Le point de départ pour aller à la centrale de Fukushima est à vingt kilomètres. On monte dans un bus, les sièges et le plancher sont bâchés de plastique. Quarante minutes de trajet le long de l'océan pacifique. Partout, les ravages du tsunami sont encore visibles. Villages fantomatiques, voitures au milieu des champs.

la nouvelle fuite à fukushima désormais considérée comme un incident grave
la nouvelle fuite à fukushima désormais considérée comme un incident grave © reuters

Au poste de contrôle, il faut s'équiper : dosimètre, surchaussures, gants, masques... Alors on peut entrer sur le site.

Pour Le Monde , Pierre le Hir fait partie des quelques reporters autorisés récemment à visiter Fukushima.

3.5 kilomètres carrés. Et partout, à perte de vue, des citernes. Il y en a plus de 800, de toutes tailles, verticales, horizontales, enterrées. 350.000 tonnes d'eau contaminées y sont stockées. Chaque jour, plusieurs centaines de tonnes sont injectées pour refroidir les réacteurs, puis l'eau ruisselle dans les sous-sols, les galeries et la nappe phréatique. Un puits sans fonds : plus on pompe pour refroidir le matériel, plus l'eau polluée s'accumule. Il y a des kilomètres de canalisation.

Le bus descend vers le front de mer, là où la vague géante avait tout submergé. Là où sont installés les quatre réacteurs. Le long des bâtiments, des turbines à la renverse, des camions rouillés, des squelettes de locaux techniques. Seule l'enceinte du réacteur 2 est à peu près indemne. Ici, écrit Pierre le Hir, « on réalise le travail surhumain accompli par les 30.000 liquidateurs qui depuis près de 3 ans se sont relayés jour et nuit pour sécuriser le site. »

Si l'opérateur Tepco autorise des journalistes à entrer, c'est qu'il maitrise un peu mieux la situation que ces derniers mois. Le démantèlement de la centrale prendra au moins 40 ans.

Retour au point mort... A la Une de l'International New Tork Times , photo grise teintée d'orange. Deux hommes recouverts de poussière après un bombardement à Alep en Syrie.

Ce sont des barils en métal tapissés d'une couche de béton et remplis de TNT que les hélicoptères de l'armée de Bachar el Assad ont largué hier sur la ville. On vise les quartiers rebelles. Pas de système de guidage, raconte Georges Malbrunot dans Le Figaro . Au moins cent personnes ont péri depuis dimanche. Les Syriens traversent leur troisième hiver dans la neige. Dans La Croix , image de tentes sous la neige dans les camps de réfugiés du Liban. Une question cruciale, l'approvisionnement en mazout, pour le seul mode de chauffage disponible : des poêles au fioul.

Retour au point mort, aussi, en politique

Dans Charlie Hebdo , Riss dessine un Nicolas Sarkozy bonnet et manteau rouges devant une cheminée : « Merde ! Le père Noël est de retour »

Une Libération
Une Libération © Radio France

De retour dans la presse. Des tartines ces dernières semaines dans les hebdomadaires sur les coulisses de son retour comme au temps de la Sarkolatrie.

Les affaires à la Une ce matin, comme au temps de la Sarkophobie.

Claude Guéant et Michel Gaudin placés en garde à vue dans cette affaire d'argent liquide qui circulait au ministère de l'Intérieur... Est-ce un obstacle sur le chemin du retour de l'ancien président ?

Sans doute si l'on en croit le traitement dans la presse : deux petites colonnes discrètes page du 10 dans Le Figaro mais la couverture de Libération.

Et un édito aux oignons, signé Eric Decouty.

Claude Guéant, Michel Gaudin, 3collaborateurs privilégiés, hommes de confiance de l'ex chef de l'Etat, ils ont, pendant plus de 10 ans, incarné une Sarkozie en quête de moralité avant d'en être les symboles de son dévoiement (…) Devant l'opinion, Nicolas Sarkozy ne pourra pas balayer d'un revers de main la litanie des soupçons qui pèsent sur ses proches. C'est une culture de l'impunité, une pratique du pouvoir qui est en cause. »

Retour au point mort. « Pourquoi la réforme fiscale n'aura pas lieu ». On en parle ici depuis le début de semaine, c'est ce matin la manchette du Figaro . Résumé sous la plume de Gaëtan de Capèle : « D'abord promise pour 2015, la voilà seulement envisagée pour la fin du quinquennat puis pour dans 10 ans. Autant dire à la Saint Glinglin. Quand à son hypothétique contenu, il se vide chaque jour un peu plus de sa substance. »

Il y a tout de même des trains qui avancent et même bien. On parle souvent des entreprises en difficulté. Dans Le Monde , une boite sauvée pour l'instant par un repreneur qui mise sur l'avenir. C'est la papèterie d'Alizay dans l'Eure. Repreneur thaïlandais, qui s'appelle double A. Mais il faudrait parler de ‘double M comme double miracle’’ écrit carrément Denis Cosnard. Le thaïlandais a relancé l'usine de papier pour photocopie en juin. Il a tenu les promesses prises au moment de la reprise : 150 embauches, 80% d'anciens employés, les machines redémarrent. Et il vient de signer un accord avec le département pour relancer une autre usine, celle de pâte à papier. Une petite centaine d'emplois à la clé et une centrale électrique pour valoriser les déchets, le bois non utilisé. Après tout cela, il reste un défi de taille à relever pour le repreneur : gagner de l'argent.

Et une partie d'échec pour terminer

C'est un morceau de bravoure. Le numéro de fin d'année de Télérama est consacré au jeu dans toutes ses dimensions. Et Nicolas Delesalle y raconte le dernier championnat du monde d'échec de manière particulièrement vive.

Ca se passe à l'hôtel Hyatt Regency de Chennai, en Inde. Face à face, dans l'auditorium de l'hôtel où sont rassemblée les spectateurs,

  • le challenger, Magnus Carlsen, 22 ans, norvégien, visage poupon contrarié par des cernes de vieil insomniaque. Toujours l'air de se relever des décombres fumantes d'une soirée étudiante, mais mémoire phénoménale. On le dit capable de reconnaitre en un coup d'œil n’importe quelle partie de l'histoire du jeu.

  • et le tenant du titre, Vishy Anand, 43 ans, indien, l'air d'un poisson triste au milieu de l'aquarium. Une star en Inde, mais rien d'une diva. En 1972, au milieu d'un match, Bobby Fisher avait exigé des cases plus grandes de cinq millimètres sur l'échiquier, une Mercedes neuve et l'usage exclusif de la piscine de l'hôtel. Anand, lui, demande juste une tasse de thé

Mais la partie commence. Et le champion attaque avec le pion du roi ! L'assistance applaudit à tout rompre. Ce n'est pas un but d'Ibrahimovic au Parc des princes, mais tout de même, ouvrir sur le roi, c'est chercher l'aventure tactique, et souvent les emmerdements. Il y aura du sang et des larmes.

La partie se poursuit, les noirs de Carlsen ont la paire de fous, sacré avantage. Mais qui domine vraiment ? Personne ne le sait. Toute l'assistance réfléchit avec les grands maitres dans une prière collective et mathématiques. On se met les doigts dans le nez.

Le temps s'étire comme un Carambar dans la poche d’un écolier. Cela fait plus de trois heures qu’on joue. Magnus tire une tronche de six pieds de long, signe chez lui qu’il a de bonnes chances de gagner. Anand est au bord du ravin...

La partie s’achèvera sur un nul. Retour au point mort.

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