Patrick Cohen : Dans la presse ca matin, les routes bloquées de l'actualité... Bruno Duvic : Vintimille : porte d'entrée vers l'Italie ou la France pour les touristes des deux pays qui voyagent en train. Vintimille, ville symbole d'une Europe qui se crispe. Cent jours après le début de la révolution tunisienne, des centaines de Tunisiens attendent donc là, sur la Riviera italienne, dans l'espoir d'aller en France, en Belgique, ou plus au nord. L'Italie leur a donné un permis de séjour pour motif humanitaire. Mais la France refuse de les laisser passer. "Vintimille : concentré des enjeux migratoires européens", titre Mediapart. "Les migrants tunisiens dans l'impasse", ajoute Ouest-France. La voilà la première route bloquée, c'est celle de l'espace Schengen, espace de libre-circulation en Europe. Mais, dans un contexte de crise, par peur de l'afflux de réfugiés, "Schengen a du plomb dans l'aile", comme l'écrit Dominique Garreau dans La Charente-Libre. Conclusion sur ce point à Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace : "Une vraie politique d'immigration n'aura de sens que si elle est mise en place à l'échelle de l'Europe. Toute l'Union ne jure d'ailleurs que par cette évidence. Mais ces bien belles certitudes restent lettre-morte". Patrick Cohen : L'Europe se crispe sous l'effet de la crise... Bruno Duvic : Au moins, "20 minutes" s'en amuse ! "Les Portugais sont ensablés", écrit le journal. Les Portugais, mais aussi les Grecs, les Irlandais... "En Europe, la faillite d'un Etat n'est plus taboue" selon Les Echos. En France, les crispations, c'est autour du pouvoir d'achat. Interview du sociologue Jean Viard, sur le site "Rue89". Il décrit une France en situation quasi révolutionnaire sur ce sujet. "Le problème, dit-il, c'est que nos modes de consommation nous coûtent de plus en plus cher... Il y a 10-15 ans, on n'avait pas de téléphone portable, pas d'Internet, quasi pas d'abonnements à des bouquets de chaînes de télévision, L'évolution des modes de vie fait qu'on n'arrive moins bien à vivre au même standard. Au fond, ce qui compte dans la vie d'un homme, c'est de pouvoir franchir la marche suivante. Le type qui a 1.500€, il ne rêve pas de passer à 25.000. Il rêve de passer à 1.700... Pour lui, ce serait bien déjà... On a besoin que sa vie soit un récit qui avance". Routes bloquées... le pouvoir d'achat n'a progressé que d'un peu plus d’1% l'année dernière... Patrick Cohen : Routes bloquées, mais aussi routes ensablées... Bruno Duvic : Deux reportages pour dire l'enlisement de la guerre en Libye... Libération, Jean-Louis Le Touzet à Ajdabiya... Les forces loyales à Kadhafi ont pilonné la ville hier. Je vous lis les premières lignes de l'article de ce matin. Une voiture sous les bombes, conduite par un chauffeur qui s'en remet à Dieu... "A10h10, hier, une fois passé le portique métallique qui matérialise la sortie de la ville, un obus éclate dans le sable. Le chauffeur quitte la route d’un coup de volant, psalmodie quand le deuxième obus s’écrase à 70 mètres sur la gauche. Il recouvre de sable la bagnole. Le chauffeur fait hurler l’embrayage, percute un des trois chiens qui sortent soudain d’une guérite criblée d’impacts par des combats des semaines passées, et baisse la tête dans le volant, en intercession fervente auprès de Dieu - le tout à 120 à l’heure -, quand le bruit sourd du troisième obus vient éclater derrière. Il recouvrant totalement la lunette arrière de sable." Face aux troupes de Kadhafi, on a longtemps dit que les insurgés étaient dépourvus de moyens et d'expérience. Peu à peu, ils se blindent, mais cela reste très artisanal. Dans Le Figaro, Adrien Jaulmes raconte une autre bataille, celle de Misrata, elle aussi, cette ville, pilonnée par Kadhafi. "L'ingéniosité des insurgés, écrit le reporter, pallie leur défaillance. Ils ont développé des blindés artisanaux en fixant d'épaisse plaque d'acier sur des