C'est une pub, en dernière page de L'Humanité, ce matin... Une pub, c'est peut-être pas le bon mot... C'est le département du Val-de-Marne qui s'affiche... Et pour dire quoi ?... Tout simplement que l'Etat lui doit 30 millions d'euros... Sur cette page, un papillon à découper, à remplir, signer et renvoyer au Conseil général, pour demander le remboursement de ces 30 millions d'euros, en respect de son engagement à compenser, à l'euro près, les transferts de compétences aux collectivités locales... Une pétition qui sera envoyée au Premier ministre, indique cette page de pub... En même temps, pour le gouvernement... les comptes, c'est pas la joie... En Une des Echos : "Nouveau piège pour Matignon : le coût croissant de la dette"... "Aide aux restaurateurs, mesure de remplacement du CPE... Le gouvernement multiplie les dépenses non financées, alors même que la remontée des taux d'intérêt renchérit le coût de la dette... un surcoût qui s'élève déjà à 450 millions d'euros", constate le quotidien de l'économie... Dans son éditorial, Françoise Fressoz analyse que même si, "à droite comme à gauche, il ne se trouve plus guère de responsables politiques pour trouver raisonnable que, sur chaque Français, pèse une charge de 17.000 euros, parce que l'Etat et les administrations publiques n'ont pas réussi à maîtriser la dépense... Mais les habitudes ont la vie dure, surtout en période pré-électorale"... Et pour ne rien arranger... le baril de pétrole atteint des sommets... "Nouveau record, à plus de 71 dollars", note Le Figaro... "Essence toujours plus chère"... C'est le cri d'alarme du Parisien-Aujourd'hui en France... "Les automobilistes, nombreux sur les routes lors du week-end de Pâques, ont constaté l'envolée du prix de l'essence à la pompe... Le litre de sans-plomb oscille entre 1 euro 30 et 1 euro 40 en moyenne"... Du coup, constate le quotidien, "les vacanciers préfèrent les hypermarchés aux autoroutes"... Et une patronne de station-service, sur l'A9, en témoigne : "Il n'y a plus que les étrangers pour faire le plein... Les Français, en général, n'en prennent que pour 25 ou 30 euros"... Et il n'y a pas que les automobilistes qui font grise mine... Toujours dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, Rodolphe Landais est allé à la rencontre des marins-pêcheurs de La Turballe, en Loire-Atlantique... Ils sont sombres... "Dans deux mois, le tiers des bateaux ne sortiront plus", disent-ils... Le mécanisme mis en place avec le gouvernement, l'an dernier, pour limiter l'incidence de la hausse du prix du gazole, prend fin... Alors "bientôt, sortir en mer reviendra plus cher que de rester à terre", soupire l'un d'eux... Et un matelot témoigne : "L'été dernier, quand ça chauffait sur les prix du pétrole, je suis passé de 1.400 à 1.100 euros de salaire... Et je n'ai toujours pas rattrapé la différence... A bord, les matelots se partagent ce qui reste, quand le patron a payé toutes ses charges... Et plus les charges sont chères, moins les salaires sont élevés"... Seule solution pour ces pêcheurs : augmenter le prix du poisson de 20 à 25%... Mais là, ils ont peur que les consommateurs ne suivent plus... Et pour l'instant, semblent dire les spécialistes... Le baril n'est QU'A 71 dollars... "En cas de crise, il pourrait atteindre 85 dollars", prédit un économiste dans Libération... "Parce que, bien sûr, l'augmentation du coût de l'or noir, c'est le prix à payer pour l'escalade verbale entre l'Iran et les Etats-Unis", analyse Dominique Valès, dans La Montagne... Une escalade verbale dans laquelle Washington n'exclut pas l'option militaire, note Libération... Même si, pour son éditorialiste Pierre Haski, "l'Iran jouit d'un évident sentiment d'impunité... L'Iran ne croit pas à la menace militaire provenant d'une Amérique engluée dans le conflit irakien... Le pays n'a pas grand'chose à redouter non plus de sanctions internationales, en raison de la bienveillance chinoise, et dispose de colossaux moyens financiers grâce aux dividendes pétroliers, qui le rendent moins sensible aux pressions"... Alors, pour ce qui est de la Chine... "Explications au sommet, entre la Chine et les Etats-Unis", titre Le Monde... "Aujourd'hui, George Bush reçoit Hu Jintao, le Président chinois... Et il attend son appui sur le dossier du nucléaire iranien"... Il faut regarder les choses en face... Il y a peu de chances que d'ici au mois de juin, la diplomatie internationale ait fait rentrer l'Iran dans le rang... Du coup, "le Président iranien est un supporter bien encombrant pour le Mondial de football"... C'est en dernière page du Monde, qui explique : "Mahmoud Ahmadinejad passe pour être un fervent amateur de football, un sport extrêmement populaire dans son pays... Et il serait prêt à aller assister, le 11 juin, à la rencontre entre l'Iran et le Mexique... une rencontre qui (et le symbole n'arrange rien) se déroulera à Nuremberg... Et du coup, explique Le Monde, Berlin se retrouve face à un drôle de casse-tête diplomatique"... "Ils en appellent à l'Etat"... Les journalistes de France Soir... C'est Le Parisien qui rapporte que ces journalistes, qui protestent contre le plan de reprise du duo