Le Figaro raconte Jimmy Lai, petit mendiant chinois devenu patron de presse au paradis de Hong-Kong, désormais emprisonné. Un jeune homme violenté par des policier se répare dans l'amour du foobtall, l'Equipe. Marianne nous offre des uchronies et imagine notre pandémie sans internet...

On parle d'une maman...

Qui a 21 ans des yeux doux et cernés et de longs bras autour de son petit garçon dans l'hebdomadaire de la Croix, la Croix l'hebdo, dans une petite chambre d'hôtel d'une zone de commerciale de Vigneux sur Seine où ils sont hébergés, ils n'ont pas de foyer. 

L'enfant s'appelle Youssouph il a cinq mois elle s'appelle Bintou, qui est une déclinaison africaine de Bytia, la fille de pharaon et la maman adoptive du petit moïse sauvé des eaux. Quand elle ferme les yeux, Bintou se souvient d'un fleuve chez elle au Sénégal, elle murmure à Youssouph en langue Diakhanté, Ite Mou alla la deenaaano le ti, elle lui murmure qu'il est le fils de Dieu.

Youssouph est né d'un viol que Bintou a subi quand nouvelle migrante, elle dormait dans la rue

Mais Marie, Maryam pour l'islam, elle aussi enfanta d'un petit sans père, Bintou est voilée et prie avec ferveur.  Et son histoire est un conte de Noel sans la mièvrerie du genre, avec une netteté qui dit le meilleur du journalisme, notre consoeur Fanny Cheyrou, dans la Croix l'hebdo, témoigne de la vie. 

Bintou a traversé un premier mariage avec un homme trop vieux qu'elle a fuit, elle a traversé l'assassinat de son second mari, elle a défié ses assassins en allant en justice, et menacée a bouclé son sac et est partie chez nous... Et sur son parcours, elle a connu les prédateurs mais aussi des gardiens. 

Un marin pêcheur marseillais qui lui a fait traverser la Méditerranée, 

Un chauffeur de VTC nommé Kabay qui l'a recueillie devant la gare de Saint-Michel-sur Orge, juste après son viol, et qui l'a hébergée jusqu'à la naissance de son fils, il devait cela à la vie, il avait été réfugié lui-même y a vingt ans fuyant la guerre au Sierra Leone, on l'avait aidé...

Une sage femme enfin, Samra Seddik, qui accompagne les mamans seules au monde dans une association, "un petit bagage d'amour", elle fait livrer à Bintou du poulet à l'ivoirienne que parfois un autre affamé de l'hôtel social dérobe, j'en imagine le gout et je devine le courage de Bintou et la joie de Youssouph à l'orée de sa vie...

On parle d'autres courages dans la presse...

Et donc on parle de destins. Le Figaro raconte un petit garçon  qui mendiait pour survivre, à Canton en Chine dans les années cinquante, ses parents avaient été riches mais déchus par le communisme. Un jour le petit garçon fut traité avec décence par de beaux visiteurs qui venaient de Hong-Kong, et il se dit que là était le paradis, à douze ans il le rejoignait caché dans une jonque, toutes les migrations se ressemblent. Dans la liberté il est devenu puissant, un maitre des media... Mais Jimmy Lai, 73 ans, a été arrêté dans la grand répression que subissent les démocrates de la presqu'ile, un fauteur de trouble, non il n'a pas peur de l'empire chinois.

Notre confrère Stéphane Guy court un bien moindre danger mais enfin, cet homme dont de Gaulle est le Modèle et le football qu'il commente la passion risque d'être licencié de Canal plus dont il est une vedette, pour avoir défendu un chroniqueur lui-même viré après avoir parodié une émission de CNews, la chaine info du groupe canal, dont les dérapages s'accumulent; c'est dans l'Equipe, qui raconte aussi la belle survie de Théo Luhaka, célèbre pour avoir été violenté par des policiers avec une matraque, et qui parle ici du football qui l'aide à vivre; avant le drame, il espérait devenir professionnel, il allait essayer en Belgique, mais son corps s'est perdu. Théo dit que Franck Ribery, qui l'avait soutenu, lui a dit des choses fortes, et l'Equipe s'interroge sur l'engagement des footballeurs...

Le Monde interroge Riss qui n'en finit pas de survivre, après le procès des attentats de janvier 2015; il dit que plus jamais la vie ne sera normale à Charlie,, qu'il dirige Charlie qui n'est pas ajoute-t-il un objet sacré, mais les idées qu'il défend, elles, le sont.

Un autre journaliste Jean-Pierre Pernaut, présente aujourd'hui sur TF1 son dernier 13 heures, lui qui "comprit que la France était profonde" dit joliment le Figaro magazine, il se confie aux lecteurs du Parisien, et à Ouest France aussi et il se souvient que Michel Houellebecq, dans la carte et le territoire, avait dit de lui qu'il accomplissait "une tache messianique", "guidant le téléspectateur terrorisé et stressé vers les régions idylliques d'une campagne préservée"...

Il est bon d'avoir été nimbé du sourire de Houellebecq.

Et on parle enfin de vin...

Qui est parfois une résistance... Et je lis dans Regain, chouette journal de campagne, un reportage sur des raisins interdites, que des vignerons militants perpétuent du côté de l'Ardèche, des cépages nommés Clinton Othello ou Jacquez, dont le vin est interdit à la vente depuis 1934, ils rendraient fous, ingratitude. Ces plants viennent d'Amérique et furent importés au XIXe siècle, pour régénérer les vignes françaises ravagées par le philoxera, mais l'hybridation faite, la République bannit les plants américains, ils étaient solide pourtant et se passent encore des pesticides mais justement: le lobby des gros vignerons, qui n'avaient pas peur de la chimie avaient résolu une crise surproduction en faisant interdire les ceps immigrés... Dans l'Yonne républicaine, je lis que dans le Tonnerrois à Bernouil pousse une vigne rare, simplement française, qui sans hybridation a survécu au philoxera, de vrais racines de chardonnay depuis 1870 qui donnent une "cuvée de l'empereur".. 

Dans Charlie Hebdo qui n'est pas qu'un combat, l'écrivain Philippe Lançon dans sa chronique nous invite aux mémoires de casanova, qui une nuit londonienne obtint dans un carrosse les faveurs d'une femme qui lui offrit  "la plus douce complaisance" et "le rire de l'amour.".. Mais quelque temps plus tard, la rencontrant dans un salon, cette femme lui dit qu'elle ne le connaissait pas: "Je vous remets très bien mais ces folies ne forment pas un titre de connaissance".

Marianne, pour nous distraire d'un monde implacable invente des uchronies - ce qui n'ets pas arrivé. On y voit un emmanuel Macron qui n'aurait pas renoncé au théâtre et jouerait sur une petite scène à Amiens, dirigé par Brigitte qui repousserait ses assiduités. Mais le plus beau texte est celui de Vladimir de Gmeline, qui simplement imagine notre vie dans la pandémie, sans l'existence d'internet, dans un monde de lettres de cartes postales, et d'imaginations, quand on rentrait de voyage et qu'ouvrant la porte, on s'étonne que les enfants aient gardé le bronzage des vacances... Comment y retourner?

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