Des familles Ouighours doivent héberger des cousins chinois, qui font la cuisine tout en espionnant leur intimité, le Monde. Angela Davis est l'héroïne du magazine Légende.. En 2003 Bettina Goislard, humanitaire française était tuée en Afghanistan. ses assassins talibans ont été libérés à la faveur de la paix, la Vie.

On parle de vaccin...

D'une course au vaccin contre la Covid 19 que Society raconte, qui mobilise des start-ups, des Etats, la fille de Vladimir Poutine, à qui l'on aurait injecté la tentative russe nommée spoutnik que l'Inde va racheter -ça le je l'ai lu dans Courrier international... Mais elle mobilise aussi des anonymes des rêveurs ou des aventuriers...

Voici donc dans society le biologiste Preston Estep de Boston qui un jour de mars a dit à sa femme, ils étaient au lit, elle est biologiste, "pourquoi je n'essaierais pas , je pense que ce serait très facile de faire un vaccin contre le covid 19", et Preston a inventé un vaccin citoyen, accessible à tous, la recette sera en libre accès sur le net et que chacun pourra fabriquer et s'administrer dans sa cuisine, un vaccin do it yourself que Preston s'est injecté sous forme de spray nasal, c'est plus rassurant que la piqure, mais a  aussi injecté à son fils et à d'autres scientifiques, qui en inhalant ces d'acides aminés semblables à de l'eau salée, ont eu le sentiment de faire avancer l'humanité... 

Voici, Ian Haydon  de Seattle, qui pour 1100 dollars a essayé  la dose élevée du vaccin de la start-up, et quand une infirmière la larme à l'oeil lui a injecté le liquide bleu translucide, Ian a eu le sentiment que peut-être, "ca allait nous sauver", mais après une deuxième injection il a été pris de nausée et 39.5 de fièvre, et la dose qu'il avait subie a été écartée du protocole de recherche. 

Voici Dawson Gooch de Johannesburg, qui a découvert sur twitter qu'on cherchait des volontaires pour se faire injecter non seulement le projet de vaccin britannique d'Oxford, mais aussi le virus lui-même, pour vérifier: les autorités sanitaires n'ont pas autorisé cette contamination volontaire, alors Dawson a espéré être touché naturellement par la maladie -et puis sa semaine dernière il a appris qu'Oxford suspendait les essais cliniques sur son vaccin, ayant découvert un risque neurologique : "En signant je savais que quelque chose d'inattendu pouvait se passer"...

Et ayant regardé tendrement les rêveurs les têtes brulées, nous réalisons les dangers de cette course au vaccin qui fait fi des précautions usuelles, mais chacun a ses raisons, Donald Trump promet un vaccin avant l'élection présidentielle (vous lisez cela sur les sites de Ouest-France, de 20 minutes)...

Pendant ce temps, le fondateur de Microsoft, Bill Gates, en dépit de son deuil, son père est mort lundi, lit-on sur le site Pure People, Bill Gates donc vient nous appelle à l'espérance de la raison. Dans l'Express, Gates affirme qu'il suffira de 40 milliards de dollars pour vacciner la planète entière et retrouver nos vies quand les formules seront certifiées, il pense au premier trimestre 2021, il voudrait que l'Amérique offre au monde un éventuel vaccin américain. 

Gates a du mérite. Le Monde nous raconte comment dans son pays, il est victime d'une nouvelle campagne de haine sur les réseaux sociaux, venant des opposants aux vaccins... La raison: de nouveaux cas de polios sont apparus en Afrique, au Soudan, provoqués par le vaccin que sa fondation promeut... Mais ce vaccin a d'abord sauvé 5 millions d'enfants de la paralysie. 

On parle aussi d'espionnage...

Et du viol de l'intimité des familles Ouighours en Chine, qui doivent accueillir dans leurs foyers, une semaine par mois, des cousins que l'Etat et le Parti leur imposent, des chinois de souche Han, qui s'installent souriants, cuisinent, mais aussi fouillent la maison pour trouver un Coran, ou interrogent les enfants, tes parents te parlent-ils de Dieu, vont-ils à la mosquée? Les cousins participent à un programme officiel de fraternité ethnique, qui  achève un asservissement. 

Que valent en comparaison nos déchirures. L'Obs et le Point renouvellent l'inquiétude qu'inspire Donald Tromp, mais je me retiens de sourire quand le Point raconte les disputes des vieillards trumpistes et des  vétérans bideniens dans la Floride où les retraités se reposent, autrefois sans parler politique. La violence est là mais il y eut pire.. 

Un journal rare, grand, superbe esthétiquement, ranime les flambées raciales d'il y a un demi-siècle, quand une femme noire aux cheveux afro, venue  Birmingham, Alabama, au fin fond de la ségrégation, devenue marxiste universitaire et révolutionnaire, était jetée en prison et la planète manifestait pour elle, Angela Davis est l'héroine du journal Légende, elle nous captive encore, rien n'est accompli.

En France, on nous parle de la cruauté faite aux salariés de Bridgestone, elle est inédite dans cette région pourtant souvent frappée, affirme la Voix du Nord. On nous parle aussi  d'un village nommé Gigouzac, 270 habitants dans le Lot, d'où vient Marie Tanguy, une trentenaire qu'on lit  dans Vice, dans le Point, la Dépêche et l'Obs, pour un livre triste  nommé « Confusions ». Elle avait quitté la CFDT en dépit de avertissements de Laurent Berger, pour rejoindre la candidature présidentielle d’Emmanuel Macron, elle rédigeait des textes dans une pièce de 11mètres carrés qui sentait le fauve à la fin de la journée, elle admirait détestait à la fois des jeunes gens rapides qui préparaient les réformes qui changeraient le pays, et se moquaient des classes moyennes, elle avait honte, elle pensait à maman restée à Gigouzac. 

Dans la Vie, on me parle d'une autre jeune femme pleine d'espérance, elle s'appelait Bettina Goislard, elle travaillait pour le haut-commissariat aux réfugiés des Nations-unies, et fut tuée par des talibans le 16 novembre 2003 au sud de Kaboul. Ses assassins viennent d'être libérés dans le cadre de la réconciliation organisée par l'Amérique et la famille de Bettina se sent trahie... Par fidélité à Bettina qui était contre la peine de mort, ses proches avaient empêché que ses tueurs soient exécutés.

Et on parle enfin d'écrivains...

Et d'acteurs, de romanciers, de poètes emmenés par Denis Podalydes qui avait si bien lu Rimbaud, ils signent dans le monde un texte brûlant contre le projet de panthéoniser Rimbaud et Verlaine, ils dénoncent "l'idéologie bien-pensante et communautariste" qui consisterait à honorer ensemble les deux hommes pour leur amour qui ne fut qu'un moment de leur vie, et ils dénoncent le contresens de faire venir au Panthéon, près de Jean Moulin, Rimbaud qui aimait si peu la patrie au point de se réjouir quand la Prusse nous humiliait « Je souhaite fort que l’Ardenne soit occupée et pressurée de plus en plus immodérément »-il... Ni Péguy ni Manouchian ni Apollinaire,  morts pour avoir combattu, ne sont au Panthéon... « Comment expliquerez-vous que Rimbaud, à son corps ou à ses cendres défendant, soit admis à cet honneur qu’il aurait détesté ? »

La phrase est belle et tellement française. Je la garderai ce jour. 

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