Bonjour... C'est un dessin de Luz, en dernière page de L'HUMANITE. Un homme, assis dans un fauteuil, zapette en main, fait face à son écran de télévision. L'air agacé, il dit : "Y a encore Sarkozy qui parle à la télé !!!"... Près de lui, debout, les mains sur les hanches, sa femme lui répond : "Fais quelque chose... Appelle un dépanneur !". Treize jours après son entretien multidiffusé avec cinq journalistes, le Président de la République s'invitera en effet une nouvelle fois, ce soir à 20 heures, sur nos écrans. Il sera seul devant les caméras. L'allocution sera solennelle. Pour Francis Lachat, dans LE COURRIER PICARD, ce rendez-vous télévisé donné aux Français lui permettra de "les prendre à témoin de ses propositions, et emporter leur adhésion à défaut d'obtenir celle des syndicats". Quelques heures plus tôt, cet après-midi, Nicolas Sarkozy aura reçu à l'Elysée les dirigeants des cinq grandes confédérations syndicales et de trois organisations patronales. C'est ce que tous vos journaux ont baptisé "le sommet social", à l'exception de LIBERATION qui préfère l'expression "table ronde". L'éditorialiste du COURRIER PICARD prévoit que la partie sera "rude". Il y voit "un genre de quitte ou double". LA NOUVELLE REPUBLIQUE titre en page Une : "Nicolas Sarkozy au pied du mur social". Question de Jean-Marcel Bouguereau, dans LA REPUBLIQUE DES PYRENEES : "Que va-t-il sortir de son chapeau ?"... Certainement pas un "lapin rose", lui répond Jean-Claude Kiefer dans LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE, pendant que Daniel Ruiz, dans LA MONTAGNE, assure qu'il n'y aura "pas de miracle". Plus concrètement, Jean-Louis Gombeaud dresse, pour NICE-MATIN, un constat que nul ne peut ignorer : "Il y a 86 milliards de déficit dans les tuyaux pour l'année qui vient"... 86 milliards "rien que pour l'Etat" ; s'y ajouteront une quinzaine de milliards pour la Sécurité Sociale. Gombeaud le dit : "La bête (le budget) n'en peut plus". Alors que les autorités européennes engagent contre la France, de Bruxelles, une procédure pour déficit excessif, il y en a au moins un qui instille dans vos journaux un soupçon d'optimisme : c'est le Premier président de la Cour des Comptes. Souriant, dans les pages saumon du FIGARO ECONOMIE, Philippe Séguin déclare que "la France n'est pas en situation de faillite". Il souhaite que les mesures prises et annoncées aujourd'hui à l'Elysée soient "provisoires" et qu'on reviendra "à la normale" une fois la crise passée. Il le reconnaît cependant : "En France, le provisoire a parfois tendance à durer". Toujours dans LE FIGARO ECO, vous lirez ce titre : "Sarkozy veut placer ses annonces sous le signe de la justice". Le mot semble être de mise, tant à la Présidence de la République qu'au gouvernement... Brice Hortefeux le prend à son compte dans l'entretien que publie LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE. Le ministre du Travail le certifie : "Notre seul objectif, c'est la justice". ..."Justice" : Dominique Quinio, dans LA CROIX, juge "grande" cette promesse de "justice"... "Il faut qu'elle soit tenue", écrit-elle... Il faut qu'elle soit tenue "de part et d'autre de la table des négociations". Cette table, Hervé Favre, de LA VOIX DU NORD, verrait bien le Président de la République y mettre aujourd'hui un paquet "plus léger" que le paquet fiscal "que la gauche lui reproche tant". Evoquant une éventuelle annonce destinée aux contribuables de la première tranche d'imposition, il ajoute, Hervé Favre : "Il faudra cependant d'autres mesures dans ce paquet social pour éloigner la perspective d'un nouveau 'jeudi noir de monde' le 19 mars". Tout est question de "dosage"... C'est ce que note, dans L'EST REPUBLICAIN, Rémi Godeau, pour qui "toute erreur d'appréciation peut mener au chaos". Le "chaos", dites-vous...Et si nous parlions de la Guadeloupe ? En Une du MONDE, le dessinateur Plantu établit -d'un trait- le lien entre le rendez-vous du jour à l'Elysée et les événements d'Outre-Mer. Il représente Bernard Thibault, Jean-Claude Mailly et François Chérèque... Ils se présentent à l'entrée du palais présidentiel sous une banderole rouge... On peut y lire ces mots : "Nous sommes tous Guadeloupéens !". Nicolas Sarkozy les voit arriver d'un air las. Il se tient dans l'entrebaillement d'une porte sur laquelle il est écrit : "Rencontres sociétales, 18 février" (ce mot "sociétales" semble agacer Plantu. Il faut reconnaître qu'il a beaucoup servi ces derniers temps dans les rangs du gouvernement à l'UMP. On le met à toutes les sauces. Il a récemment été employé par Yves Jégo, Michèle Alliot-Marie, Roselyne Bachelot, Xavier Bertrand). LIBERATION consacre sa première page et son gros dossier du jour à ceux qu'il appelle "les révoltés de la Guadeloupe". Aux yeux de Didier Pourquery, "il faut sans doute repenser complètement le mode de développement des Antilles, en leur donnant les moyens d'inventer leurs propres sources de richesses sans les calquer sur les recettes qui prévalent en métropole". ...Les