Des Syriens réclament justice contre Assad devant nos tribunaux, tandi s qu'un vétéran du journalisme britannique se fait l'avocat subtil et ironique du régime... Un vieux Monsieur est mort d'avoir été traité de "faux résistant"...

Le peuple syrien est à la Une de la Croix

Un peuple qui réclame la justice... et la Croix publie un dossier indispensable et digne, il est presque doux dans sa narration de choses horribles, mais inflexible à la fois comme cet homme Shappai Ibrahim dont les bourreaux avaient fouetté les mains jusqu'à les transformer en des boules de sang trop grosses pour passer entre les barreaux de sa cellule... 

Shappai Ibrahim vit désormais à Dortmund en Allemagne où il a porté plainte devant la justice allemande. Et ils sont quelques dizaines de survivants ou de proches de victimes syriennes qui se tournent vers les tribunaux européens, en France aussi, parce que nos justices nationales peuvent agir, par un principe appelé Compétence universelle...  

Et la croix nous guide dans les méandres salutaires du droit et de la preuve, ils sont, la justice est l'essence des démocraties... 

Ce que nous sommes et que n'est pas l'Irak, où, hier, c'est dans le parisien, une française de Daesh, Djamila Boutoutaou, a été condamnée à 20 ans de prison en 25 minutes d'une séquence drolatique, on voit cette petite femme de rose vêtue dans une cage de bois, est-ce cela, que nous voulons pour exorciser la peur?  

La justice exige le temps et les précautions... La Croix nous raconte ces enquêteurs qui  établissent le lien juridique entre les atrocités et Assad et ses dignitaires, un ancien photographe de la de la police militaire syrienne a exfiltrés des milliers de photos de corps suppliciés et torturés, jamais nous dit la Croix une guerre, elle a 8 ans, n'a été autant documentée... 

Et pourtant, des organes de presse organisent le doute sur la Syrie...

Et ils en font un sacerdoce ironique. Ainsi, un GRAND JOURNALISTE britannique, il s'appelle Robert Fisk, vétéran du Proche Orient où il est le correspondant du GRAND JOURNAL The Independant, joue depuis des années l’avocat subtil du régime syrien. Son article publié hier est un cas d'école. Fisk est allé à Douma; dans une visite organisée par le pouvoir syrien, avec écrit-il des "journalistes russes en treillis", et là-bas, personne ne lui a parlé d'attaques chimiques, non, "on lui a dit"  "au milieu des ruines"  que "ces histoires de gaz ont été fabriquées par les groupes islamistes". Et Fisk raconte aussi une clinique filmée la nuit du 7 avril, où des gens étouffaient mais Fisk explique que c'était par manque d'oxygène dans cette pièce en sous-sol, ce n'était pas du gaz...

Et cet article suit un procédé classique. Vous contestez une partie d'une vérité - la vidéo de la clinique- pour mettre en doute TOUTE  la vérité et vous concluez, Douma n'est pas une histoire de gaz"... 

Pourtant, lisez dans le Monde une enquête sur les "faisceaux de preuves" d'une attaque chimique, et oui, la télévision suédoise TV4, et la télévision américaine CBS, ont recueilli des témoignages d'attaques au gaz, et des « hélicoptères barils »  ont été observés au-dessus de Douma avant la frappe. Mais Robert Fisk l'ignore, et si je vous en parle ce matin, c'est parce que son article de The Independant est traduit et circule dans les milieux pro-russes, ou pro-Assad, ou dans des réseaux de la gauche radicale. L'économiste pro-russe et anti UE Jacques Sapir le relaie sur twitter, le site "les crises", très lus dans le public de la France insoumise, a mis Fisk à sa Une... Mais aussi RT, Russia today, et c'est ainsi que se réconforte une autre narration, qui innocente Assad et accuse l'occident.

Il ne s'agit pas de journalisme où le point de vue de l'adversaire est exposée, -très bon article dans le figaro sur les ressors historiques du nationalisme hongrois- mais d'un a priori idéologique... Ses admirateurs ne lisent pas Fisk pour s'informer mais pour confirmer ce qu'ils souhaitent. Et cela existe dans l'opinion, On voit dans l'humanité des photos d'eurodéputés de gauche qui brandissaient hier des panneaux "pas touche à la Syrie"... Le quotidien communiste « la Marseillaise » titre : "Ils ont bombardé sans preuve" et ironise sur le "devoir moral" évoqué hier par Emmanuel Macron.

Et en France pour finir, un autre doute a tué un vieil homme...

Qui s'appelait André Maron, 89 ans de Damazan dans le Lot et Garonne, il est mort le samedi 7 avril au matin d'un choc émotionnel qui avait littéralement déchiré son aorte après avoir lu un article en ligne du journal Sud-Ouest titré ainsi : "Le faux résistant avait tout inventé"...  Le faux résistant, c'était lui,  et l'ancien gendarme qui adolescent avait bien porté des messages aux maquisards ne l'avait pas supporté... et c'est l'express qui raconte cette histoire,  la descente aux enfers d'un homme dont on ne disait que du bien dans son village et aussi dans la presse locale. La vie  d'André Maron a basculé en décembre dernier, quand le même Sud-Ouest racontait une conférence du vieux monsieur devant des collégiens de Casteljaloux et faisait de Maron non seulement un résistant mais un ancien combattant et un ancien pilote de chasse en Algérie... Et cette exagération journalistique, ou les vantardises d'un vieux monsieur, provoquaient la colère des associations d'anciens combattants et le retournement du journal... Il en est mort, et s'il n'y avait pas cette fin atroce, le bel article de l'Express serait une fable sur les vérités et ce que nous en faisons, dans ce métier...

Sinon, dans Libération  un nutritionniste américain, Josh axe, nous conseille de ne plus nous laver ou beaucoup moins, les bactéries sont bonnes pour nous. On doute ?

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