Il revient, comme un mammouth dans un magasin de porcelaine... Claude Allègre, l'ancien ministre de l'Education, publie un livre intitulé : "L'Imposture climatique". Ce sont des entretiens avec le journaliste Dominique de Montvallon. Les bonnes feuilles sont dans Le Point. Et le directeur de l'Institut de physique du globe n'y va pas par quatre chemins. "Oui, c'est une imposture de prétendre qu'on peut prévoir le climat du globe dans un siècle, et que cette augmentation serait apocalyptique pour le monde". "La deuxième imposture, c'est d'affirmer, au nom de la science, qu'il y aurait un lien dominant entre les dégagements de CO² liés à l'activité humaine et le climat. Tous les graphiques utilisés pour défendre cette idée se sont révélés faux et truqués. Il y a incontestablement un changement climatique. Ce que j'ignore, ce sont les causes de ce changement". Les propos de Claude Allègre vont-ils déclencher la polémique ou être balayés d'un revers de la main ? En tout cas, dans la presse en ce moment, ceux qu'on appelle les "climato-sceptiques" trouvent un certain écho. C'était la Une de Libération hier... C'est une page entière des Echos aujourd'hui, intitulée : "Ce que disent vraiment les climato-sceptiques"... Parole, par exemple, à John Christy, de l'université de l'Alabama... "Le climat est un système extrêmement complexe. Notre ignorance sur le sujet est abyssale, et les scientifiques doivent avoir l'humilité de le reconnaître". Au coeur du problème, selon Les Echos, il y aurait l'insuffisance de données. Les premières stations météo sont apparues au milieu du XIXème siècle, mais les données n'ont pas été recueillies et archivées avec toute la rigueur scientifique. Car la science du climat a vraiment émergé dans les années 1970. On a donc eu recours à des informations indirectes pour reconstruire l'historique du climat : analyse de cernes d'arbres, de forages ou de carottes glaciaires... reconstructions sujettes à controverses. "Changement de climat" : c'est le titre de l'édito de Daniel Fortin, dans Les Echos, qui relève que quelques erreurs factuelles et imprécisions dans le rapport du GIEC nourrissent la contre-offensive des sceptiques. "Les critiques qui s'élèvent ont le mérite d'être enfin entendues, écrit-il... Mais il ne faudrait pas qu'on passe d'un excès à l'autre. S'appuyer sur quelques erreurs du GIEC pour jeter l'opprobre sur l'ensemble de ses travaux serait contre-productif et inutilement réactionnaire. L'hypothèse d'une accélération sans précédent du réchauffement climatique fait toujours l'objet d'un large consensus auprès des experts les plus éminents". (Nicolas Demorand : "Bataille de chiffres et d'experts dans le domaine de la finance aussi")... "Nous sommes sur un bateau ivre", écrit Claude Imbert, dans Le Point... "L'homme de la rue n'entend pas grand-chose aux mécanismes qui gouvernent sa tranquillité ou sa ruine. Il perd confiance dans l'expertise des gens de finances et la capacité des politiques à éviter les tempêtes". Pour "l'homme de la rue", comme dit Imbert, une des questions-clé, c'est sans doute : "Les banquiers et financiers ont-ils changé de comportement depuis la crise ?" "Oui, répond Baudouin Prot, le patron de Paribas, dans Le Figaro Economie. Les bonus ? "Nous nous sommes placés au niveau le plus modéré de toutes les banques mondiales qui ont annoncé leurs politiques. Les opérateurs de marché de BNP-Paribas recevront cette année 500 millions d'euros : c'est 5,5% des revenus qu'ils ont générés, contre 17 dans l'ancien système". Confirmation dans Libération : l'état-major de la BNP se fait un devoir de respecter au pied de la lettre les recommandations du G20. Alors changement d'univers, vraiment ? François Vidal décrypte tout cela dans Les Echos... "Les appels à la moralisation de la finance ont été entendus : c'est sans doute vrai. Mais il faut dire aussi que les banques n'avaient sans doute pas d'autre choix, si elles voulaient se racheter une conduite. Et puis, si elles se sont converties aux mini-bonus, ce n'est pas seulement pour des raisons morales. C'est aussi