"Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche... et surtout mon corps, aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras, en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle"... Deux phrases de "Cahier d'un retour au pays natal" d'Aimé Césaire que vous lirez dans LA CROIX... mais bon nombre de vos journaux ce matin, reprennent des extraits de l'oeuvre du poète, mort hier à Fort de France... Alors bien sûr, l'hommage est unanime... "Aimé Césaire : le Nègre majuscule" pour LIBERATION... "Le poète des Antilles" pour AUJOURD'HUI EN FRANCE LE PARISIEN... "Le peuple noir a perdu son poète" titre OUEST FRANCE... Pour L'HUMANITE, Aimé Césaire, c'était "la révolution noir sur blanc"... Des titres donc, mais aussi beaucoup d'éditoriaux... dans LIBERATION, Didier Pourquery reprend le mot d'André Breton qui le decrivait comme "le prototype de la dignité"... L'éditorialiste estime que "la grandeur de Césaire fut de prendre à bras le corps, les problèmes issus du colonialisme, et de les régler au jour le jour, sans relâche... Poète et député, maire et visionnaire, Aimé Césaire fut l'homme de la culture en action"... Oui, il ne faut oublier aucun de ses visages... écrit Dominique Quinio dans LA CROIX... "Aimé Césaire, l'engagé, le rêveur, le magicien du verbe et le laboureur d'idées, homme de mots et homme d'action"... Il faut "apprendre de Césaire" conseille Jean-Paul Piérot dans L'HUMANITE... "apprendre de celui qui n'a cessé de penser en révolution, de pousser les contradictions, c'est une arme pour la dignité"... Et Hervé Chabaud se réjouit dans L'UNION... "Il n'aura pas eu, selon la formule de Léopold Sedar Senghor, l'angoisse du départ sans main chaude dans la main... jusqu'à son dernier souffle, il a été accompagné par cette foule qui, de la Martinique à l'Afrique, et jusqu'en métropole, avait compris qu'il appartenait déjà à l'Histoire"... Hommage unanime... approbation unanime également pour les obsèques nationales qui auront lieu dimanche... "C'est justice que le poète vénéré de tous y ait droit"... approuve Jules Clauwaert dans NORD ECLAIR... "La France s'y retrouvera, métissée comme elle l'est dans les stades"... Oui, il mérite cette reconnaissance de la nation... selon Xavier Panon dans LA MONTAGNE, il la mérite "pour son apport exceptionnel dans la littérature et dans la conscience nationale"... "Entre ici, Aimé Césaire"... C'est Didier Pobel, dans le DAUPHINE LIBERE, qui reprend la fameuse exclamation d'André Malraux, accueillant au Panthéon, les cendres de Jean Moulin... parce que c'est évident pour l'éditorialiste, il doit reposer là, celui qui fut une conscience et qui est devenu une légende. Alors en même temps, n'y a-t-il pas un peu d'hypocrisie dans tout ça ? C'est en résumé, l'interrogation de Jean-Claude Souléry dans LA DEPECHE DU MIDI... "La République honore un de ses vrais poètes... un de ses citoyens noirs... mais comme pour se rattraper de n'avoir écouté qu'à mi-mots son universel message... on dira aujourd'hui qu'il fut d'abord un sage, même si on ne l'a pas toujours dit"... et l'éditorialiste invite à méditer au moins un instant sur ces lumières intransigeantes et tolérantes qui se nomment Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire, Martin Luther King ou Nelson Mandela... Des lumières aujourd'hui si rares"... "La vie n'est pas un spectacle"... disait le poète... Non, c'est un combat... pour preuve, cette recette de cuisine qui ressemble à de la patouille pour une dinette dans un jardin... un gâteau de boue, fait de terre, d'herbe, de sel et d'un peu de beurre... Un gâteau qui laisse la langue marron... parce que non, ce n'est pas une patouille pour les poupées... c'est le repas d'un enfant... Cet enfant haïtien, il tire la langue en couverture de HD... L'HUMANITE DIMANCHE... L'illustration d'un dossier sur les émeutes de la faim, puisqu'en Haïti, la fabrication de ces galettes de boue est devenue une industrie... Ce sont les femmes qui