pick-up. Ces cuirassés roulants, suspensions écrasées sous le poids de la ferraille, foncent dans les rues de Misrata, faisant feu de leurs mitrailleuses lourdes, avant de s'abriter dans une venelle. Certains combattants se sont confectionnés des gilets pare-balles avec des plaques d'acier cousues dans de la toile de treillis épaisse et matelassée avec des morceaux de tapis. Ces armures improvisées pèsent le poids d'un âne mort". "Les citoyens combattants de Misrata rivalisent d'ingéniosité et de courage", c'est le titre du reportage. Parole à l'un d'eux, pour conclure : "Moi, dit-il, dans la vie, je suis parfumeur. Les seules armes que j'avais vues avant, c'était à la télévision". Patrick Cohen : Routes bloquées, routes ensablées... routes contaminées... Bruno Duvic : C'est la route 114... On la parcourt dosimètre en main. Elle mène à Fukishima. Christian Losson et Michel Temman l'ont parcourue pour Libération. Première étape : la ville de Kawamata, à 40 km de Fukushima. On y croise Makoto Sato, 84 ans. Non, il ne partira pas : "Je suis trop vieux, la mort ne me fait pas peur". Le dosimètre grimpe, Yamakiya, 35 km. Ici se dresse un bâtiment récent : toit vert amande, murs crème, c'est une école. 99 enfants et seulement deux absents. Mais il va falloir partir. Ici, on relève plus de 29 fois la dose admise pour la population civile. Les parents ne savent pas quoi faire. Aucun scientifique, aucun représentant de l'Etat ne les informe. C'est l'un des trois employés municipaux de la ville qui est allé à leur rencontre. Kilomètre 34, une usine de fabrication d'aimants... Le patron n'a reçu aucune visite d'officiels, rien... On roule encore... Katsurao... Il n'y a plus rien, si ce n'est des chiens errants et des feux orange qui clignotent. Le dosimètre s'affole et tombe en rade... demi-tour. Le retour à un taux de radioactivité normale prendra neuf mois viennent d'annoncer les autorités japonaises. Mais le démantèlement pur et simple de la centrale de Fukushima prendra au moins vingt ans... et encore, le site restera contaminé. Fukushima, pierre angulaire dans le débat sur le nucléaire... Les Echos nous apprennent qu'Angela Merkel veut aller vite pour sortir du nucléaire. Nouvelle politique énergétique début juin, adoption prévue mi-juin si l'opposition le veut bien. Il y a 25 ans : Tchernobyl... Le magazine Géo est retourné dans le périmètre autour de la centrale. Là aussi, c'est très poreux. Théoriquement, il est interdit mais des milliers de personnes... des très pauvres et des très riches... des trafiquants en tous genres vivent dans la zone, trafiquants de ferraille en particulier. Autour de Tchernobyl aujourd'hui, allez savoir pourquoi... mais l'immobilier n'est pas cher. Alors, en lisière de la zone contaminée, une poignée de businessmen se sont construit une Riviera. Photos hallucinantes d'une jeune femme en lunettes de soleil, chapeau de paille et robe à fleurs, à 200m de la zone contaminée. Les pages d'avant dans ce reportage photos montrent des images de fin du monde. "Ici, tout est figé, écrit Géo. La végétation a envahi les ruines et les routes. Les villages abandonnés ne sont plus que des amas de briques emprisonnés par les ronces. Les animaux ont proliféré : sangliers, biches, lynx et loups". Allez, pour terminer sur une image plus souriante... sachez que Paris-Match a ouvert un blog consacré au mariage de Kate et Will... 14 millions de Français regarderont la cérémonie croit savoir "Télé 7 jours". Et sur le blog de Paris-Match, eh bien on apprend que Kate a déjà dit "Oui"... et qu'elle a dit "Oui" au frère de son fiancé, Harry. Alors, encore un scandale à la cour d'Angleterre ? Non, il s'agissait des répétitions. Et c'est le frangin qui a fait office de marié. Il reste à Kate Middleton, onze jours pour retrouver la bonne personne. La route n'est plus très longue ! A demain !

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