statistiques publiées hier par l'institut officiel européen Eurostat pourraient donner raison à l'éditorialiste de LIBE. LE FIGARO ECONOMIE s'en fait l'écho sous ce titre : "L'Outre-Mer, championne européenne du chômage". Dans cet article signé Cécile Crouzel, on apprend que le taux de chômage des jeunes en Guadeloupe dépasse les 50%. Très loin, géographiquement, des Antilles, dans l'Océan Indien, l'île de la Réunion apparaît comme le département français le plus sinistré qui soit. Le taux des demandeurs d'emploi y atteint 25,2%. Relevée, dans FRANCE-SOIR, cette brève titrée : "Aubry grille la politesse à Sarkozy"... Vous recevrez aujourd'hui, Martine Aubry, les parlementaires et présidents de l'exécutif d'Outre-Mer ; vous le ferez AVANT le chef de l'Etat... Il les verra demain. LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE précise que ces élus (le président socialiste du Conseil régional de la Guadeloupe Victorin Lurel et le président Divers Gauche du Conseil général Jacques Gillot) sont "très contestés" chez eux, notamment par les représentants de la coordination LKP. On n'est pas surpris de découvrir en titre, dans le quotidien L'HUMANITE, que "le gouvernement a allumé la mèche"... Beaucoup plus surprenante, cette information que publie LE FIGARO, information selon laquelle la sénatrice UMP Lucette Michaux-Chevry propose aux élus ultra-marins de constituer "un front uni" face à Nicolas Sarkozy, qu'elle accuse de gérer l'Outre-Mer comme une "colonie". Le journal précise que la propre fille de Lucette Michaux-Chevry occupe la fonction de "conseillère chargée de l'Outre-Mer à l'Elysée". A présent, vous revenez, Alain, sur ce qui sert en quelque sorte de "combustible" à la crise sociale qui secoue la France tant en métropole qu'Outre-Mer... Le profit. Le "partage" du profit. Dans le quotidien économique LES ECHOS, vous apprendrez peut-être que 5,5% seulement des profits réalisés par les sociétés vont dans la poche des salariés. C'est ce que vient de calculer l'INSEE. On est loin, très loin, de la règle des trois tiers chère à Nicolas Sarkozy. La présidente du MEDEF Laurence Parisot n'est d'ailleurs pas d'accord avec le chef de l'Etat sur ce point... Dans LES ECHOS, toujours, elle déclare que "seuls les actionnaires peuvent décider du partage des profits. C'est le principe essentiel du droit à la propriété. Il n'est pas question d'en discuter". Dans le même journal (LES ECHOS), je vous invite à lire un article consacré à une entreprise française qui applique la règle des trois tiers depuis 75 ans. Elle s'appelle : "UTB", elle est spécialisée dans le bâtiment et les travaux publics. Elle possède une spécificité : c'est une SCOP, une société coopérative de salariés. Alors évidemment, c'est logique : qui dit "profits", dit "profiteurs". ...Dans LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE, vous relèverez cette "interpellation" du député PS des Landes Alain Vidalies en direction de la ministre de l'Economie. Cet élu landais signale à Christine Lagarde que d'ex-traders français de Londres, aujourd'hui sans emploi (sans doute à cause de la prime des subprimes), ont touché jusqu'à 6366 € mensuels d'indemnités-chômage "sans avoir cotisé aux ASSEDIC". Il leur aurait suffi, à leur retour en France, de justifier d'un contrat de travail d'une durée comprise entre 1 et 28 jours. Avant de finir, Alain, vous nous dites un mot des derniers soucis de Bernard Laporte ? J'ai lu ça, ce matin, dans L'EST REPUBLICAIN, sous la plume de Laïd Sammari, un confrère réputé pour être généralement bien informé de ce qui se passe dans les palais de justice. Laïd Sammari écrit que le secrétaire d'Etat aux Sports va sans doute devoir s'expliquer devant la justice en sa qualité d'ancien actionnaire d'une société immobilière qui n'aurait pas tenu ses engagements. Le Parquet de Clermont-Ferrand vient paraît-il d'ouvrir une enquête préliminaire pour "abus de confiance", après la plainte déposée par une soixantaine de propriétaires... Tous ces gens s'estimeraient "grugés" par la société "Génération LTB" dont l'ex-entraîneur du Quinze de France a été l'un des trois associés. Précision de l'avocat de Bernard Laporte qui dément toute implication de son client : le secrétaire d'Etat aux Sports n'était alors qu'un "associé dormant" (il faudra qu'on m'explique ce qu'est un "associé dormant"). Allez ! ...Je ne bouclerai pas cette revue de presse sans vous parler de cet article très élogieux que l'hebdomadaire TELERAMA consacre, en page Radio, à celui qu'il baptise "L'agaceur tranquille". Véronique Brocard écrit : "Cinq mois qu'il éditorialise sur France Inter, et que déjà la majorité et l'opposition grincent des dents, pestent et même téléphonent à Jean-Paul Cluzel pour se plaindre". Cet "agaceur tranquille", qui "déjoue les pièges du discours politique" (je cite TELERAMA), c'est Thomas Legrand, l'éditorialiste le plus écouté du matin, devant son concurrent de biiip... Alain Duhamel.

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