le confectionnent... elles sont ensuites revendues dans les bidonvilles... Sur ce thème, dans L'EXPRESS, vous lirez l'interview de Jean Ziegler... L'économiste rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation explique "redouter une colère populaire... une colère qui rappellerait la prise des Tuileries pendant la Révolution française... aujourd'hui, dit-il, tout peut arriver"... "La vie n'est pas un spectacle"... disait le poète... Non, c'est un combat... Celui des salariés sans papiers intéresse vos journaux ce matin... "Patrons et sans-papiers : même combat" titre LIBERATION... qui explique que suite au mouvement de grève de leurs salariés, les patrons de la restauration réclament leur régularisation... Bien sûr, ils le font "par humanité" écrit Laurent Joffrin... "Ils le font aussi sous la pression syndicale, et en vertu d'un intérêt bien compris... Une partie des chefs d'entreprise fait pression pour la régularisation de travailleurs qui leur donnent satisfaction, et dont ils ont besoin"... "Ne pas régulariser les salariés sans papiers serait néfaste pour l'économie"... c'est le président du Syndicat national des hôtelliers restaurateurs, cafetiers et traiteurs, qui le dit dans LE PARISIEN AUJOURD'HUI EN FRANCE... Et il explique que les salariés concernés sont souvent qualifiés parce qu'ils affichent plusieurs années d'ancienneté... or justement, dans les métiers de la restauration, il y a une forte tension du marché de l'emploi... Les patrons ont du mal à trouver du personnel qualifié... "Qu'on les régularise au plus vite, j'ai des chantiers à attaquer et d'autres à finir"... c'est le cri du coeur d'un gérant d'une société d'entretien dans LIBERATION... Dans le journal également, vous lirez le témoignage d'un restaurateur parisien... pour lui, il est hors de question de licencier 16 de ses employés, sous prétexte qu'ils sont sans papiers... surtout que depuis qu'ils ont installé leur QG de grève dans un de ses restaurants, il a entendu les histoires de ces hommes venus du Mali, de la Mauritanie, du Sénégal, de Côte d'Ivoire ou de Tunisie... Libé qui constate encore que sur ce dossier, "le Médef est entre deux chaises"... Alors c'est surtout la CGPME, défenseur des petites et moyennes entreprises, qui pose des questions... par exemple, celle-ci : comment un sans-papiers peut-il payer des impots sans que l'administration s'en émeuve ?"... Et sinon, dans la presse ce matin... Eh bien, en hommage au poète, quelques titres plus ou moins poétiques, plus ou moins surréalistes aussi... "Sarkozy est-il encore de droite ?"... L'interrogation est signée Ivan Rioufol dans LE FIGARO... Le commentateur dénonce les couacs gouvernementaux, les lois inutiles, (par exemple celle qui réprime l'incitation à l'anorexie... à quand l'incitation à la cholestérolémie)... Rioufol qui trouve que tout cela révèle un manque de réflexion... "Nicolas Sarkozy, perdu dans les détails, s'éloigne de ceux qui l'ont fait roi"... "Il est interdit d'interdire la réforme"... c'est en Une de FRANCE SOIR, un extrait d'une interview de Xavier Darcos... le ministre de l'Education ne veut pas entendre parler de remise en cause de sa réforme des lycées... De la poésie, avec un hommage à Pierre Desproges... 20 ans après sa mort, l'humoriste français souffle toujours son esprit... c'est LE PARISIEN AUJOURD'HUI EN FRANCE, qui est allé à la recherche de ses fils spirituel... Parmi eux, l'évadé Stéphane Guillon... Hommage à Pierre Desproges également en Belgique... Le journal LE SOIR décline ce matin tous ces thèmes... au gré des citations de Desproges... et ce qui frappe le plus, constate le quotidien, c'est que ses colères, vieilles d'il y a 20 ans, sont toujours d'actualité... comme cette phrase sur les "artistes engagés qui osent critiquer Pinochet, à 10.000 kms de Santiago"... comment ne pas y voir la Chine et Pékin... La vie n'est pas un spectacle, disait le poète...

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.