parce qu'elles y sont contraintes : on leur impose d'augmenter leurs fonds propres, autrement dit les réserves à utiliser en cas de coup dur. Cela va sensiblement réduire la rentabilité des activités de marché". Bravo les banques ! L'Express n'est pas de cet avis. Pour l'hebdomadaire, ça continue comme avant, ou presque. A la City, le nouveau leitmotiv, c'est : "profil bas". Et un artisan-tailleur qui a beaucoup de traders parmi ses clients a dû renouveler sa garde-robe. Le costume sombre et rayé est en perte de vitesse : les salariés de la City ne veulent surtout plus ressembler à des banquiers. Mais, à Londres en tout cas, les primes sont bel et bien de retour. Et si ce ne sont pas les bonus, ce sont les salaires fixes qui augmentent. Autrement dit, on contourne la taxe sur les bonus. Un autre commerçant en témoigne : H.R. Owen, vendeur exclusif de voitures de prestige dans le quartier de South Kensington. Ses clients sont de retour. (ND : "Changement de décor, dans L'Humanité")... Nous sommes au 8 rue du Regard, dans le VIème arrondissement de Paris... Depuis plus de deux mois, 250 salariés sans papiers occupent les locaux. Ils sont sous la menace d'une expulsion, sur ordre du Tribunal de Paris. Mais pour l'instant, ils ne rendent pas les armes. Ils travaillent en France depuis des années, ils cotisent, ils paient des impôts, et pourtant ils n'ont pas de papiers. Un parcours parmi d'autre : celui de Mahamadou Doucansy... Il est en France depuis plus de huit ans. Il travaille dans le bâtiment : spécialiste en étanchéité. Depuis le début de la grève, son patron l'a appelé deux fois pour qu'il reprenne le travail. Mais il refuse. Pour Patrick Apel-Muller, dans l'édito de L'Huma, "ces salariés sont la face souterraine de l'horreur économique. Ils font la plonge dans les grands restaurants, ils ont rénové des bâtiments de l'Assemblée Nationale, ils nettoient les bureaux des PDG. Ils sont le continent oublié de l'exploitation". Ce matin, L'Humanité publie un texte de soutien signé par plus de 260 personnalités. Madame Lagarde, que fait-on de ces salariés qui, encore une fois, cotisent et paient des impôts, et occupent souvent des emplois dont personne ne veut ? (...) (ND : "Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?") Des radars plus nombreux et plus discrets sur les routes... C'est ce que devrait annoncer François Fillon ce matin, lors d'un comité interministériel à la Sécurité Routière. L'appareil ne serait plus signalé 400 mètres en amont, mais un à deux kilomètres. Objectif : contraindre l'automobiliste à ralentir sur la durée. C'est à lire dans Le Figaro. Le tableau de bord Paris-Match/IFOP des personnalités politiques... Nicolas Sarkozy réalise son plus mauvais score : 38% de bonnes opinions... -5points par rapport à janvier. IFOP et Paris-Match imaginent deux duels : Sarkozy/Villepin et Sarkozy/Strauss-Kahn. Question très large : quelle personnalité préférez-vous ? Les deux l'emportent face au Président : 57-38 pour Dominique de Villepin ; 61-36 pour DSK. Et puis, pour finir, l'histoire des manuscrits de Casanova, racontée par Le Figaro... La Bibliothèque nationale de France vient d'acquérir l'original de "L'Histoire de ma Vie", écrit par l'homme soi-disant aux 122 femmes (dont une religieuse). Ce manuscrit avait été vendu en 1821 à un éditeur allemand. Il était conservé à Leipzig, et a failli disparaître dans les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. On l'a retrouvé dans un sous-sol. Puis en 2007, l'ambassadeur d'Allemagne a proposé à la BNF de rencontrer un mystérieux émissaire. La rencontre a eu lieu dans la zone de fret de l'aéroport de Zurich. On se croirait dans un roman d'espionnage. Le texte était là, dans une dizaine de boîtes. L'éditeur proposait le manuscrit pour 7 millions et demi d'euros. Il faudra deux ans pour réunir l'argent. C'est une entreprise financière qui a joué les mécènes. Elle souhaite garder l'anonymat. Maintenant, on sait où passe l'argent qui n'est pas distribué en bonus... Bonne journée...

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