Halte à la frénésie, à la surconsommation ! Vive le cabas recyclable ! Tu parles ! Discours pour la galerie... Galeries Lafayette, bien sûr... A l'heure du Sommet de Copenhague et de la crise, Le Monde Magazine, qui sortira cet après-midi et demain, plonge dans les entrailles du plus grand magasin du monde, le temple de la consommation : les Galeries Lafayette, boulevard Hausmann, à Paris. Alors bienvenue là où il se passe toujours quelque chose. 600 caissières, 26.000 gicleurs anti-incendie, 250000 clients attendus demain, dernier samedi avant Noël... La crise ? Quelle crise ? Cette année, les Galeries engrangeront un chiffre d'affaires de plus d'un milliard d'euros. C'est un record. Mais Stéphane Lauer relève un changement depuis trois ans : la clientèle étrangère est désormais majoritaire : 53% du business, et une partie grâce à de très grosses fortunes du monde entier. Monique Baudet, la dame chargée de la clientèle VIP, se souvient de ce 23 décembre où le fils d'un chef d'Etat d'un pays ensoleillé voulait organiser une fête de Noël pour les pauvres de sa ville : le volume des achats ne rentrait même pas dans son avion personnel. Il y a donc des riches au grand coeur. Les autres ont plutôt tendance à se cacher. Tous les vendredi, avec Le Figaro, paraît une sélection d'articles du New York Times. Depuis Manhattan, le quotidien a une vue imprenable sur les appartements les plus somptueux avec terrasse sur Central Park. Mais cette année, "les riches se font discrets". Eve Goldberg, propriétaire d'un négoce de diamants à Manhattan, raconte au New York Times... "Les clients me disent : 'Je veux me faire plaisir, mais je me sens un peu mal à l'aise'". Alors elle a ouvert un salon privé pour ses clients à la conscience tourmentée. C'est même un vrai phénomène, selon le journal. Beaucoup de ventes de luxe se font désormais dans des soirées privées : des suites d'hôtel et des appartements discrets, ou bien sur Internet. A l'abri du Web, on peut s'offrir une cuisine aménagée chère comme le PIB des îles Tuvalu, sans que personne ne vous remarque. Les riches se cachent : ils ont raison. Voici la lettre envoyée au Père Noël par les salariés d'une grande firme de luxe, et que publie L'Humanité : - "Petit Papa Chanel, - quand on arrivera au siège, - avec des idées bien fixées, - n'oublie pas ce qu'on vient chercher"... Voilà le message laissé par 300 salariés de Chanel hier. Ils demandent une augmentation de salaire. Ils ne sont pas les seuls à en rêver. A part dans les grands magasins, on ne dépense pas beaucoup cette année pour Noël. Les commerçants interrogés par Les Echos ce matin font tous le même constat : le prix moyen des produits achetés est en baisse. Ils sont loin de l'euphorie des Galeries Lafayette, mais pas encore catastrophés. Analyse du patron d'une chaîne d'électronique et de produits ménagers : "On sent les Français raisonnables, mais ils ont aussi envie de penser à autre chose qu'à la crise". Qu'ils croisent les doigts : les jours à venir seront décisifs pour eux. (Nicolas Demorand : "Après celle des salariés de Chanel, une autre lettre au Père Noël")... "Cher Père Noël, je ne peux pas m'empêcher de soupirer en regardant ta photo. Nous t'admirons fringuant, avec ta grande barbe et ton bonnet rouge. Mais voilà : si les températures mondiales continuent d'augmenter, tu devras changer ton look. Tu te vois tout bronzé, en chemise hawaïenne, débarquant d'un radeau tiré par des dauphins pour cause d'élévation du niveau de la mer ? Que devrons-nous raconter à nos enfants et petits-enfants ? Franchement, Noël, tu ne va pas le faire en tongues". La lettre est signée Michèle Fitoussi, cette semaine, dans le magazine Elle... C'est sa façon à elle de parler de Copenhague. Tout le monde en parle ce matin, à commencer par vous, Nicolas. Je vais donc me contenter de quelques déclarations et quelques photos relevées dans la presse et qui décrivent le climat, à quelques heures de la fermeture de ce grand barnum. Si je faisais allusion aux îles Tuvalu tout à l'heure, c'est parce qu'elles font partie des stars de Copenhague... symbole de ces pays du Sud qui ont pris la parole. Politis raconte comment le représentant de cette poussière d'îlots a obtenu une suspension de la séance plénière, la semaine dernière, parce que le déroulé