Brunois-Rey, ont rendez-vous cet après-midi au ministère de la Culture... Le quotidien n'est toujours pas dans les kiosques, et les salariés de France Soir voudraient bien que le ministère public fasse appel de la décision de cession... Cet appel étant suspensif, il permettrait de publier un journal jusqu'au prochain jugement, du moins si l'Etat verse une avance pour assurer les frais de fonctionnement... Et l'on reparle d'Arcadi Gaydamak, sous le coup d'un mandat d'arrêt international dans le cadre d'une affaire de trafic d'armes... C'est le plan de reprise de ce milliardaire russe qui avait l'assentiment des journalistes de France Soir... Et dans ce dossier, Bernard Tapie joue, si l'on en croit Le Parisien-Aujourd'hui en France, les intermédiaires... Bernard Tapie qui confie au journal qu'il a longuement parlé avec le fils de Gaydamak, et, dit-il, son père est prêt à s'expliquer devant la justice française pour lever tout obstacle à son plan de reprise... Mais il craint d'être placé en détention provisoire par le juge... "CNE : la machine à licencier"... C'est la Une de L'Humanité... Le quotidien a recueilli des témoignages... "Au premier arrêt-maladie, à la première revendication de paiement des heures supplémentaires, une seule réponse : la porte"... A Marseille, le journaliste de L'Huma a rencontré Marc, un jeune homme dont le "contrat nouvelle embauche" vient d'être rompu... Il travaillait depuis septembre dans une petite entreprise de serrurerie... Alors déjà, quand il a signé, le patron lui a dit que, pour ne pas payer trop de charges, il lui verserait le SMIC, et qu'il lui donnerait un complément non déclaré... "Evidemment, dit Marc, je ne l'ai jamais eu"... "Et puis, sur le contrat de travail, il est écrit, dit le jeune homme, que je dois travailler 35 heures... En fait, on travaille 37 heures 30, et les heures sup, elles ne m'ont jamais été payées"... Fin mars, Marc est malade... Le médecin l'arrête 8 jours... Et le 3 avril, quand il revient, son patron lui remet une lettre de licenciement, qu'il lui fait signer tout de suite, où il est écrit : "Nous avons pris la décision de mettre fin à votre 'contrat nouvelle embauche", sans explication... même quand Marc en a demandé... Des paroles de salariés en CNE, il y en a à lire également dans La Croix ou dans Le Figaro Entreprises... Catherine, 28 ans, a été engagée dans une entreprise de cosmétiques en CNE, après y avoir fait deux CDD... "Je suis contente, dit-elle, parce que j'ai obtenu un bon salaire, plus de responsabilités... Et du coup, ce sera plus difficile pour me remplacer... Mais c'est le décalage avec les autres qui ne me plaît pas : j'ai l'impression d'avoir un contrat de seconde classe... D'ailleurs, je ne dis pas à mes proches que je suis en CNE"... Romain a 27 ans... Diplômé d'une école d'ingénieurs, il a enchaîné les CDD avant de signer son CNE en octobre... Et Romain en est persuadé : "Si le CNE n'avait pas existé, j'aurais tout de même été embauché... Le CNE ne joue pas son rôle pour faire baisser le chômage"... Et Romain raconte que son patron ne veut pas que les entreprises clientes sachent qu'il est en CNE, parce que avoir un interlocuteur qui peut s'en aller du jour au lendemain, ça n'est pas bon pour la crédibilité... Un patron qui, comme d'autres dans ces témoignages, font de faux certificats pour les agences de location d'appartements... des certificats qui ne parlent que de CDI... Quand on n'est pas tous à la même enseigne... A lire dans La Croix : "Les distributeurs de billets restent une denrée rare en milieu rural"... Leur installation dépend de leur rentabilité et de conditions de sécurité drastiques... Du coup, ils font défaut dans la moitié des départements ruraux en France... Le reporter de La Croix est allé à Anglès-sur-Tarn, au pied de la Montagne Noire... Avec ses lacs et ses balades en forêt, le village accueille 3.000 résidents l'été, mais seulement 600 âmes l'hiver... Et ce que ne disent pas les dépliants touristiques, c'est qu'il est conseillé de garnir à l'avance son portefeuille car, à Anglès, il n'y a pas de distributeur automatique de billets... Un état de fait qui met en colère le maire de la commune car, dit-il, "puisque les gens vont à Castres pour retirer de l'argent, ils font aussi leurs achats là-bas, et c'est très pénalisant pour le village... Pour ce genre de service en milieu rural, nous sommes toujours la dernière roue du carrosse... On se bat pour ça, mais aussi pour la téléphonie mobile, pour l'Internet à haut débit... Et cette bagarre pour les équipements est usante"... Et encore, commente le journaliste de La Croix : Anglès est en zone touristique... Le problème devrait donc finir par se résoudre... Ailleurs, il n'est pas rare que les banques fassent des propositions de co-financement de l'appareil aux villages qui en désirent un... des propositions de co-financement la plupart du temps irréalistes, puisqu'elles demandent en moyenne un investissement de plus de 20.000 euros à des communes de 1.500 habitants... Et si l'on reparlait de service public et de démocratie ?... Bonne journée !...

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