ans qui peuvent vous expliquer le fonctionnement d'une tablette. Pour autant, le marché de la puériculture high-tech est encore très peu développé : très peu d'innovations depuis l'invention du baby phone. C'est le sujet de l'enquête que signe Erwan Seznec.

Certes, écrit-il, il y eût, en 2013, l'annonce du lancement d'une couche connectée : une couche qui vous envoie un SMS quand elle est pleine. Mais elle n'a jamais été commercialisée. Et puis entre nous, un bon nez, ça peut suffire pour détecter quand une couche est pleine. Depuis quelques années, on annonce aussi l'arrivée d'une poussette électrique reliée à un smartphone et capable de rouler toute seule, mais elle en est encore au stade du prototype.

A dire vrai, le seul modèle électronique disponible, c'est un modèle avec moteur pesant 14 kilos et coûtant 1.200 euros. Un engin qui permet de recharger son portable et qui possède en prime un écran fabuleux : il vous dit par exemple s'il pleut, ou s'il y a un enfant installé dans votre poussette. Entre nous, de bons yeux, ça peut suffire pour détecter la présence d'un enfant.

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