des négociations ne lui convenait pas. On comprend sa colère : Tuvalu est tout simplement menacée de disparition. Face au Premier ministre des Tuvalu aujourd'hui, à Copenhague, il y aura Barack Obama. Il détient une bonne partie des clés de ce Sommet. "Il a fait renaître le rêve d'une coopération internationale. Maintenant, il faut que ce bel idéal se traduise en actes", écrit Laurent Joffrin dans Libé. Pessimisme d'un diplomate français dans le même journal : "Le staff Obama est le même qu'il y a douze ans : tous des 'Clinton boys' qui n'ont pas compris la révolution Nord-Sud". Photo d'une immense réserve de bois, dans L'Humanité... "Et si l'Afrique était, non pas le problème, mais une solution ?". C'est le point de vue du député communiste André Chassaigne. "L'Afrique peut être un puits de carbone. Elle pourrait jouer un rôle dans la lutte contre la déforestation". En substance, "on ne touche pas aux forêts". L'Afrique aurait ainsi des quotas carbone qui pourraient lui servir de monnaie d'échange. Malgré les ratés de ce Sommet, on trouve une raison d'espérer dans le dernier numéro de Science & Vie Junior... "On peut sauver la Terre : on l'a déjà fait". Science & Vie rappelle le précédent Sommet de Montréal, en 1987 : on y avait signé un traité pour arrêter de percer la couche d'ozone. Depuis, il a été ratifié par presque toutes les nations. Un dernier mot... L'hebdomadaire La Vie a la bonne idée, cette semaine, de donner la parole à un anthropologue, qui met la notion de "fragilité" au centre de son regard sur l'homme. Il s'appelle Charles Gardou. Et il a notamment ces quelques mots : "Nous sommes faits de porcelaine. Un rien peut nous briser". (ND : "Pour ou contre le débat sur l'identité nationale ? Le débat sur le débat fait rage")... Contre : Médiapart.fr... Sa pétition en est à 40000 signataires. Et Fabrice Drouelle vous en parlait à 8 heures. Pour appuyer cette initiative, Médiapart publie un cahier spécial. Le Net trouve donc son prolongement en kiosque. Pour Médiapart, ce débat révèle une exacerbation du national comme pathologie de l'identité, comme fixité et fermeture plutôt que comme mouvement et ouverture. Pour le débat : 25 parlementaires UMP, qui signent une tribune dans Le Figaro ce matin... "L'identité nationale nous concerne tous, vivant en France, écrivent-ils, de quelque origine et de quelque sensibilité politique que l'on soit. Affirmer que ce débat est trop sensible pour qu'on l'ouvre au peuple serait se faire une bien piètre idée de la France". Dans la série "appel à signataires", on peut relever le trait d'humour de Marianne, ce matin... Vous savez que sur TF1, dimanche dernier, Carla Sarkozy avait déclaré que, en tant qu'épouse, un seul mandat de Président pour son mari lui suffirait. Eh bien Marianne lance une pétition de soutien à Carla Sarkozy. C'est intitulé : "Carla, sauve ton couple et la France !". (ND : "Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?") Le chirurgien de Johnny... Le Dr Delajoux s'exprime enfin, dans les colonnes du Parisien-Aujourd'hui. L'homme qui a opéré la star d'une hernie discale à Paris, fin novembre, répond à ses détracteurs... "Johnny Hallyday est sorti de ma clinique en parfaite santé. Ce qui s'est passé après, j'en ignore les détails. Il s'agit vraisemblablement d'une infection post-opératoire, dans laquelle ma responsabilité ne peut être mise en cause. Nous allons porter plainte en diffamation contre Jean-Claude Camus. Je m'associe pleinement à la demande d'expertise sur l'intervention. J'en attends très sereinement les résultats". Et puis, et puis un gamin de 75 ans va fêter Noël en pleine forme... Le Journal de Mickey publie son 3000ème numéro. Il est né en 1934. Depuis, dans ses colonnes, ont défilé Prince Vaillant, Zorro, Hägar Dünor, Pim Pam Poum... et puis bien sûr Riri, Fifi, Loulou, Donald, Picsou et tous les autres... Pour les enfants de 5 à 80 ans, c'est une petite Madeleine que l'on aurait fait cuire dans un moule à grandes oreilles. Parmi les héros de l'histoire du journal, il y a eu les Castors Juniors, ces scouts très écolos. A l'heure du Sommet de Copenhague, ils pourraient dire à tous les négociateurs de cette journée cruciale : "Messieurs, ne faites pas les Mickey"... Bon week-end...

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